Cure de jouvence pour l'amphithéâtre Ernest-Cormier

  • Forum
  • Le 12 décembre 2011

  • Marie Lambert-Chan

Marie-Josée Thériault, gestionnaire du projet de restauration, est aujourd'hui emballée par le résultat des travaux effectués dans le célèbre amphithéâtre.Après quatre mois d'intenses travaux, l'amphithéâtre Ernest-Cormier a retrouvé son lustre d'antan. Les câbles qui pendouillent, les fils qui serpentent au sol, les fauteuils abimés et les infiltrations d'eau sont désormais chose du passé.

 

«L'auditorium a retrouvé sa dignité», résument Claudine Déom et Jacques Lachapelle, professeurs à l'École d'architecture, qui ont conseillé la Direction des immeubles de l'Université de Montréal afin que soit conservé le caractère patrimonial de cette salle familièrement appelée «K-500».

«L'amphithéâtre n'a fait l'objet d'aucune modernisation d'importance depuis son inauguration en 1943, signale la gestionnaire du projet, Marie-Josée Thériault. Tous les éléments esthétiques étaient à refaire, entre autres les fauteuils et le plancher. Comme la salle est restée figée dans le temps, nous devions mettre à jour les éclairages et améliorer la sonorisation.»

Tous les fauteuils du parterre ont été confiés à des experts externes qui ont remplacé les housses, refait les cuirettes, sablé et reverni les bois, et nettoyé les pattes de métal au jet de sable en plus de les recouvrir d'une peinture électrostatique de grande qualité. «Ils sont bons pour 70 ans!» dit en riant Mme Thériault.

L'auditorium a retrouvé sa dignité, résume Mme Déom, ici en compagnie de M. Lachapelle.Le plancher avait besoin de faire peau neuve. Le liège d'origine a été tant reverni qu'il avait pris l'aspect de la pierre. On l'a entièrement remplacé par un liège un peu moins épais pour faciliter la réinstallation des fauteuils.

Tous les câbles ont été camouflés. L'éclairage scénique et celui de la salle ont été revus pour faire place à des luminaires plus modernes et moins énergivores. On a actualisé le système sonore, ce qui a pour effet d'optimiser l'acoustique, au demeurant très bonne. Les régies permanente et temporaire ont été refaites en fonction des besoins de la Direction générale des technologies de l'information et de la communication.

Ces différentes modifications permettront au K-500 d'accueillir des spectacles – ce qui pouvait difficilement être fait auparavant – et de mieux répondre aux demandes de l'industrie du cinéma, qui aime bien y tourner des scènes.

Mais la plus belle transformation est celle des feux de la rampe, selon Mme Thériault. «On y a intégré des hautparleurs et des amplificateurs et recouvert le tout de la même pierre d'origine, mentionne-t-elle avec fierté. C'est du plus bel effet, surtout quand les feux sont décorés de fleurs et de fougères. J'ai pu le constater à une remise de diplômes.»

Les fauteuils ont été refaits et l'éclairage complètement revu.Des interventions respectueuses

Selon Jacques Lachapelle, l'amphithéâtre Ernest-Cormier est l'une des plus belles salles universitaires du Canada. «Elle est le symbole d'une époque, celle où l'architecture se modernisait, explique-t-il. Son architecte, Ernest Cormier, y déploie à la fois son académisme et un souci de modernisme lié au caractère scientifique de l'endroit. On y retrouve une monumentalité, une majesté, mais aussi un épurement qui est une référence explicite à l'abandon des ornements du passé.»

Claudine Déom et lui ont veillé à ce que les interventions prévues demeurent respectueuses de la vision du célèbre architecte et des aspects patrimoniaux de la salle. «Faire des gestes discrets permet à l'auditorium de poursuivre sa vie et d'évoluer au gré des besoins, croit Mme Déom. Ainsi, l'intérieur ne tombe pas en désuétude, ce qui ne serait pas souhaitable pour qu'un endroit reste vivant, c'est-à-dire qui est toujours utilisé.»

Les professeurs ont invité la Direction des immeubles et les professionnels engagés à travailler en fonction de certains principes. Par exemple, ils ont insisté sur l'importance de connaitre le lieu, de le documenter par d'anciennes photos, d'en cerner l'évolution, de comprendre sa capacité à subir des changements. «De façon générale, nous favorisions des interventions qui sont réversibles», mentionne M. Lachapelle.

«Ce fut une expérience très intéressante pour nous, remarque Mme Déom. C'était une occasion d'utiliser l'histoire de l'architecture et de l'Université pour agir concrètement sur le présent et l'avenir de cet auditorium.»

Le projet de modernisation du K-500 a été dirigé par la Direction des immeubles et supervisé par les architectes Corriveau Girard et Associés. Ces derniers ont accompli «un travail remarquable et attentif aux besoins de l'Université», estime Jacques Lachapelle.

Les architectes ont pu compter sur l'expertise de la firme Denis Larivière Experts-conseils et des entreprises Calculatec et Dessau.

Marie Lambert-Chan

 

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Le K-500 se refait une beauté
(Durée : 3 min 17 s)