L'entrée de ville de l'autoroute 20 revue par le WAT_UNESCO

  • Forum
  • Le 12 décembre 2011

  • Marie Lambert-Chan

Vue de la ville depuis le septième étage du palais des congrès de Montréal, où étaient réunis les étudiants.Nous sommes au septième étage du palais des congrès de Montréal. La vue sur la ville et sur le pont Jacques-Cartier est imprenable. Des dizaines d'étudiants sont plongés dans d'intenses discussions.

 

Des montagnes de croquis s'accumulent sur les tables et le plancher à côté de nombreux verres de café en carton, signe que les nuits sont courtes. Ici et là, des messages de motivation en anglais, en français, en japonais et en italien: «Le sommeil est pour les faibles!» «Simplifiez!» «Think big, design small!» Bienvenue à l'atelier de design urbain WAT_UNESCO!

Depuis 2003, ce «workshop_?atelier/terrain» a lieu tous les ans dans une ville différente à l'initiative de la Chaire UNESCO en paysage et environnement de l'Université de Montréal (CUPEUM). Cette année, la métropole accueillait 48 étudiants ainsi que 12 experts et 12 professeurs d'Amérique du Nord, d'Europe, du Maghreb, du Moyen-Orient et d'Asie. Pendant 10 jours, ils ont mélangé leurs cultures et leurs expertises pour produire 12 visions d'aménagement de l'entrée de ville de l'autoroute 20.

Au terme de cet exercice, quatre propositions ont été retenues par un jury international. Les résultats ont été annoncés le 2 décembre en présence de nombreux dignitaires de la Ville de Montréal, de l'UNESCO, d'ONU-Habitat, du gouvernement du Québec et des représentants des corps consulaires de chaque pays participant.

Le WAT_UNESCO s'est arrimé au concours international d'idées YUL-MTL: paysages en mouvement, qui vise à élaborer des projets d'aménagement pour le corridor de 17 km reliant l'aéroport Montréal-Trudeau au centre-ville.

«Les deux se complètent bien, croit Philippe Poullaouec-Gonidec, titulaire de la CUPEUM et organisateur de l'atelier. Les participants du YUL-MTL ont offert une approche macroterritoriale tandis que les étudiants se sont concentrés sur le même espace à une échelle micro.» Toutes ces idées nourriront la réflexion de la table de travail sur l'entrée de ville, qui regroupe plus de 15 organismes publics et privés.

Philippe Poullaouec-GonidecDifférentes cultures, ?mêmes enjeux

«Le WAT est un lieu unique d'éducation et d'enseignement qui génère des visions d'aménagement concrètes pour aider les villes dans lesquelles nous intervenons à mieux se développer», explique M. Poullaouec-Gonidec.

L'activité force les étudiants à instaurer un dialogue entre leurs cultures et leurs savoir-faire respectifs. «On forme des équipes de quatre étudiants qui ne se connaissent pas et qui doivent rapidement unir leurs forces pour livrer un projet au bout de 10 jours», souligne-t-il.

Une tâche difficile mais pas impossible, comme le remarque Audrey Lavallée, étudiante en architecture dont l'équipe a gagné le premier prix. «Notre relation avec le paysage et notre façon d'interpréter le territoire sont différentes. On ne se comprend pas toujours, mais en dessinant nos idées on finit par s'entendre», témoigne-t-elle.

«Peu importe notre origine, les enjeux d'aménagement demeurent les mêmes pour tous», constate Rêve Aoun, une étudiante libanaise en urbanisme qui fait partie de l'équipe ayant remporté le deuxième prix.

C'est d'ailleurs ce phénomène qui a poussé Philippe Poullaouec-Gonidec à créer le WAT_UNESCO. «À travers la mondialisation, les villes sont confrontées aux mêmes défis: l'étalement urbain, la densification, la structuration et la cohérence des entrées de ville...», observe-t-il.

Le professeur ajoute que le WAT est souvent «le début de grandes choses». «De très fortes amitiés naissent de cette activité qui, ne l'oublions pas, est un vecteur d'échanges internationaux par la suite.»

Le WAT s'inscrit dans la programmation des célébrations des cinq ans de la désignation de Montréal comme ville UNESCO de design. «Ce titre fait référence à la concentration de talents humains que recèle notre ville. Le WAT s'insère bien dans ce mouvement, puisque nous y favorisons l'émergence de la relève. Dans quelques mois, ces étudiants seront sur le marché du travail et le WAT constitue un formidable tremplin pour leur carrière», conclut M. Poullaouec-Gonidec.

Marie Lambert-Chan

 

Les gagnants du WAT_UNESCO – Montréal 2011-12-06

Audrey Lavallée1er prix

Seeds in Montreal (secteur Cabot / Côte-Saint-Paul)
Maha El Ayyoubi (Liban)
Domenico Fogaroli (Italie)
Audrey Lavallée (Canada)
Naoko Yumoto (Japon)

2e prix

Rêve Aoun (à l'avant-plan) avec ses coéquipiers Caroline Cagelais, Valérie Gravel et Kohei KobayashiGreen Sea (secteur Saint-Pierre)
Rêve Aoun (Liban)
Caroline Cagelais (Canada)
Valérie Gravel (Canada)
Kohei Kobayashi (Japon)

3e prix (ex æquo)

Interlace Valley (secteur de l'ancienne gare de triage Turcot)
Catherine Blain (Canada)
Taiki Fujimaki (Japon)
Valerie Poggiani (Italie)
Andrea Spector (Canada)

3e prix (ex æquo)

Mind the Gap (secteur du corridor d'accès au centre-ville)
Emidio Arcidiacono (Italie)
Mohamed S. Ayari (Tunisie)
Juan Lin (Chine)
Valéry Simard (Canada)

 

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12 visions d'aménagement pour Montréal
(Durée : 3 min 21 s)