Les morses obéissent au Dr Stéphane Lair

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  • Le 23 janvier 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

Âgé de trois ans à peine, Stéphane Lair a été renversé par une chèvre alors qu'il visitait le Village du Père-Noël, à Val-David. Le choc avec le monde des bêtes a laissé des traces.

 

«La médecine vétérinaire, c'est ce que j'ai toujours voulu faire depuis mon enfance, lance le professeur de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal. Durant mes études, j'ai choisi de m'orienter vers la médecine zoologique et les animaux sauvages.»

Aujourd'hui, ses patients sont des morses, des phoques, des perroquets, des ours polaires et des poissons. Le matin de notre rencontre à l'Aquarium du Québec, où il est vétérinaire attitré, il avait opéré un bar rayé et une raie. «Ça peut paraitre surprenant, mais oui nous faisons des interventions chirurgicales sur des poissons. On doit les anesthésier et ça se fait généralement sans problème.»

Le Dr Lair est l'un des quatre ou cinq spécialistes de la médecine zoologique au Québec et il lui est arrivé de pratiquer des opérations sur des éléphants et des lézards. Il a aussi beaucoup contribué à la santé des oiseaux de proie à Saint-Hyacinthe, où le clinicien spécialisé en médecine aviaire Guy Fitzgerald a fondé un centre de soins et de réhabilitation pour les rapaces. Depuis quelques mois, c'est lui qui s'occupe de l'examen post mortem des bélougas du Saint-Laurent échoués sur la côte; il succède ainsi à son collègue Daniel Martineau, pathologiste à la Faculté de médecine vétérinaire.

«J'ai développé un intérêt particulier pour les animaux aquatiques, ce qui inclut les mammifères marins, explique-t-il. Ici, nous avons la chance inouïe de pouvoir compter sur une des collections vivantes les plus riches et les plus variées du Canada à ce chapitre.»

La collaboration du personnel de l'Aquarium – biologistes et techniciens en gestion animalière – est précieuse pour mettre en place une procédure spectaculaire: l'entrainement en vue de la visite médicale. En une commande orale précise, la guide animalière demande à Boris, l'un des trois morses de l'Aquarium, de lever une nageoire ou d'ouvrir la gueule, le temps de laisser le vétérinaire procéder à l'examen. «Si l'on doit anesthésier l'animal ou le mettre sous contention, cela provoque un stress important; l'entrainement nous aide donc beaucoup dans notre travail.»

L'Aquarium du Québec offre aux étudiants de la Faculté de médecine vétérinaire un milieu de stage apprécié. Lors de notre passage, la résidente Ariane Santamaria-Bouvier était de garde et accompagnait le Dr Lair auprès de ses patients. «Nous n'avons pas beaucoup de possibilités d'approfondir la médecine zoologique au cours de notre programme d'études. C'est donc une formidable occasion que nous donne l'Aquarium», dit-elle.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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