Des chercheurs à l'IRCM alimentent un débat important dans le domaine de la biologie moléculaire

L'équipe du Dr François Robert, chercheur en biologie moléculaire au Département de médecine de l'Université de Montréal, confirme que la phosphorylation de l'ARN polymérase II, une enzyme clé dans le processus d'expression des gènes, est uniforme à travers les gènes. Cette découverte, qui contribue à de nombreux débats sur le sujet au sein de la communauté scientifique, sera publiée demain dans la revue scientifique Molecular Cell.

 

La phosphorylation, soit l'ajout de phosphate sur une molécule, est l'un des mécanismes de régulation les plus importants dans les cellules. Elle permet entre autres de contrôler les interactions entre les protéines.

«Durant la transcription, la première étape de l'expression des gènes, l'ARN polymérase II est abondamment phosphorylée. Ceci permet la coordination entre la transcription et les autres étapes du processus d'expression des gènes » a expliqué le Dr Robert, directeur de l'unité de recherche sur la chromatine et l'expression du génome à l'IRCM.

En examinant un petit nombre de gènes, certaines études pionnières, et longuement acceptées dans le domaine, avaient démontré que la phosphorylation de l'ARN polymérase II se produisait toujours selon une même configuration au cours de la transcription. Toutefois, des analyses récentes du génome complet s'opposaient à cette idée en suggérant que ce processus n'est pas uniforme à travers des gènes différents. « Ce dernier modèle est très controversé, puisqu'il n'est pas clair pourquoi, ni comment, la transcription devrait s'opérer de façon si radicalement différente entre un gène et son voisin » a dit Alain R. Bataille, étudiant au doctorat et premier co-auteur de l'étude.

En utilisant des outils modernes de génomique fonctionnelle, l'équipe de chercheurs a confirmé la première hypothèse selon laquelle la transcription fonctionne de la même façon à travers pratiquement tous les gènes.

« L'identité des enzymes responsables de l'ajout et du retrait des groupements phosphates sur l'ARN polymérase II est également controversée parmi les scientifiques. Notre recherche nous a aussi permis de mieux comprendre le rôle respectif de ces enzymes essentielles » a ajouté la Dre Célia Jeronimo, stagiaire postdoctorale dans l'unité de recherche et première co-auteure de l'article.

« Les résultats de nos études représentent un apport majeur pour la communauté scientifique dans la compréhension des différents processus cellulaires dans le domaine de la biologie moléculaire » a conclu le Dr Robert.

Les travaux de recherche ont été subventionnés par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). « Les IRSC sont fiers d'appuyer cette étude, qui a répondu à une question fondamentale en régulation génétique. Je félicite le Dr Robert et son équipe pour cette découverte. Comme la dérégulation de la transcription est souvent à la base de maladies génétiques et du cancer, des percées comme celle-ci  offrent d'importantes perspectives qui mèneront un jour à de nouveaux traitements qui amélioreront la santé des canadiens » a dit le Dr Paul Lasko, directeur scientifique de l'Institut de génétique. Pour plus de détails sur cette découverte, veuillez consulter le sommaire de l'article publié en ligne par Molecular Cell (en anglais seulement).

À propos du Dr François Robert
François Robert est docteur en biologie moléculaire de l'Université de Sherbrooke. Il est professeur agrégé de recherche IRCM, directeur de l'axe de recherche en biologie intégrative des systèmes et chimie médicinale, et directeur de l'unité de recherche sur la chromatine et l'expression du génome. Le Dr Robert est professeur-chercheur agrégé au Département de médecine (accréditation en biologie moléculaire) de l'Université de Montréal. Il est également professeur associé au Département de biologie de l'Université de Sherbrooke.

À propos de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM)
Créé en 1967, l'IRCM (www.ircm.qc.ca) regroupe aujourd'hui 36 unités de recherche spécialisées dans des domaines aussi variés que l'immunité et les infections virales, les maladies cardiovasculaires et métaboliques, le cancer, la neurobiologie et le développement, la biologie intégrative des systèmes et la chimie médicinale, et la recherche clinique. Il compte aussi trois cliniques spécialisées, sept plateaux technologiques et trois plateformes de recherche dotées d'équipement à la fine pointe de la technologie. Plus de 425 personnes y travaillent. L'IRCM est une institution autonome affiliée à l'Université de Montréal et sa clinique est associée au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). L'Institut entretient également une association de longue date avec l'Université McGill.

Pour plus d'informations ou pour une entrevue avec le Dr Robert, veuillez communiquer avec :

Julie Langelier
Chargée de communication (IRCM)
julie.langelier@ircm.qc.ca

514 987-5555

Lucette Thériault
Directrice des communications (IRCM)
lucette.theriault@ircm.qc.ca

514 987-5535