Rencontre de Rémi Quirion avec les chercheurs de l'UdeM

  • Forum
  • Le 30 janvier 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

Rémi QuirionLe scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, aimerait voir doubler le budget dévolu à la recherche scientifique d'ici cinq ans. «C'est très important pour la communauté scientifique québécoise que les budgets de recherche augmentent substantiellement», affirme le chercheur en neurosciences qui est chargé, depuis le 1er septembre dernier, de conseiller le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation sur l'orientation québécoise en matière scientifique.

 

Si les souhaits de M. Quirion se réalisent, le budget des trois conseils subventionnaires du Québec (Nature et technologies, Santé, Société et culture) passerait à 400 M$ en 2017.

Placé à la tête des Fonds de recherche du Québec, l'unité regroupant les trois conseils, M. Quirion veut faire de la recherche une priorité essentielle du gouvernement et n'a pas l'intention de se contenter de changements de façade. «Si l'objectif que je viens d'évoquer n'est pas atteint, je serai au terme de mon mandat et nous aurons alors une idée précise des intentions de l'État», a-t-il répondu à une question de Forum sur sa réaction advenant une fin de non-recevoir. L'entreprise privée, notamment, devrait accroitre sa part dans l'innovation.

Si le Québec veut se démarquer dans certains secteurs, comme M. Quirion le suggère depuis quelques semaines, il va falloir mettre les bouchées doubles... au sens propre. «Il faut regrouper nos forces autour de domaines d'avenir où nous avons déjà une longueur d'avance. Je pense à la médecine personnalisée, aux nouvelles technologies de l'information et de la communication ou à l'énergie. Mon objectif est d'élaborer quatre ou cinq grands projets d'ici cinq ans», a-t-il dit à une rencontre de chercheurs de l'UdeM venus faire sa connaissance à l'invitation du vice-rectorat à la recherche, à la création et à l'innovation le 18 janvier. Un autre secteur interdisciplinaire prometteur serait lié au développement du Nord québécois. «On a beaucoup parlé du Plan Nord, mais jusqu'à maintenant la recherche y est pour ainsi dire absente. Les sciences naturelles, le génie et les sciences humaines pourraient être mis à contribution de manière plus efficace», a indiqué M. Quirion.

Le scientifique en chef souligne qu'il est ouvert aux suggestions et offre à ses interlocuteurs l'occasion de lui soumettre par courriel (remi.quirion@frq.gouv.qc.ca) des thèmes pour les regroupements sectoriels.

Un chef affable

Apparaissant affable et détendu au terme d'une première tournée des universités, collèges et centres de recherche de la province, M. Quirion a fait sourire plusieurs fois l'auditoire. Après avoir rappelé ses origines et son parcours universitaire, il a raconté que rien ne prédisposait le cuisinier de Lac-Drolet à devenir le premier scientifique en chef du Québec, un poste créé il y a moins d'un an par l'ancien ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac. Ses premiers jours au ministère l'ont plongé dans un monde où les choses peuvent bouger très vite. Moins d'une semaine après son entrée en fonction, M. Gignac était muté et la sous-ministre adjointe qui l'avait représenté, Geneviève Tanguay, était nommée quelques jours plus tard vice-rectrice à l'Université de Montréal.

Mais il ne s'est pas laissé décontenancer par les évènements et prend son rôle très au sérieux. Il déclare vouloir saisir l'occasion de donner un élan au milieu de la recherche, en insistant sur le dynamisme de la relève. «Il faut transmettre le plaisir de la création et de la découverte, toutes générations confondues», a-t-il lancé.

Il a mentionné que le Québec était en perte de vitesse dans les concours fédéraux. «Il y a stagnation ou perte en pourcentage du Québec dans les concours des grands conseils fédéraux, c'est-à-dire la Fondation canadienne pour l'innovation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie [CRSNG], les Instituts de recherche en santé du Canada. La situation n'est pas dramatique, mais il faut demeurer vigilant.»

Sur le plan international, les chercheurs québécois pourraient mieux faire également, surtout aux États-Unis. «À peine 1 % des fonds des National Institutes of Health est investi au Canada. Cela représente tout de même un budget de 300 M$, soit beaucoup plus que le budget actuel de nos trois conseils. Malheureusement, le Québec ne reçoit que 14 % de ces fonds; l'Ontario, 52 %. Il doit y avoir une meilleure stratégie pour améliorer cette performance.»

La nomination par le ministre Sam Hamad de l'astronaute Julie Payette comme déléguée scientifique du Québec à Washington est un pas dans la bonne direction, estime M. Quirion. «Avec son réseau et sa réputation, elle va être un bon atout pour le Québec afin de promouvoir la recherche aux États-Unis.»

Maryse Lassonde à ses côtés

Avant d'être nommé scientifique en chef, en juillet 2011, M. Quirion était professeur au Département de psychiatrie de l'Université McGill; il a également été vice-doyen à la Faculté de médecine de cet établissement et conseiller principal en recherche en sciences de la santé.

Deux mois après son arrivée en poste, Maryse Lassonde a été nommée directrice scientifique et membre du conseil d'administration du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies. Mme Lassonde accompagne M. Quirion dans sa tournée des universités et collèges du Québec.

Professeure au Département de psychologie de l'Université de Montréal, Mme Lassonde a tenu à préciser qu'il ne fallait pas l'associer uniquement au domaine de la santé, même si son expertise relative aux effets des commotions cérébrales lui a donné une grande visibilité au cours des dernières années. Ancienne présidente de l'Acfas, elle est boursière du CRSNG depuis 1980 et occupe une chaire de cet organisme jusqu'en 2013.

Mathieu-Robert Sauvé

 

Sur le Web


 

Lancement du concours Étudiants-chercheurs étoile

Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, vient de lancer le concours Étudiants-chercheurs étoile, un concours des Fonds de recherche du Québec (Nature et technologies, Santé, Société et culture).

En plus de faire la promotion des carrières en recherche, ce concours vise à reconnaitre l'excellence de la recherche réalisée par les étudiants des collèges et des universités, les stagiaires postdoctoraux et les membres d'un ordre professionnel en formation relativement à la recherche avancée, et ce, dans toutes les disciplines couvertes par les trois fonds.

Une fois par mois, chaque fonds remettra un prix de 1000 $ à un étudiant-chercheur. Les résumés des productions et les photos des lauréats seront diffusés sur le portail du scientifique en chef: www.frq.gouv.qc.ca.

Dates limites pour la remise des candidatures: 1er mars et 1er septembre.

Renseignements :