Un court métrage avec Jacques Bouchard primé en Grèce

  • Forum
  • Le 30 janvier 2012

  • Paule Des Rivières

Jacques BouchardJacques Bouchard, néo-helléniste réputé et professeur au Département de littératures et de langues modernes de l'Université de Montréal, tient la vedette dans un film ayant reçu le troisième prix à un festival du cinéma documentaire en Grèce en octobre dernier.

 

Le film s'intitule Qu'est-ce que la poésie, M. Andréas Embiricos? et M. Bouchard y présente des clés pour entrer dans l'univers surréaliste et érotique du poète, décédé en 1975.

«Lorsque je faisais ma scolarité de doctorat en Grèce, à la fin des années 60, un ami qui savait que je m'intéressais au surréalisme français m'a donné un recueil de poèmes d'Embiricos. À l'époque, je ne maitrisais pas assez la langue et ils m'ont semblé hermétiques. Mais plus tard, quand j'ai commencé à les traduire, j'ai ressenti un véritable coup de cœur.»

Jacques Bouchard enseigne la littérature grecque moderne depuis 40 ans. Il est également directeur du Centre interuniversitaire d'études néo-helléniques de Montréal. Dans le film primé, réalisé par Nikos Alevras, le professeur exprime son engouement pour le poète en racontant entre autres les découvertes qu'il a faites en traduisant les poèmes. «Le passage d'une langue à l'autre permet de jouer avec les mots et ainsi à une certaine magie d'opérer.» Surtout lorsqu'on a affaire à l'un des plus illustres représentants du mouvement surréaliste grec.

Le poète Andréas Embiricos, que le professeur Jacques Bouchard a étudié et beaucoup traduit.Andréas Embiricos est né en Roumanie et a passé la plus grande partie de sa vie en Grèce. Il a aussi élu domicile en France pendant quelques années, à la fin des années 20, où il s'est intéressé à la toute nouvelle Société psychanalytique de Paris.

Dans le film de près de 30 minutes, les plans de M. Bouchard sont entrecoupés d'images d'une jeune femme roulant à bicyclette. «La poésie d'Andréas Embiricos est semblable à une promenade à vélo. C'est une excursion sans fin ni signification», s'emballe le professeur.

Et il n'est pas le seul enthousiaste, car le film sera en compétition dans un nouveau festival de cinéma en mars. Jacques Bouchard prendra part alors à une discussion sur l'œuvre du poète, qu'il continue de fréquenter assidument, puisque l'œuvre maitresse d'Embiricos, un roman en plusieurs volumes intitulé Le Grand Oriental, est à l'étude dans le séminaire qu'il dirige cette année avec cinq étudiants de deuxième cycle.

Le professeur suit aussi, mais de beaucoup plus loin, un petit groupe de jeunes qui ne sont pas à l'Université mais qui ont communiqué avec lui parce qu' ils désirent se mettre à l'étude du grec ancien. Et ce n'est certainement pas M. Bouchard qui les en dissuadera !

Paule des Rivières