Valérie Welsh vise le podium à Londres l'été prochain

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  • Le 6 février 2012

Valérie WelshÉtudiante de première année à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, Valérie Welsh participera aux jeux de Londres de 2012 avec ses 11 coéquipières de l'équipe olympique canadienne de nage synchronisée. «On vise le podium bien sûr», déclarait-elle avec aplomb au terme d'une séance d'entrainement avec ses collègues à Montréal en décembre dernier.

 

Après sa victoire éclatante aux Jeux panaméricains à l'automne, l'équipe est rentrée au pays avec le moral gonflé à bloc. «Nous avons arraché la première place à Guadalajara dans des conditions passablement difficiles, notamment à cause de l'altitude, raconte l'athlète de 23 ans. Nous avons réussi à écarter nos rivales de l'équipe des États-Unis. Si on veut déloger les Espagnoles et distancer les Chinoises, il faudra mettre les bouchées doubles d'ici l'été prochain et travailler d'arrachepied.»

Le compte à rebours a en effet commencé. Dès sept heures du matin, six jours par semaine, les 12 Québécoises se retrouvent dans la piscine du Centre sportif du Parc olympique à Montréal. Elles ne quittent leurs maillots qu'à la fin de la journée. Valérie Welsh officie comme capitaine de l'équipe. Elle établit le relai entre les filles et leur entraineuse Julie Sauvé, une légende du sport canadien avec 33 ans d'expérience au sein de l'équipe de nage synchronisée. Étaient également présentes au camp d'entrainement le jour de notre entretien la Russe Anastassia Goutseva et la Chinoise Meng Chen, qui assistaient Mme Sauvé, chronomètre en main.

L’étudiante en médecine vétérinaire est capitaine de l’équipe olympique canadienne de nage synchronisée. (Photos: Bruno Girard)Comme ses collègues, Valérie Welsh vit les moments les plus exaltants de sa jeune existence. Comme elles, la jeune femme originaire de Saint-Nicolas a dû ralentir le rythme de ses études. Inscrite à la Faculté de médecine vétérinaire en 2009, elle termine sa scolarité de première année. Mais personne ne doute de sa volonté de compléter sa formation. «Valérie nourrit une passion pour les animaux, observe Julie Sauvé. Vétérinaire, c'est vraiment sa profession. Elle sait tout et lit constamment sur le sujet.» Mme Sauvé, qui possède un caniche royal roux, se définit elle-même comme une «gaga de chiens». Ensemble, les deux femmes passent des heures à comparer les vertus de leurs amis à quatre pattes.

«Chiens, chats, oiseaux, lapins: j'ai toujours eu un zoo à la maison, renchérit l'étudiante-athlète. Depuis trois ans, je fréquente l'université à temps partiel. Mais je vais obtenir mon diplôme et il est fort probable que je me consacre aux petits animaux.»

Valérie Welsh s'est intéressée à la nage synchronisée dès l'âge de huit ans en voyant Sylvie Fréchette et l'équipe nationale canadienne remporter une médaille d'argent aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996.  Depuis, elle s'accroche à son rêve, comme on dit dans les contes de fées modernes. En effet, elle ne se laisse pas décourager facilement. Membre du club Synchro-Élite de la ville de Québec de 2000 à 2008, elle a dû s'y prendre à six reprises avant d'être admise au sein de l'équipe nationale. Chaque année, elle figurait à une place différente du classement. Elle aurait pu laisser tomber, elle a persévéré. «Valérie est un leader naturel. Elle va te driver ça, une clinique vétérinaire!» plaisante Julie Sauvé.

Elle a eu la chance de pouvoir compter sur un environnement familial solide, prodigue de conseils et jamais avare d'encouragements. Ses parents assistent à toutes ses compétitions, ses grands-parents viennent aussi souvent en renfort et, quand l'équipe fait escale à Québec, les Welsh se font un plaisir d'héberger le groupe au complet. «Chez nous, observe la jeune femme, on est très chaleureux. J'ai seulement deux frères. Mes coéquipières sont comme mes sœurs.» Une situation qui ravit Julie Sauvé. «Notre modèle à nous, c'est la famille québécoise d'autrefois, lance-t-elle avec bonne humeur. L'équipe du Canada est reconnue pour ça. Mon team, c'est un roc.»

Dans ce sport où le spectacle joue un rôle de premier plan, les concurrentes ont un rapport unique avec le public. Elles aiment sentir la présence de la foule et cherchent naturellement à briller sous les feux des projecteurs. On a ainsi pu voir Valérie Welsh figurer parmi les finalistes du concours Miss Univers Canada après avoir participé à Mannequins d'un jour en 2008. Mesurant 1,73 m, elle a fait quelques photos de mode comme mannequin. Elle enseigne aussi la nage synchronisée aux enfants dans un club privé de Saint-Bruno. «J'ai appris très tôt à gérer un agenda», explique-t-elle durant la pause repas d'une demi-heure au milieu d'une journée très chargée. «J'aime quand ça bouge», ajoute-t-elle. Comme un caméraman filmait notre entrevue, la superathlète s'est tout de même accordé quelques minutes pour se maquiller.

Et ça va bouger à Londres l'été prochain. On peut parier là-dessus, d'autant que la chorégraphie mise au point en ce moment par les Québécoises promet d'être saisissante. «Il y a un élément acrobatique dans nos numéros. Les spectateurs réagissent toujours bruyamment à nos performances.» Au Québec, tous les regards seront fixés sur nos surdouées nationales. À l'Université de Montréal, on se croisera les doigts en misant sur le leadership et la détermination de la future vétérinaire pour l'emporter.

Hélène de Billy
Collaboration spéciale

 

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