Le Getty Research Institute ouvre ses portes aux universitaires

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  • Le 20 février 2012

  • Marie Lambert-Chan

Le Getty Research Institute s’est donné pour mission de favoriser l’avancement des connaissances dans les arts visuels. L’architecture de son bâtiment constitue un excellent point de départ.Pour la première fois de son histoire, le renommé Getty Research Institute (GRI), situé à Los Angeles, accueillera pendant un mois 16 doctorants et 8 professeurs en histoire de l'art des quatre coins du monde. Ces universitaires auront un accès illimité aux 65 104 objets des collections du J. Paul Getty Museum, aux 450 peintures, 727 sculptures et objets d'art décoratif et milliers de dessins, photos et manuscrits du Getty Center, ainsi qu'à la bibliothèque du GRI, qui contient plus d'un million de documents.

 

Cette école d'été a été conçue et mise en place par Todd Porterfield, professeur au Département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques de l'Université de Montréal, en étroite collaboration avec la Chaire de recherche du Canada en histoire de l'art du 19e siècle, dont il est le titulaire, et le Réseau international pour la formation à la recherche en histoire de l'art (RIFHA).

Inspiré par le succès des écoles de printemps organisées chaque année par le RIFHA – qui réunissent des étudiants et des professeurs canadiens, américains, français, anglais, italiens, allemands, suisses et japonais –, M. Porterfield a entrepris des démarches auprès du GRI afin d'y tenir une activité semblable.

«Cette école sera une occasion exceptionnelle pour l'avancée de la recherche personnelle et, par les apports individuels, pour l'ouverture sur les multiples facettes de la discipline: nationales, linguistiques, culturelles, méthodologiques, croit-il. L'ambiance de travail sera à la fois conviviale et de type “laboratoire”, permettant d'étudier, en petits groupes, les documents et les œuvres historiques des collections et ainsi d'échanger, de débattre et de partager. À la fin du mois, les 24 professeurs et doctorants présenteront les résultats de leurs recherches dans les archives et les collections du musée.»

L'école d'été recrutera les participants parmi les membres du RIFHA et réservera huit places à des doctorants de régions du monde où l'histoire de l'art est en pleine expansion: l'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine.

Todd Porterfield«Nous devons nous ouvrir aux pays émergents, affirme Todd Porterfield. Notre discipline a longtemps servi d'instrument aux nationalismes et impérialismes, à tel point que le grand historien de l'art sir Ernst Gombrich a dit que c'était notre fonction d'être les porte-paroles de la civilisation occidentale. Notre génération ne voit pas les choses ainsi et c'est à nous que revient la tâche de décoloniser l'histoire de l'art et ses institutions.»

Pas étonnant que le thème de l'école soit «Encounters», c'est-à-dire les rencontres. «Au milieu du 20e siècle, l'art était perçu comme un lieu pur, éternel et universel, remarque le professeur. Aujourd'hui, c'est un vecteur de rencontres de gens, d'époques, de cultures, d'idées...»

Todd Porterfield espère que les étudiants profiteront du privilège accordé par le Getty Research Institute et étofferont leur pratique au contact de toutes ces cultures. «Chacun arrive avec son bagage culturel et scolaire, dit-il. Je me souviens d'un échange avec un collègue français sur une œuvre de Gauguin, alors que j'étais doctorant. J'ai découvert que non seulement nous ne partagions pas la même vision, mais que nous avions du mal à nous comprendre tant nos formations étaient différentes!» L'école d'été sera aussi une occasion unique d'enrichir son réseau international de relations, ajoute-t-il.

Les noms des heureux élus membres du RIFHA seront connus à la fin du mois. L'appel de candidatures des doctorants des pays émergents se terminera le 1er mars et les résultats seront dévoilés au printemps.

Ce projet est subventionné en parts égales par le GRI et le programme Connecting Art Histories de la Getty Foundation, un organisme culturel et philanthropique dont la mission est de soutenir les individus et les groupes voués à l'avancement et à la conservation des arts visuels, tant localement qu'internationalement. L'école d'été bénéficie également du soutien de la Faculté des arts et des sciences et de la Direction des relations internationales de l'UdeM.

Marie Lambert-Chan

 

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