Le stage: comment bien s'en sortir?

  • Forum
  • Le 20 février 2012

  • Marie Lambert-Chan

À la fois excitant et stressant, le stage constitue les premiers pas d'un étudiant dans le milieu professionnel de son choix. Certains en sortent exaltés, d'autres déçus. Mais tous vivent des moments d'angoisse à l'idée d'être parachutés dans une organisation et de se voir assigner des tâches pour lesquelles ils ne possèdent pas encore toutes les compétences.

Afin de tirer le maximum de cette expérience, Letitia Alexe et Josée Sabourin, psychologues en aide à l'apprentissage au Centre étudiant de soutien à la réussite (CESAR) de l'Université de Montréal, vous offrent quelques perles de sagesse.

Vous êtes en situation d'apprentissage. Une phrase à vous répéter tel un mantra. «Certains étudiants ont des exigences très élevées par rapport à eux-mêmes, constate Letitia Alexe. Ils souhaitent être aussi bons que les professionnels qui exercent depuis plusieurs années. Or, c'est impossible, puisqu'ils sont encore en formation. Ils ont droit à l'erreur.»

Jouez cartes sur table avec votre superviseur. Dès le départ, établissez le nombre de jours et d'heures que vous passerez dans l'organisation, ainsi que les tâches à accomplir en fonction des objectifs de votre programme universitaire. En déterminant de manière claire vos attentes et celles de votre superviseur, vous éliminerez nombre de malentendus. «Informez-vous sur le type de milieu de travail, la clientèle à servir, le déroulement des journées, les dossiers en cours, etc., suggère Josée Sabourin. Cela démontrera votre intérêt pour le stage tout en vous permettant de vous sentir plus à l'aise par rapport au travail qui vous attend.»

Précisez les besoins quant à l'encadrement. Un stagiaire à qui l'on ne demande jamais rien. Un autre qui a tant de boulot qu'il n'a jamais le temps de diner. Des situations malheureuses que vous pouvez éviter en discutant de l'encadrement désiré avec votre superviseur. «Les façons d'apprendre sont différentes: certains auront besoin d'une rétroaction fréquente, alors que d'autres voudront de l'espace pour essayer des choses par eux-mêmes», remarque Mme Alexe. Et comme vos besoins peuvent évoluer, il est bon de planifier des rencontres hebdomadaires avec votre moniteur pour corriger le tir.

Tenez un journal de bord. «Les stagiaires sont toujours dans l'action et le journal de bord leur donne l'occasion de réfléchir à leur journée et de se fixer des objectifs pour le lendemain, ce qui permet une adaptation en douceur au milieu de travail, observe Mme Sabourin. Ces notes aident aussi à la préparation des rencontres hebdomadaires avec le superviseur.»

Apprenez à connaitre vos collègues. Plusieurs étudiants espèrent que leur stage débouchera sur une offre d'emploi. Pour y arriver, ne misez pas que sur vos performances. «Vos collègues se souviendront surtout de votre personnalité, croit Josée Sabourin. Ils voudront engager une personne agréable, ouverte à la critique, ayant l'esprit d'équipe.» Alors, profitez des diners et des pauses-café pour créer des liens avec vos collègues!

Soyez professionnel. «Soyez bien mis, arrivez à l'heure, faites preuve de savoir-vivre et exprimez-vous dans un bon français», rappelle Letitia Alexe.

Gardez le contact avec d'autres stagiaires. Le sentiment d'isolement est fréquent chez les stagiaires. Pour le surmonter, retrouvez des collègues de classe qui sont aussi en stage. Ce sera l'occasion de partager vos craintes et frustrations et de vous motiver.

Et si rien ne va? Une mauvaise expérience de stage ne remet pas en cause votre choix de carrière. Vous pouvez même en tirer de précieuses leçons. «Même si c'est difficile, faites un bilan, conseille Josée Sabourin. Pourquoi ce stage est-il un échec? Est-ce en raison du milieu de travail ou de votre attitude? Votre analyse vous aidera à trouver les outils nécessaires pour mieux aborder le prochain stage.»

(Illustration: Benoît Gougeon)