Pour des interventions plus efficaces auprès des élèves en difficulté

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  • Le 20 février 2012

Les intervenants scolaires ont peu de moyens pour évaluer les plans de réussite qu’ils conçoivent. (Photo: iStockphoto)Adoptée il y a une douzaine d'années, la Politique de l'adaptation scolaire du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) oblige les écoles du Québec à se doter d'un plan d'action pour soutenir la réussite des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (HDAA). Malgré les balises élaborées par le MELS, peu de moyens sont toutefois mis à la disposition des intervenants scolaires pour évaluer les chances de réussite des plans qu'ils conçoivent.

 

Par l'expression «élèves HDAA», on entend des élèves qui éprouvent des difficultés allant d'incapacités intellectuelles sérieuses à une déficience auditive ou visuelle jusqu'à des problèmes d'apprentissage liés à la dyslexie, à la dyscalculie, au déficit d'attention ou à l'hyperactivité. La politique du MELS vise à intégrer ces élèves dans les classes ordinaires et ce sont donc tant les titulaires de classe que les orthopédagogues qui en ont la charge.

Comme l'efficacité des plans d'intervention auprès de ces élèves n'est pas assurée et qu'aucune méthode de conception ou d'évaluation n'est proposée, Nathalie Myara, chargée de cours au Département de psychopédagogie et d'andragogie de l'Université de Montréal et responsable pédagogique de la maitrise professionnelle en orthopédagogie, a voulu combler la lacune en consacrant ses travaux de doctorat à cette question.

Nathalie MyaraElle a conçu un outil en utilisant la méthode de l'analyse de la valeur pédagogique. L'analyse de la valeur est une méthode employée notamment en ingénierie et destinée à assurer la satisfaction du besoin de l'utilisateur d'un produit, procédé ou service; mieux le produit répond au besoin de l'usager tout en cherchant à réduire son cout de production, plus sa valeur est grande.

Cette méthode comporte trois phases principales, explique la chargée de cours. La première est l'analyse des besoins, que ce soit ceux des orthopédagogues, des parents, des élèves ou de la direction de l'école. La deuxième est l'analyse des fonctions essentielles que le plan d'intervention doit remplir et qui conduit à l'élaboration d'un cahier des charges. La troisième phase est la création d'un plan d'intervention optimal et de sa mise à l'essai afin de le valider.

L'outil imaginé par la chercheuse s'insère entre la deuxième et la troisième étape et vise à soutenir les directions d'école, les parents et les enseignants dans la préparation d'un plan d'intervention optimal et à aider les commissions scolaires dans la révision des politiques relatives à l'organisation des services aux élèves HDAA.

Une formation unique en son genre

L'outil de Nathalie Myara fait l'objet d'un cours donné à la maitrise professionnelle en orthopédagogie, offerte depuis deux ans à l'Université de Montréal.

«Cette maitrise satisfait un besoin criant, affirme la responsable. Elle a la particularité d'offrir une formation qui intègre l'approche didactique, centrée sur l'enseignement et l'apprentissage des diverses disciplines, et l'approche orthopédagogique, axée sur la dimension psychopédagogique, c'est-à-dire sur les aspects cognitifs et socioaffectifs de l'enseignement et de l'apprentissage. Cette particularité est propre à la maitrise de l'UdeM.»

Cette formation s'adresse aux enseignants, aux psychoéducateurs, aux orthopédagogues et à tous les professionnels du milieu scolaire qui ont à intervenir auprès d'élèves en difficulté. La maitrise reçoit déjà une centaine d'étudiants et elle est proposée à la fois au campus de Montréal et à celui de Saint-Hyacinthe.

 

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