Comment se préparer pour une entrevue?

  • Forum
  • Le 27 février 2012

  • Marie Lambert-Chan

Ça y est: votre curriculum vitæ a retenu l'attention d'un employeur et vous êtes convoqué à une entrevue. Stressé? C'est normal. Dites-vous cependant que vous avez parcouru la moitié du chemin. «Les recruteurs ont estimé votre CV suffisamment intéressant pour vous rencontrer. Cette reconnaissance devrait vous enlever un peu de pression», signale Nancy Moscato, conseillère en emploi au Centre étudiant de soutien à la réussite (CESAR) de l'Université de Montréal.

Mais ce n'est pas une raison pour vous reposez sur vos lauriers. Une entrevue nécessite une préparation. «Certains misent beaucoup sur le fait qu'ils sont à l'aise en société, observe-t-elle. Mais il ne s'agit pas d'improviser quand on tente de convaincre qu'on peut remplir un mandat. Il faut avoir en tête des arguments solides.»

Savoir, savoir-faire, savoir-être

Selon la conseillère, vous devez à la fois bien vous connaitre et décortiquer l'offre d'emploi, c'est-à-dire déterminer «en quoi il y a une adéquation entre vos ressources et les exigences du poste», dit-elle.

Sachez que la plupart des questions qui vous seront posées tourneront autour de votre savoir, votre savoir-faire et votre savoir-être, autrement dit vos connaissances, vos aptitudes et vos qualités personnelles. Voilà pourquoi on vous demandera à coup sûr de vous décrire en quelques minutes, de nommer vos qualités, vos défauts, ce qui vous distingue des autres candidats, etc.

Pour vous aider à préparer vos réponses, cernez les mots clés dans l'offre d'emploi. On exige des capacités organisationnelles? Démontrez votre leadership, votre habileté à gérer le temps et le stress, ainsi que votre gout pour le travail en équipe. Et appuyez vos dires par des exemples concrets. «C'est souvent là que le bât blesse», remarque Nancy Moscato.

En ciblant des expériences passées liées à l'emploi convoité, vous pourrez également répondre plus facilement aux questions d'ordre comportemental qu'on pose de plus en plus souvent en entrevue. «On vous demandera de raconter comment vous avez géré un conflit avec un collègue, illustre-t-elle. Le recruteur peut aussi faire appel à une mise en situation à laquelle vous devrez réagir.»

Vos faiblesses

Étant au début de votre carrière, vous avez sans doute l'impression qu'il vous manque un certain bagage professionnel. Misez alors sur des aptitudes acquises pendant votre parcours. Parlez, par exemple, des habiletés relationnelles que vous avez développées lors de votre passage à l'association étudiante de votre faculté.

Si vous avez des lacunes, n'hésitez pas à les mentionner, tout en vous assurant qu'elles ne menacent pas vos chances d'obtenir le poste. «Donnez-leur une touche positive, conseille Mme Moscato. S'il est question de bilinguisme, dites que vous lisez et comprenez l'anglais, mais que vous êtes un peu rouillé en ce qui a trait à la communication et que vous êtes en train de vous y remettre.»

Savoir-vivre

La première impression est souvent la bonne, surtout en entrevue. Arrivez donc à l'heure, soyez vêtu de façon appropriée – une tenue classique aux couleurs sobres –, éteignez votre cellulaire, donnez des réponses courtes, concises et claires, et gardez un contact visuel avec le recruteur ou les membres du comité de sélection.

Et relativisez pour mieux vous détendre. «Votre premier objectif n'est pas tant de décrocher l'emploi que de vous démarquer des autres candidats, affirme Nancy Moscato. On peut très bien vous refuser le poste tout en conservant votre CV pour un autre mandat. Vous pouvez aussi avoir laissé une telle impression que le recruteur n'hésitera pas à transmettre votre candidature à un autre service.» Bref, un refus n'est pas toujours une mauvaise chose!

La conseillère invite les candidats à s'autoévaluer sitôt l'entrevue terminée. «Vous pourrez ainsi vous améliorer en vue d'un autre processus de sélection», croit-elle.

(Illustration: Benoît Gougeon)