Comment devenir un bon vulgarisateur scientifique?

  • Forum
  • Le 12 mars 2012

  • Marie Lambert-Chan

La vulgarisation scientifique fait partie intégrante de la vie d'universitaire. Que vous soyez au baccalauréat ou sur le point d'obtenir votre titularisation, vous avez tous la responsabilité de communiquer votre savoir au plus grand nombre.

Pourquoi? «Pour différentes raisons, répond William Raillant-Clark, attaché de presse au Bureau des communications et des relations publiques de l'Université de Montréal. Les médias sont un excellent véhicule pour faire rayonner vos idées ou découvertes, ce qui peut aider à retenir l'attention de vos pairs relativement à votre travail. Voilà pourquoi l'intérêt marqué pour la vulgarisation scientifique est une chose qui est considérée tant par les directeurs de recherche prospectifs que par les bailleurs de fonds.»

Nous vivons à une époque où la science est très présente dans l'espace public, mais où la voix des chercheurs ne se fait pas assez entendre, ajoute-t-il. «Les conséquences peuvent être tragiques. Prenez les dérapages dans le dossier des changements climatiques. Autrement dit, si vous ne parlez pas aux médias, quelqu'un d'autre le fera à votre place.»

Vous désirez vous lancer dans la diffusion de vos connaissances? Les moyens qui s'offrent à vous sont nombreux: médias traditionnels, réseaux sociaux, blogues, conférences publiques, revues de vulgarisation scientifique, débats, etc.

Pour les novices, William Raillant-Clark suggère de commencer par un blogue ou un profil sur un réseau social comme Facebook ou Twitter. «Faciles à créer, ces plateformes constituent une façon prudente de s'initier à la communication scientifique. Vous y partagez vos activités de recherche ou simplement des informations que vous jugez intéressantes. Ce premier pas se fait sans que vous ayez à apporter vos propres commentaires ou interprétations.»

Contrairement aux médias traditionnels, les réseaux sociaux vous permettent de dialoguer avec les utilisateurs. «Vous recevrez des commentaires de collègues et du grand public qui vous aideront à préciser votre propos», croit l'attaché de presse.

Les grands médias

Lorsque vous accordez une entrevue à un journaliste, vous devez avoir de nouveaux réflexes. Pensez en premier lieu à votre interlocuteur. S'agit-il de l'homme de la rue? d'un public averti? d'enfants? Comment s'adresser à lui? «Quand vous communiquez avec le grand public, imaginez que vous vous adressez à votre mère ou à votre grand-mère», donne en exemple William Raillant-Clark.

Peu importe le contexte, inversez la pyramide d'informations à laquelle on vous a habitué pendant votre formation. «Exposez l'élément le plus intéressant de votre propos, celui qui touche directement les gens, recommande-t-il. Dans le cas d'une recherche, ce sera votre conclusion. Après, vous expliquerez votre hypothèse et votre méthodologie.»

Allez à l'essentiel et tâchez de transmettre un seul message. Évitez le jargon technique. Privilégiez les analogies, les métaphores et les exemples. «Les scientifiques désirent souvent tout expliquer, mais ils oublient que les gens intéressés par leur découverte chercheront forcément à obtenir de plus amples renseignements sur le sujet en surfant sur le Net ou en leur envoyant un courriel», remarque M. Raillant-Clark.

On vous pose une question qui dépasse votre champ d'expertise? «C'est très simple, dit l'attaché de presse. Vous répliquez simplement que cela ne relève pas de vos compétences.»

William Raillant-Clark conseille de ne jamais accepter une demande d'entrevue sans savoir qui est le journaliste qui conduira l'entrevue. «Faites votre propre recherche. Qui est-il? Pour qui travaille-t-il? A-t-il déjà traité votre sujet et si oui comment? Êtes-vous à l'aise avec sa façon de communiquer?»

Pour vous appuyer dans votre démarche, vous pouvez faire appel à M. Raillant-Clark, dont les services sont offerts à la communauté de l'Université de Montréal. «Je m'assure que les chercheurs tirent le maximum d'avantages de leur exposition dans les médias locaux, nationaux et internationaux.»

(Illustration: Benoît Gougeon)