Françoise David ou le récit d'un engagement exemplaire

Françoise DavidFrançoise David force le respect, l'admiration même, qu'on soit ou non d'accord avec ses prises de position. En effet, en ces temps où le cynisme s'affiche ouvertement, on peut qualifier d'exemplaire l'engagement dans la communauté de la coprésidente de Québec solidaire. Elle sera à l'Université le 19 mars prochain pour jeter un regard dans le rétroviseur de sa vie. Avec un fil conducteur: comment devient-on engagé dans sa société?

 

«Mes parents ne me tenaient pas de grands discours qui m'auraient incitée à m'engager», précisait-elle dans un récent entretien téléphonique. Mais son père, directeur fondateur de l'Institut de cardiologie de Montréal, et sa mère, à travers ses activités dans des œuvres de bienfaisance, offraient deux modèles d'engagement social plus frappants que bien des sermons. Dans son récent ouvrage De colère et d'espoir, elle raconte aussi que sa mère l'envoyait faire des ménages dans des quartiers moins favorisés que le sien.

Plus tard, en choisissant d'étudier en service social à l'UdeM, la jeune Françoise David a trouvé un créneau idéal pour l'éclosion de son désir d'engagement. Elle a aussi, comme bien des gens à l'époque, milité au sein du Parti marxiste-léniniste. Et ce fut la seule période de sa vie, relate-t-elle, où le doute lui était complètement étranger.

«Il m'arrive de croiser des militants qui ne connaissent pas le doute. Je trouve cela profondément exaspérant, insupportable. Quand j'étais marxiste-léniniste, le doute ne m'atteignait pas, mais cette période m'a guérie de la certitude absolue. J'ai de profondes convictions, mais on peut discuter des manières de transformer le monde. Et c'est là tout le défi de l'engagement.»

P.d.R.

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