Le football et les études en santé font bon ménage chez les Carabins

Alexis Rousseau-Saine (à droite) pourra, avec l’aval de la Faculté de médecine, faire une pause dans ses études de médecine et se joindre à l’équipe de football des Carabins. (Photo: James Hajjar)Ils avaient laissé planer un doute sur leur éventuel retour au jeu au terme de la dernière saison. Pour l'un, il était temps de passer à la pratique dans ses études en médecine. Pour l'autre, la porte du sport professionnel s'était ouverte. Pourtant, ces deux leaders, Alexis Rousseau-Saine et Jonathan Beaulieu-Richard, ont sauté sur le terrain au milieu de leurs coéquipiers à l'ouverture du camp de printemps de l'équipe de football des Carabins la semaine dernière pour préparer leur ultime saison.

 

L'engouement était contagieux au sein de la formation au stade Hébert de Saint-Léonard. Cette jeune équipe a démontré son potentiel la saison dernière en atteignant la finale de la Coupe Dunsmore contre le Rouge et Or de l'Université Laval et l'espoir de gagner un championnat est loin d'être insensé. «L'une des raisons pour lesquelles j'avais choisi l'Université de Montréal au départ, c'est parce que je voulais participer à la première conquête de la Coupe Vanier de l'histoire des Carabins, dit Alexis Rousseau-Saine, l'un des capitaines de l'équipe et joueur de ligne offensive. J'aime l'ambiance et notre esprit d'équipe. Je crois que nous sommes sur la bonne voie et je veux être de la partie.»

Les études à l'avant-plan

Les choix de ces joueurs de poursuivre leur parcours avec les Carabins ont été influencés par des raisons d'ordre scolaire. Jonathan Beaulieu-Richard amorcera sa quatrième et dernière année d'études en pharmacie. Le secondeur ne voulait pas interrompre sa formation à une étape aussi importante et il a fait valoir son point de vue au dernier camp d'évaluation de la Ligue canadienne de football. «Je tenais à terminer mes études, assure l'athlète de 23 ans. Ensuite, je vais pouvoir fixer toute mon attention sur le football, sans arrière-pensée. Je crois que les dirigeants de la Ligue l'ont compris et qu'ils y ont vu un signe de maturité. Ça ne devrait pas m'empêcher d'être sélectionné au prochain repêchage.»

Jonathan Beaulieu-Richard sera en stage toute la saison prochaine, mais il dit avoir appris à concilier le sport et les études. (Photo: James Hajjar)«Je serai en stage durant toute la prochaine saison, ajoute-t-il, alors ce ne sera pas toujours évident de concilier le sport et les études. Mais je pense avoir appris à bien le faire depuis le début et pouvoir continuer dans cette voie.»

Le jeune homme a confiance en l'équipe d'entraineurs bâtie par Danny Maciocia et il ne croit pas qu'une année de plus à l'UdeM représente un recul relativement à son rêve de jouer chez les professionnels. «Je suis bien encadré ici et je pense que ça va m'aider à faire la transition plus tard», estime le joueur, qui a été dans la deuxième équipe d'étoiles canadiennes en 2011. Danny Maciocia et Noel Thorpe, récemment promu au poste de coordonnateur défensif et d'entraineur des secondeurs, ont à eux deux plus de 20 ans d'expérience chez les professionnels.

Une décision éclairée

Pour sa part, Alexis Rousseau-Saine s'apprêtait à commencer son externat, soit une année complète en stage qui peut exiger de passer plusieurs nuits et weekends à l'hôpital. Ce programme est incompatible avec le mode de vie d'un joueur de football, qui s'entraine au CEPSUM plus de 25 heures par semaine. Il a donc choisi de faire une pause d'un an.

Alexis Rousseau-Saine a entrepris des démarches pour recevoir l'aval de la Faculté de médecine. Il a pris sa décision après avoir obtenu la confirmation que ses études ne souffriraient pas de ce projet. Il restera donc à ce colosse de 1,98 mètre et 121,5 kilos deux années d'études, en plus de sa spécialité.

«Au cours de la prochaine saison, j'aimerais élaborer un projet de recherche ou encore suivre des cours de langue pour enrichir ma formation, dit celui dont le père est médecin de famille. L'hiver, je vais également avoir la possibilité de voyager. J'aimerais entre autres pouvoir participer à une mission humanitaire à l'étranger. En plus de tout ce que je peux vivre grâce à ce sport d'équipe, je crois que cette année pourra faire de moi un meilleur médecin.»

Le football fait partie intégrante de la vie de ces deux joueurs. Leurs victoires sur le terrain du CEPSUM marqueront assurément leur future carrière et ils ne regretteront jamais de ne pas avoir pris part à cette prochaine saison, qui pourrait être auréolée de succès. «Je serai médecin toute ma vie, rappelle Alexis Rousseau-Saine. Il ne me reste qu'une saison de football. Je crois que c'est maintenant, à 22 ans, que je devrais jouer.»

Mathieu Dauphinais
Collaboration spéciale

 

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