Un nouveau réseau en études féministes mobilise dix universités québécoises

Pascale DufourEn novembre dernier, les membres du RéQEF tenaient leur première Assemblée visant à fonder officiellement le Réseau québécois en études féministes, dont le principal objectif est de promouvoir la recherche dans le domaine. Reflétant une ambition de resserrement des collaborations, les membres du RéQEF représentent dix institutions universitaires au moment de sa fondation : l'Université Concordia, l'Université de Montréal, l'Université de Sherbrooke, l'Université du Québec à Chicoutimi, l'UQAM, l'Université du Québec à Trois-Rivières, l'Université du Québec en Outaouais, l'Université Laval, l'Université McGill et la TÉLUQ.

 

Les défis à relever quotidiennement pour assurer l'acceptation et la consolidation des études féministes dans les universités québécoises restent de taille. Pour certaines chercheuses, il s'agit de trouver des moyens pour sortir de l'isolement, alors que pour d'autres, le défi est davantage d'intégrer une perspective féministe dans leur programme de recherche et d'enseignement ou encore de surmonter le scepticisme environnant, face aux inégalités de sexe et au féminisme. Pour toutes, néanmoins, s'impose le besoin de structurer le champ des études féministes afin d'en fédérer l'expertise, d'en assurer la contribution au développement des connaissances et d'en consolider la légitimité scientifique, tout en augmentant sa portée sociale et son rayonnement. C'est la mission dont s'est doté le RéQEF.

Un réseau interuniversitaire, interdisciplinaire et interrégional
Ce regroupement stratégique se veut interuniversitaire, interdisciplinaire mais également interrégional. Réunissant des chercheur-es des quatre coins du Québec, professeur-es, chercheur-es, collaboratrices des groupes de femmes ou étudiant-es, le RéQEF souhaite mettre de l'avant des pratiques déterritorialisées en vue de favoriser le rayonnement des études féministes sur l'ensemble du territoire québécois, tout comme il projette de stimuler le développement d'échanges et de collaborations avec des chercheur-es aux niveaux national et international.

Eléonore LépinardUn réseau pour soutenir les étudiantes
Une préoccupation centrale du RéQEF tient également dans la formation à et par la recherche, dans une perspective de transfert intergénérationnel. Le Réseau accueille donc des étudiant-es de 2e ou 3e cycle, de même que des postdoctorantes. Afin de favoriser la mobilité internationale de ses membres doctorant-es, le RéQEF offre d'ailleurs 15 000 $ sous forme de bourses pour la réalisation de stages à l'étranger.

Une vocation « Rapprochement recherche-société »
Le RéQEF comprend également des collaboratrices issues des groupes de femmes, tels la Fédération des femmes du Québec, Relais-Femmes, l'Alliance des maisons d'hébergement de la Gaspésie, Le Centre de documentation sur l'éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF), l'Escale pour Elle, l'R des centres de femmes du Québec, la Table des groupes de femmes de Montréal et le Y des femmes.

La présence de ces groupes s'explique certes par les liens historiques que le mouvement des femmes entretient avec les études féministes, mais elle s'inscrit également dans les orientations du programme d'infrastructure du FRSC dont le RéQEF tire son financement, grâce à une initiative de l'actuelle directrice Francine Descarries, professeure en sociologie à l'UQAM. Nul doute que la présence de collaboratrices œuvrant au sein de fédérations, d'organismes et de groupes féministes favorisera une « culture de co-construction » des savoirs entre les universitaires et les praticiennes.

Un calendrier d'activités à surveiller
Le RéQEF organisera différentes activités dans les mois et les années à venir, notamment dans le cadre de l'ACFAS et du 6e Congrès international en études féministes. Il est aussi prévu d'établir une cartographie actualisée de la recherche féministe au Québec et de faire le point sur les acquis, les défis et les enjeux auxquels sont confrontées les études féministes aujourd'hui.

La question même de l'égalité des sexes commande un nécessaire travail collectif pour en renouveler la compréhension et développer diverses propositions analytiques et stratégiques. Le champ des études féministes au Québec a la chance d'avoir des chercheuses universitaires qui sont très actives dans leur domaine d'études respectif; ne leur manque que la convergence de ces forces, ce que permettra le RéQEF, nouvel acteur dans le milieu scientifique et dans le mouvement féministe. Longue vie !

Renseignements :
Sandrine Ricci, coordonnatrice
RéQEF
514 987-3000 poste 5133
ricci.sandrine@uqam.ca