50 ans à penser et façonner le droit public québécois et canadien

Paul Gérin-Lajoie, Pierre Elliott Trudeau, Jean Beetz, Georges?Émile Lapalme et Guy Rocher ont tous au moins une chose en commun : ils ont tous participé à la création et au développement du Centre de recherche en droit public (CRDP) de l'UdeM, qui célèbre ses 50 ans cette année. Fondé à l'initiative du gouvernement Lesage afin de soutenir l'édification d'un Québec moderne, le CRDP, d'abord dédié au droit constitutionnel et administratif, touche aujourd'hui à l'ensemble des enjeux de société allant de la bioéthique à la communication virtuelle.

 

En 1962, à l'aube d'une révolution qu'on a dite « tranquille », le ministre de la Jeunesse du Québec, Paul Gérin-Lajoie, définissant le droit public comme « la science du bon gouvernement », émet le vœu que les hommes politiques puissent se nourrir des recherches effectuées au CRDP. La somme de 50 000 $ versée par le gouvernement du Québec s'ajoutant à un fonds spécial de l'UdeM a permis que l'Institut de recherche en droit public de l'UdeM, devenu Centre de recherche en 1971, puisse voir le jour.

Le 26 février 1962, six jours après le premier vol américain en orbite dans l'espace, Maximilien Caron, Frank R. Scott, Georges?Émile Lapalme, Lucien Tremblay et maints représentants de la magistrature, du barreau, du monde universitaire et de la fonction publique étaient présents pour l'inauguration du premier centre de recherche en droit du Canada. Jean Beetz, qui plus tard fut nommé juge à la Cour suprême, en a été le premier directeur. C'est aujourd'hui le professeur de droit Karim Benyekhlef qui en est à la tête.

Dans les années 70 et 80, la définition du droit public s'élargit et ses formes se multiplient. L'interdisciplinarité, véritablement introduite sous la direction novatrice d'Andrée Lajoie qui invite le sociologue Guy Rocher à devenir le premier chercheur non juriste du CRDP en 1979, contribue à faire l'originalité et les lettres de noblesse du CRDP. Plusieurs ouvrages clés dans le développement de la pensée juridique au Québec y sont publiés, tels Le Droit québécois de l'eau (Guy Lord, dir. 1977) et Le droit à l'information : émergence, reconnaissance, mise en œuvre (Pierre Trudel et al.), pour ne nommer que ceux-ci. Puis, au cours des années 1980, la venue de nouveaux chercheurs favorise la productivité et le CRDP s'organise autour de trois axes relatifs aux domaines de la santé, de l'information et de la théorie.

« Cinq décennies après sa naissance, le CRDP est le plus important rassemblement de chercheurs dans le domaine juridique au Québec et au Canada, souligne son directeur, Karim Benyekhlef.  En ses murs, divers acteurs du Québec contemporain se sont penchés sur des thèmes cruciaux, allant des réformes constitutionnelles à la cyberjustice, en passant par les peuples autochtones et les biotechnologies, la gestion des ressources énergétiques, le réchauffement climatique, l'essor des technologies de l'information et la vie privée, la protection des données personnelles et le droit d'auteur. »

Les plus récentes expertises en développement
Les avancées des deux dernières décennies dans le domaine des technologies de l'information ont aussi eu un impact sur le droit, la justice et la démocratie. Pour mieux saisir cet impact, des recherches sur le thème État de droit et virtualité seront menées par Karim Benyekhlef et Pierre Trudel et aboutiront à la publication d'un ouvrage en 2009. D'autres recherches de ces chercheurs donneront lieu à la création du Laboratoire de cyberjustice et à la construction du Cyber-tribunal, salle multifonctionnelle permettant des modélisations uniques au monde.

Pour leur part, les enjeux liés à la biotechnologie se multiplient. Les recherches en génétique humaine, notamment sur les cellules souches embryonnaires, soulèvent de nombreuses questions éthiques, particulièrement quant à l'utilisation de l'ADN, aux greffes et au clonage humains. Ces questions intéressant l'ensemble de la planète, des chercheurs du CRDP se regroupent avec des collègues d'autres pays en créant une série de partenariats, réseaux et lieux d'échange. La base de données HUMGEN en est un bon exemple.

En 2012, le Centre compte quinze chercheurs réguliers, dont six chaires de recherche, trente?deux chercheurs associés, quatre chercheurs postdoctoraux, plus d'une trentaine de collaborateurs et une centaine d'étudiantes et d'étudiants à tous les cycles d'étude. Ces derniers, attirés par l'originalité des recherches conduites au Centre poursuivent les leurs et innovent à leur tour. Ainsi contribuent?ils à assurer la pérennité du CRDP. Encore aujourd'hui, et depuis 50 ans, toujours tournés vers l'avenir, les membres du Centre cherchent... et trouvent.

Sur le Web :

Pour information :
Julie Gazaille
Attachée de presse
Université de Montréal
514 343-6796