Quand l'épuisement frappe...

  • Forum
  • Le 2 avril 2012

  • Marie Lambert-Chan

Avez-vous l'impression de travailler de plus en plus tout en produisant de moins en moins? Vous sentez-vous irritable, nerveux, cynique? Éprouvez-vous souvent une tristesse inexpliquée? Souffrez-vous davantage de maux physiques comme des tensions ou des problèmes de digestion? Vous fatiguez-vous plus facilement?

Si vous avez répondu oui à toutes ces questions, c'est que vous êtes sans doute victime d'épuisement. Le syndrome d'épuisement professionnel n'est pas qu'une maladie de travailleurs. Elle touche aussi les étudiants, qui sont particulièrement à risque en raison de leur rythme de vie effréné.

«L'épuisement est un déséquilibre entre les ressources internes et externes d'une personne et la pression que cette dernière vit au quotidien. C'est comme si votre sonnette d'alarme était constamment tirée. Cela signifie que vous subissez surtout du mauvais stress, ce qui fait que vous n'êtes plus en mesure de prendre du recul par rapport à votre vie», résume Christiane Viens, conseillère d'orientation au Centre étudiant de soutien à la réussite de l'Université de Montréal.

Certaines personnes sont plus à risque que d'autres. «Les individus perfectionnistes, ambitieux, très exigeants envers eux-mêmes, qui ont un grand besoin de contrôle, des objectifs élevés, une faible estime d'eux-mêmes, qui éprouvent de la difficulté à dire non et à lâcher prise sont en effet prédisposés à l'épuisement», énumère-t-elle.

Comment contrer et prévenir l'épuisement

Des facteurs à la fois internes et externes nourrissent l'épuisement. Les reconnaitre vous aidera à rétablir un équilibre dans votre vie.

Révisez d'abord votre horaire afin d'éviter la surcharge. Cernez les moments où vous souhaitez vraiment concentrer vos énergies et sachez vous arrêter quand vous n'êtes plus capable de poursuivre; autrement, cela crée une pression indue. C'est un cercle vicieux: plus on est stressé, plus on a de la difficulté à jeter du lest, ajoute Christiane Viens.

Retrouvez le plaisir d'étudier et ne mesurez pas votre réussite uniquement à l'obtention de bonnes notes. «C'est moche de faire un travail où l'on ne trouve aucune valorisation. Il vous faut mettre un accent plus grand sur le processus que sur le résultat. Vous en tirerez davantage de satisfaction», croit-elle.

Soyez en harmonie avec vous-même: apprenez à mieux connaitre vos habiletés, vos aptitudes, vos champs d'intérêt, de même que vos limites. «C'est aussi l'occasion de vous demander si votre discipline correspond vraiment à ce que vous voulez faire», indique Mme Viens.

Augmentez votre résistance au stress en faisant de l'activité physique régulièrement, en ayant une bonne alimentation et en dormant suffisamment. Accordez-vous aussi des moments de détente. «Essayez l'exercice suivant: chaque semaine, prévoyez deux périodes de 15 minutes où vous ne ferez rien, suggère-t-elle. Pas de lecture, pas de télévision, pas d'ordinateur, pas de sport. Rien. Ce n'est pas facile. Au début, vous aurez l'impression de perdre votre temps. En fait, c'est un moyen d'arrêter temporairement le tourbillon de votre vie pour mieux vous retrouver. Prenez ces quelques minutes pour faire le point. Qu'est-ce qui est important pour vous et qu'est-ce qui vous apporte le plus de plaisir? Est-ce votre famille, vos amis, le travail, les voyages, le sport? Ces éléments sont-ils présents dans votre vie? Est-il temps de leur redonner leur juste place?» Christiane Viens recommande aussi de bannir de votre vocabulaire les expressions «il faut que» et «je dois», qui engendrent une pression inutile.

Enfin, sachez vous entourer de personnes de confiance. «Un réseau solide vous aidera à vous en sortir en vous offrant le regard extérieur que vous n'êtes plus en mesure d'avoir sur votre propre vie», affirme-t-elle.

Si aucun de ces trucs ne fonctionne et qu'une extrême fatigue persiste, il est temps de consulter un médecin, un psychologue ou un conseiller d'orientation.

(Illustration: Benoît Gougeon)