Boom de stages en science politique

Le Malawi était au nombre des destinations récentes où effectuer un stage.De Kandahar à Ho Chi Minh-Ville en passant par Mascouche, les étudiants du Département de science politique sillonnent le globe pour faire des stages. Le 29 mars dernier, une dizaine d'anciens stagiaires partageaient leur vécu avec des étudiants désireux de suivre leurs traces à l'occasion d'une table ronde et d'un cocktail au Carrefour des arts et des sciences du pavillon Lionel-Groulx.

 

La possibilité d'acquérir pendant ses études une expérience dans le monde professionnel existe déjà depuis plus de 30 ans dans les différents programmes gérés par le Département de science politique. Avant 2003-2004, on proposait environ une vingtaine de stages par année. Depuis huit ans, il y a un véritable boom: le département enregistre une moyenne de 160 stages annuellement.

Les stages peuvent durer de un à quatre mois et s'étirer à la demande des étudiants. Plus du tiers d'entre eux partent à l'étranger. Et les destinations sont éclectiques: Malawi, Vanuatu, Togo... Plusieurs étudiants décident par ailleurs d'effectuer leur stage au Québec, peu au Canada.

«À peu près la moitié des étudiants à la maitrise choisissent de participer à un stage, explique Guillermo R. Aureano, coordonnateur des stages au Département de science politique. Beaucoup optent pour le programme MAPI, c'est-à-dire la maitrise avec stage en affaires publiques et internationales. Mais même au baccalauréat, l'intérêt pour les stages ne se dément pas parce que c'est ce qui permet de briser le cercle vicieux du “pas d'expérience, pas d'emploi”.» Les étudiants ont des mandats extrêmement divers selon les stages. Il y a du journalisme, de la gestion de projet, de la diplomatie... Peu importe la nature du stage, il donne à l'étudiant la chance de prendre une décision éclairée quant à la suite de son parcours, selon M. Aureano: «Éclairée, c'est le mot clé. On les incite à tester leurs champs d'intérêt au cours du stage. Sur le plan professionnel, c'est toujours un gain. Si ça leur a plu, ils peuvent plonger. Sinon, ils ont une meilleure idée de ce qu'ils veulent faire.»

Engagé durant l'année universitaire 2003-2004, le coordonnateur note que cette popularité reflète surtout la demande pour des programmes avec une orientation professionnelle, même dans les disciplines des sciences humaines: «Il n'y a pas une tradition forte de stages dans ce secteur. La concurrence entre les universités pour convaincre les entreprises de prendre des stagiaires est féroce. Il y a encore un énorme travail de débroussaillage à accomplir. »

Charlotte Biron
Collaboration spéciale

 

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