Une maitrise de l'UdeM en gestion de la santé pour 45 Haïtiens

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  • Le 9 avril 2012

  • Paule Des Rivières

L'accès aux soins de santé reste problématique dans plusieurs régions du pays.Quarante-cinq médecins, infirmières et gestionnaires haïtiens ont reçu, le 24 mars dernier à Port-au-Prince, leur diplôme de maitrise de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal au terme d'une formation donnée entièrement dans leur pays.

 

L'émouvante cérémonie de collation des grades, qui a été le point d'orgue de ce parcours scolaire, est une étape de plus dans la collaboration que l'Université de Montréal et l'Université d'État d'Haïti entretiennent et renforcent depuis 2000.

Les deux établissements ont en effet signé plusieurs ententes de coopération et, comme l'a souligné la vice-rectrice aux affaires internationales, à la Francophonie et aux partenariats institutionnels, Hélène David, qui a assisté à la cérémonie, de nombreux autres projets sont en cours d'élaboration, témoignant de l'indéfectible engagement de l'UdeM dans ce pays.

«Ce diplôme s'inscrit dans un vaste projet de soutien à la formation en Haïti», a résumé Mme David.

La collaboration est rendue possible, du côté canadien, grâce à l'Unité de santé internationale (USI) et au Département d'administration de la santé de la Faculté de médecine. Ainsi, 220 personnes ont obtenu un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en gestion de la santé, et cette formation est aujourd'hui totalement transférée à l'Université d'État d'Haïti.

Le directeur de l'USI, Lucien Albert, est particulièrement fier de dire que 90 % de ces diplômés travaillent à présent en Haïti.

Les défis, évidemment, sont considérables, incluant, entre autres, l'attraction et la rétention des médecins dans les zones rurales, la planification des mesures sanitaires, les modes de rémunération des effectifs, l'amélioration des urgences, l'accès aux soins dans certains milieux éloignés et, dans l'ensemble, la gestion des soins dans des univers désorganisés.

L'importance capitale du suivi

D'ailleurs, pour s'assurer que les bonnes habitudes de gestion acquises au fil des cours demeurent, les responsables du DESS gardent un lien avec le nouveau diplômé pendant au moins un an, question de le soutenir afin qu'il soit en mesure d'apporter des changements dans son milieu.

«Le diplômé qui revient dans son milieu de travail se fait parfois regarder comme s'il était un Martien», observe François Champagne, professeur au Département d'administration de la santé et responsable principal de la formation ayant conduit aux 45 diplômes de maitrise.

M. Champagne cite en exemple un nouveau diplômé qui vient d'être nommé directeur général de l'hôpital de Cap-Haïtien, le deuxième en importance au pays. Il a entrepris de transformer substantiellement le processus de gestion des services dans son établissement, mais ses chances de succès seront plus grandes avec le soutien des responsables universitaires.

Bien qu'adaptée au contexte haïtien, la formation est identique à celle donnée à l'UdeM. Elle a été divisée en modules, avec un professeur responsable par module séjournant une semaine par mois en Haïti. Depuis 2000, l'Agence canadienne de développement international apportait son appui financier au programme. Elle a récemment annoncé qu'elle mettait fin à son aide. Mais le directeur de l'USI ira frapper à une autre porte et il reste confiant. Car il n'est pas question d'abandonner.

À la collation des grades, Mme David n'a pas manqué de saluer le courage des nouveaux diplômés qui ont voulu poursuivre leur formation en dépit du monde qui s'écroulait autour d'eux et des deuils qui les affligeaient.

«Cette cérémonie célèbre le sens de l'engagement et du sacrifice dont chacun d'entre vous a fait preuve ces dernières années.»

Paule des Rivières

 

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