L'Acfas tient son 80e congrès à Montréal

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  • Le 16 avril 2012

  • Paule Des Rivières

Pierre Noreau et Monique CormierLe congrès de l'Acfas, véritable festin annuel de la recherche scientifique en français, revêt, pour son 80e anniversaire, une dimension particulière. D'abord par les chiffres: 170 colloques, 1000 communications libres et 100 tables rondes. Ensuite, parce que chacune des 23 universités canadiennes qui y seront représentées fait partie du comité scientifique de la rencontre. Et ça, c'est une première.

 

«La collaboration de tous m'a permis de réaliser à quel point les chercheurs constituent une force considérable», a souligné la présidente du comité scientifique du 80e congrès, Monique Cormier, professeure au Département de linguistique et de traduction de l'Université de Montréal. Le président de l'Acfas, Pierre Noreau, renchérit: «La recherche, c'est la nouvelle richesse des sociétés. C'est un bien social. Elle permet des débats éclairés et, grâce à elle, nous vivons mieux.» Ce congrès de l'Association francophone pour le savoir, avec ses 6000 participants, symbolise à merveille la dissémination du savoir. Et en français.

L'activité, qui se déroulera du 7 au 11 mai prochain, accorde, comme toujours, une belle place aux sciences sociales. Mais de plus en plus, les sciences dites «dures» y font leur chemin de sorte que 110 disciplines sont au programme du rendez-vous de l'Acfas cette année.

«Notre seul critère d'acceptation, c'était la qualité», rappelle Mme Cormier en ajoutant que chaque université avait son «ambassadeur» parti à la recherche de candidatures. Les chercheurs de l'UdeM livreront 685 communications, soit 15 % du total des interventions.

Dialogue intergénérationnel

À chaque congrès, l'Acfas ouvre un peu plus grandes ses portes. Cette année, des chercheurs des ministères y participeront par exemple. Mais c'est surtout l'apport des enseignants des collèges qu'il faut signaler, puisqu'ils auront la responsabilité de sept colloques et qu'une soixantaine de ces professeurs présenteront des communications.

«Les collèges ont élaboré des modèles de transfert dont nous aurions avantage, dans plusieurs cas, à nous inspirer», note le président de l'Acfas.

Le 80e congrès accueillera également 600 chercheurs d'une trentaine de pays, ce qui fait dire à M. Noreau que, «bien que notre communauté de référence reste le Québec, ces chercheurs étrangers entrainent une diversification de nos problématiques, un élargissement de nos horizons».

Pierre Noreau quittera sous peu la présidence de l'Acfas, après quatre années. Il a voulu démythifier la science et la rapprocher des gens. Il a aussi mené une réflexion sur la manière dont les gouvernements investissent dans la recherche. «Nous n'avons jamais nié la nécessité de la recherche appliquée, mais nous croyons qu'il faut tirer parti de tous les champs de recherche.»

Pour M. Noreau comme pour Mme Cormier, l'Acfas fut le lieu où ils firent leur première communication scientifique. Et encore aujourd'hui, le congrès accueille de très nombreux jeunes chercheurs, leur permettant de vivre une première expérience de vulgarisation.

«Souvent leurs professeurs viennent les entendre de sorte que le congrès devient un lieu d'échanges entre les générations. Il faut la préparer, cette relève», dit M. Noreau.

Ce dernier salue au passage une initiative de l'Association des communicateurs scientifiques du Québec, qui déploie un commando de bénévoles formés pour évaluer les communications des jeunes chercheurs. À l'issue de la présentation, le bénévole remet ses commentaires au conférencier, sans plus de manières. Cette démarche de l'Association est grandement appréciée, indique le président de l'Acfas. Dans bien des cas, elle permet de corriger le tir (termes trop obscurs utilisés, présentation graphique imprécise, débit trop rapide, etc.).

En français

L'Acfas, évidemment, c'est aussi la fête du français. «Ça démontre la vitalité de cette langue dans le domaine de la recherche et c'est très encourageant pour les jeunes de savoir qu'il peuvent conceptualiser en français», se réjouit M. Noreau.

Paule des Rivières

 

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