Trois étudiantes sont championnes nationales en ressources humaines

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  • Le 16 avril 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

De gauche à droite: Florent Francœur, de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec; Paul Pelchat, des produits de marque Liberté; Érika Dion; Émilie Genin; Élisabeth Corbeil; Stéphany Beaudry; Martine Drolet, de l’Ordre; et Geneviève Guité, d’Excalibur (Photo: Les Affaires)Depuis deux ans, la clientèle de Louez-en plus (Rent More) est en baisse. L'entreprise spécialisée dans la location de films et de jeux vidéos a eu recours au «repositionnement stratégique» pour éviter la faillite. Mais le plan de redressement n'a pas redonné confiance aux actionnaires et la grogne gagne le personnel. Aux gestionnaires des ressources humaines de trouver des solutions. Et vite!

 

Voilà le cas (fictif) auquel devaient s'attaquer les 25 équipes universitaires canadiennes participantes du concours Excalibur, tenu les 16 et 17 mars dernier dans un hôtel de Montréal et remporté par l'École de relations industrielles (ERI) de l'Université de Montréal. «La première étape s'est bien déroulée et nous avons été sélectionnées pour la finale, relate Érika Dion, membre du trio gagnant avec Stéphany Beaudry et Élisabeth Corbeil. À mesure que le temps passait, le taux d'adrénaline montait. On a tout donné pour récolter les honneurs.»

La performance des Montréalaises, qui leur a valu une bourse de 3000 $, a manifestement plu aux 10 juges venus du milieu professionnel. «C'est leur originalité et la finesse de leur analyse qui ont permis à nos étudiantes de se démarquer», commente Émilie Genin, professeure à l'ERI. Avec la coordonnatrice des stages, Catherine Eggers, Mme Genin a encadré l'équipe depuis la sélection des candidats en janvier dernier jusqu'au moment du concours. Un travail exigeant mais valorisant. «Ce type d'exercice est très formateur. Je suis convaincue que ces trois jeunes femmes ont une belle carrière devant elles», dit Mme Genin.

Le taux de placement des diplômés du baccalauréat est très élevé, soutient-elle. Mais le choix d'Érika Dion est déjà fait: elle poursuivra à la maitrise, histoire de se consacrer davantage à son sujet d'étude.

Comme dans la vie

Lancé par l'Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec, le concours Excalibur existe depuis 26 ans et c'était seulement la deuxième fois en deux décennies que l'Université de Montréal accédait à la plus haute marche du podium, si l'on fait exception des équipes de HEC Montréal qui ont obtenu de bons résultats ces dernières années. «Ça nous fait d'autant plus plaisir que nous étions cette fois-ci la seule école de relations industrielles représentée au concours. Les autres équipes venaient d'écoles de gestion», mentionne Mme Genin. Sur les 25 universités présentes, 9 étaient du Québec.

L'ordre professionnel compte 8500 membres dont la majorité travaillent dans les domaines industriel et commercial et dans les services; 16 % exercent leur métier dans la fonction publique et le secteur parapublic. Il faut être titulaire d'un baccalauréat en gestion des ressources humaines ou en relations industrielles pour accéder à la profession.

Même si plusieurs cours sont communs d'une université à l'autre, les écoles de relations industrielles mettent l'accent sur les relations de travail, la syndicalisation et le droit du travail. Les écoles de gestion insistent davantage sur le marketing, la finance et la gestion.

Pour Mme Genin, les étudiantes de l'ERI se sont particulièrement illustrées en finale. Cette fois, il ne s'agissait pas d'un cas fictif mais d'une véritable entreprise, les yogourts Liberté, qui avait accepté de se prêter au jeu. «Ici, l'employeur n'était pas aux prises avec des problèmes particuliers, mais cherchait des moyens de gérer efficacement ses ressources humaines en pensant aussi à la croissance. Les étudiantes ont eu le réflexe de proposer aux gestionnaires de travailler de concert avec le syndicat de façon à établir des relations durables de confiance avec les employés. C'est une approche que les juges ont bien reçue.»

On pourra bientôt visionner la présentation des étudiantes sur le site du concours.

D'autres performances remarquables

Le directeur de l'École de relations industrielles, Jean Charest, signale que la visibilité «bien méritée» des gagnantes d'Excalibur rejaillit sur l'ERI, qui «tient à les féliciter bien chaleureusement» pour leur performance. C'est une excellente année pour l'UdeM, qui s'est distinguée dans deux autres concours en mars, comme il l'écrit sur le site de l'école.

En effet, Rock Brière, Julie Côté, Nicolas Daignault, Émilie Lefebvre, Pier-Luc Néron et Maxime Paré ont remporté le Concours international de négociation 2012 (catégorie Analyse stratégique), alors que Bianca Bigras, Isabelle Bourassa, Houda Cheddadi, Marie-Gaëlle Lacasse, Manuel Lochard et Youan St-Pierre obtenaient la première place du volet Négociation multipartite. Organisée par l'Université de Montréal, la compétition a attiré une soixantaine de participants de l'ERI et des universités Queen's et de Toronto, en Ontario. L'Université Cornell, aux États-Unis, était également représentée.

Depuis la dernière réforme des programmes de premier cycle de l'ERI, en 2010, la participation aux concours est créditée. Cette approche complète l'effort mis dans la création de stages en milieu professionnel dès la troisième année d'études, visant à faire vivre aux finissants une expérience sur le marché du travail.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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