Trois minutes pour ma thèse

Vous croisez un ami d'enfance sur le trottoir et vous devez résumer le sujet de vos travaux de maitrise ou de doctorat avant l'arrivée de l'autobus. Pas de notes, pas de graphiques, pas de présentation PowerPoint, pas de pointeur laser. Uniquement votre verve pour convaincre votre interlocuteur que votre sujet d'étude est le plus intéressant du monde...

 

Voilà le défi qui attendent la trentaine de finalistes du concours Votre soutenance en 180 secondes, qui croiseront le fer le 7 mai au 80e congrès de l'Acfas. Inspiré de la «3MT» (Three Minutes Thesis Competition) lancée en Australie en 2008, le concours canadien se tient pour la première fois en français au pays, et la plupart des universités québécoises ont répondu à l'invitation. Animée par l'astronome Pierre Chastenay, la finale se déroulera de 12 h à 13 h 30 au Palais des congrès de Montréal. L'entrée est libre.

«Ce concours fait appel à des qualités d'éloquence qui sont rarement abordées formellement dans la formation universitaire», indique Richard Patry, vice-doyen à la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l'Université de Montréal (FESP) et secrétaire de la FESP. À l'université, poursuit-il, on transmet toutes sortes de connaissances, mais les habiletés en communication avec le public figurent rarement dans les objectifs pédagogiques.

«Savoir expliquer des notions complexes en termes simples et compréhensibles n'est pas si facile, reprend M. Patry. Ça demande une bonne capacité de synthèse et de communication, une aptitude professionnelle précieuse de nos jours. De plus, le concours permet aux participants de se faire connaitre dans la communauté scientifique. Nous espérons que nos finalistes remporteront l'épreuve.»

À l'UdeM, sept personnes ont répondu à l'appel de propositions lancé en février dernier et quatre (une de la Faculté de musique et trois de la Faculté des arts et des sciences) prendront part cette semaine aux éliminatoires. On en retiendra deux pour représenter l'établissement, une pour la maitrise et une pour le doctorat. Le jury est formé de quatre membres de la FESP: Marie Marquis, Caroline Renaud, Luc Arsenault et Richard Patry.

Pour une première année, la participation de l'Université est qualifiée de «raisonnable» par le vice-doyen. «L'hésitation de certains étudiants peut être attribuable au fait que ce type de prestation ne contribue pas à étoffer leur dossier de réalisations scientifiques. Mais peut-être qu'après quelques années, ce concours passera dans les mœurs et que les étudiants s'y présenteront en plus grand nombre.»

À l'École Polytechnique, 11 étudiants des cycles supérieurs participeront aux éliminatoires. Le concours, sous la supervision de Thomas Gervais, professeur au Département de génie physique, est devenu une activité publique, puisque la communauté est invitée à assister aux présentations devant jury et des prix de 350 $ seront remis aux deux gagnants de Polytechnique. Un prix du public, d'une valeur équivalente, sera également offert. Le tout a lieu le 18 avril, à 15 h, à la salle 1035 du pavillon J.-Armand-Bombardier. «Nous croyons beaucoup à cette activité, qui permet aux jeunes chercheurs de vivre une expérience concrète de communication scientifique. Nous espérons en faire un concours annuel.»

M.-R.S.

 

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