Création d'un guide de premiers soins pour les chiens du Nunavik

  • Forum
  • Le 23 avril 2012

  • Marie Lambert-Chan

Les chiens font partie de la famille au Nunavik. (Photo: Sylvie Ricard)Au Nunavik, on trouve quantité de chiens, qu'ils soient de traineau, de compagnie ou errants... mais aucun vétérinaire en poste de façon permanente! «Cela pose un problème principalement pour les soins de santé animale, la vaccination et le contrôle des populations canines», déclare Andréanne Cléroux.

 

Pour remédier à cette situation, le Groupe international vétérinaire (GIV) de l'Université de Montréal a donné le mandat à cette étudiante en médecine vétérinaire de concevoir un guide de premiers soins pour les chiens du Nord du Québec. Cette initiative fait partie du Projet d'appui en santé publique vétérinaire et en santé animale au Nunavik, qui a débuté en 2008 par la création d'un service-conseil vétérinaire à distance.

«Nous avons voulu élaborer un guide qui fournirait des outils de base aux propriétaires d'animaux afin qu'ils puissent leur prodiguer des soins en attendant de communiquer avec le service-conseil ou de recevoir une réponse d'un vétérinaire du Centre hospitalier universitaire vétérinaire», explique Andréanne Cléroux.

L'année dernière, elle a consacré un mois à la rédaction de ce guide avant de s'envoler pour le Nunavik. Pendant une semaine, elle a présenté une version préliminaire de son travail à plusieurs habitants de la ville de Kuujjuaq. Elle était accompagnée d'Emaly Bibeau Jonas, une cégépienne, qui traduisait en français les propos tenus en inuktitut. «Grâce à leurs commentaires, j'ai pu retravailler le guide pour le rendre plus simple, concis et facile d'utilisation», mentionne celle qui a été supervisée par les Dres Denise Bélanger, Cécile Aenishaenslin et Josiane Houle.

Le défi, note-t-elle, était de produire un manuel qui s'adresserait autant aux individus peu familiarisés avec les soins en santé animale qu'à ceux qui possèdent déjà des connaissances plus pointues, comme les conducteurs de chiens de traineau. «Les meneurs de chiens sont très bons pour reconnaitre et traiter toutes sortes de conditions médicales», remarque l'étudiante.

Photos: Andréanne Cléroux.Avec photos à l'appui, le guide aborde donc autant la fréquence de vaccination, l'administration de médicaments et les soins aux nouveau-nés que la stérilisation, les zoonoses, les fractures et les méthodes de bandage.

Andréanne Cléroux a aussi constitué une trousse de premiers soins en rassemblant le matériel nécessaire pour donner les soins décrits dans le manuel. «Pour le moment, il n'y a qu'une seule trousse disponible au centre de recherche de la Société Makivik à Kuujjuaq. L'objectif est d'en distribuer une à chacune des 14 communautés du Nunavik.»

En juin prochain, l'étudiante se rendra une fois de plus au nord du 55e parallèle pour remettre une copie de la version officielle du guide aux propriétaires de chiens de Kuujjuaq. Elle fera de même dans les communautés de Quaqtaq et de Puvirnituq, en plus d'y apporter une trousse de premiers soins. «Nous évaluerons l'utilisation qu'en font les résidants et nous verrons par la suite comment nous procèderons pour les autres villages, dit-elle. J'espère que notre travail sensibilisera les habitants de cette région aux problématiques de santé publique vétérinaire et de santé animale et que nos outils les encourageront à en faire un peu plus.»

Andréanne Cléroux a organisé une séance de vaccination qui a  suscité beaucoup d’intérêt. L’opération fut un grand succès, puisque 120  chiens y ont été vaccinés en un après-midi. Ainsi que 2 chats. (Photo:  Bruno Girard)Campagne de vaccination

La rage est l'une des difficultés souvent soulevées au Nunavik. «C'est un problème endémique. On rapporte des cas chaque année», fait remarquer Andréanne Cléroux. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) visite les communautés de la baie d'Hudson et de la baie d'Ungava annuellement pour y tenir des campagnes de vaccination. On y offre des vaccins de base et antirabiques. Des vaccinateurs locaux sont aussi présents le reste de l'année. «Il y a encore place à l'amélioration, mais il faut reconnaitre que la vaccination est plus répandue qu'avant», affirme l'étudiante.

Elle en a eu la preuve au cours de son séjour. À l'invitation du MAPAQ, elle a organisé une clinique de vaccination qui, à sa grande surprise, a attiré des dizaines de gens. «Nous avons vu 120 chiens et 2 chats en un après-midi! relate-t-elle, encore étonnée. Les enfants se penchaient par-dessus nos épaules pour observer notre travail et tous avaient une histoire à nous raconter.»

Cette expérience fut «extrêmement gratifiante» pour l'étudiante. «J'aimerais continuer à travailler dans ces communautés. Je pourrais me rendre là-bas de façon ponctuelle pour participer à des cliniques de vaccination ou d'autres projets axés sur la santé animale et publique.»

Marie Lambert-Chan

Si vous souhaitez faire un don pour aider le projet du GIV au Nunavik, vous pouvez écrire à nunavik-giv@medvet.umontreal.ca.

 

Voir le clip

Sur le Web

À lire aussi