Chimie verte : effort local, tendance mondiale

  • Forum
  • Le 7 mai 2012

  • Marie Lambert-Chan

André B. Charette«La chimie verte est une priorité mondiale. Tous les chimistes qui élaborent de nouvelles réactions cherchent toujours à le faire de la manière la plus efficace possible», déclare André B. Charette, professeur de chimie à l'Université de Montréal et codirecteur du Centre en chimie verte et catalyse (CCVC) du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies.

 

Développement durable oblige, le domaine de la chimie verte est en pleine ébullition, ce qu'illustre le programme d'un important colloque qui se tiendra sur le sujet au 80e Congrès de l'Acfas. La quarantaine de chercheurs du CCVC ainsi que quelques sommités internationales y seront réunis pour discuter d'approches innovantes visant à réduire les répercussions environnementales de la chimie: la conception de solvants écologiques, l'élaboration de nouvelles réactions catalytiques homogènes, la mise au point d'outils pour la synthèse moléculaire verte, etc.

«Nous tentons de créer des transformations chimiques qui n'engendreront pas de sous-produits toxiques, et qui ultimement n'en formeront pas du tout, qui impliqueront des solvants compatibles avec l'environnement et qui seront très rentables sur le plan énergétique», résume le professeur Charette.

Il donne en exemple les réactions de fonctionnalisation directe de liaisons C-H, un procédé «qui a énormément de potentiel» et sur lequel travaille notamment l'un des chercheurs invités au colloque, Pierre Dixneuf, «un leadeur mondial en catalyse et en chimie verte», signale M. Charette.

«Traditionnellement, les réactions de couplage de deux molécules organiques nécessitent un ancrage entre celles-ci, explique-t-il. Une fois que la réaction est faite, cet ancrage est libéré dans le milieu réactionnel. On crée alors des sous-produits de bore, d'étain, de silicium ou de zinc. Les réactions de fonctionnalisation directe de liaisons C-H permettent ce même type de couplage mais sans ancrage.»

Améliorer l'industrie de la chimie verte

Le Québec est reconnu comme le chef de file en chimie verte au Canada. Mais il souffrirait dans ce secteur d'un manque de vision d'ensemble. Michel Lachance, directeur de la branche des bioproduits industriels et technologies vertes du Centre québécois de valorisation des biotechnologies, en discutera lors de la première journée du colloque.

M. Charette croit par ailleurs que les relations entre les universités et les entreprises sont à améliorer. «La plupart des industries ne savent pas ce qui se fait en recherche dans le milieu universitaire et, inversement, les universitaires ignorent les besoins des industries québécoises. Notre colloque contribuera, je l'espère, à bâtir des ponts entre ces deux sphères.»

Marie Lambert-Chan

 

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