Comment bien vous préparer à l'examen de synthèse?

  • Forum
  • Le 7 mai 2012

  • Marie Lambert-Chan

Avant d'amorcer la rédaction de leur thèse, tous les doctorants doivent passer l'examen de synthèse. Cette épreuve est source d'inquiétude pour plusieurs étudiants.

«Ils ont l'impression de s'embarquer dans quelque chose qui leur est inconnu et craignent donc de ne pas réussir l'examen, observe Josée Sabourin, psychologue en aide à l'apprentissage au Centre étudiant de soutien à la réussite (CESAR) de l'Université de Montréal. Cette épreuve est longue et exigeante, mais elle n'est pas si éloignée d'autres examens que les étudiants ont déjà passés. Et ils ont un an ou deux pour s'y préparer.»

Cet examen a deux buts : s'assurer que le candidat maitrise suffisamment les connaissances générales liées à sa discipline et évaluer la pertinence et la faisabilité de son projet de recherche, ainsi que son degré d'avancement.

Le déroulement de l'examen peut varier. Informez-vous des modalités auprès de votre directeur de recherche. «Habituellement, il y a deux parties. La première vise les connaissances générales et le candidat s'en acquitte à partir d'une liste de lecture ou de questions soumises préalablement. La seconde partie se concentre sur le projet de recherche et implique la rédaction d'un texte assez étoffé», explique Richard Patry, vice-doyen et secrétaire de la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP).

Le tout sera évalué par un jury de trois professeurs, dont fait partie le directeur de recherche. Un examen oral peut suivre l'épreuve écrite. «Le candidat présentera son projet au jury qui lui posera des questions. Certaines porteront sur la discipline dans son ensemble, d'autres sur les réponses écrites reçues et le projet de thèse», indique Marie Marquis, vice-doyenne à la FESP.

Quelques trucs pour bien s'en sortir

Gérez votre anxiété en dédramatisant cette épreuve. «Votre formation est construite pour vous amener naturellement à cette étape, fait remarquer Dania Ramirez, coordonnatrice du Secteur soutien à l'apprentissage du CESAR. Un étudiant qui prend au sérieux ses études, qui participe à ses séminaires et qui fait des lectures pertinentes ne devrait pas angoisser.»

Selon Richard Patry, le directeur de recherche joue un rôle important dans cette préparation. «Il doit expliquer clairement à son étudiant les critères d'évaluation de chacune des épreuves et le but de l'examen en général, et veiller à ce que le candidat se donne une cadence raisonnable de préparation.»

Vous aurez avantage à adopter une bonne hygiène de vie. «Dormez suffisamment, nourrissez-vous bien et faites de l'exercice», recommande Josée Sabourin.

«Prévoyez le temps nécessaire pour bien répondre aux questions écrites sans traiter le sujet de manière superficielle, conseille pour sa part Marie Marquis. Soumettez un document bien rédigé et structuré, et surtout sans fautes.»

Quant à l'examen oral, Mme Sabourin propose de procéder à des simulations pour diminuer son stress. «Aussi, informez-vous si vous pouvez apporter papier et crayon et si vous disposez d'un temps de réflexion. Vous pourrez profiter de ce moment pour élaborer un miniplan de réponse.»

Une autre façon de vous donner quelques minutes pour bien exprimer votre pensée est de reformuler la question posée. «Vous vous assurez par la même occasion d'avoir bien compris ce qu'on vous demande», mentionne Dania Ramirez.

Ne manifestez pas de l'impatience ou de l'arrogance pendant l'exposé. «Si vous êtes très nerveux, dites-le et poursuivez, ajoute Marie Marquis. Soyez ouvert aux commentaires et à la critique.»

Enfin, sachez que la majorité des étudiants réussissent l'examen de synthèse. «Le jury peut ajourner l'examen pour une période maximale de six mois s'il considère que des aspects de la prestation sont trop faibles, informe Richard Patry. Pour que le candidat échoue à l'examen de synthèse, il faut que le jury ait la conviction que même ce délai n'apporterait pas une amélioration suffisante pour permettre la réussite de l'examen. Cela peut arriver, mais c'est rare.»

(Illustration: Benoît Gougeon.)