Regards croisés sur la réussite scolaire des élèves issus de groupes minoritaires

  • Forum
  • Le 7 mai 2012

  • Marie Lambert-Chan

En matière d'immigration, il n'y a pas de «one-size-fits-all», a rappelé Mme Mc Andrews. (photo : iStockphoto)Le Groupe de recherche Immigration, équité et scolarisation tiendra sa deuxième activité d'envergure à l'occasion du 80e Congrès de l'Acfas. Le colloque réunira des chercheurs d'ici et d'ailleurs pour discuter principalement de la réussite scolaire des élèves issus de l'immigration, un aspect fondamental de leur intégration à la société d'accueil que se veut le Québec.

 

Comme le soulignent les responsables de la rencontre, la professeure Marie Mc Andrew et la postdoctorante Geneviève Audet, de l'Université de Montréal, «si l'insertion dans le marché du travail représente la priorité chez les immigrants adultes, le succès du même projet migratoire repose souvent, à plus long terme, sur la qualité de la relation que leurs enfants sont capables d'établir avec le système scolaire et surtout sur les avantages qu'ils en tirent».

«Nous souhaitons déconstruire le stéréotype général entourant les immigrants et explorer de façon plus précise ce que vit chaque groupe. Nous avons tendance à oublier qu'en matière d'intervention auprès des immigrants il n'y a pas de one-size-fits-all! Par ailleurs, le débat sur la réussite scolaire est très avancé au Québec, mais la réalité immigrante ne semble toujours pas en faire partie», poursuit Mme Mc Andrew, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l'éducation et les rapports ethniques.

Mmes Audet et Mc AndrewDans la première partie du colloque, les chercheurs invités mettront en commun les résultats d'études quantitatives et qualitatives menées sur le sujet au cours des dernières années. Marie Mc Andrew, en collaboration avec le postdoctorant Alhassane Balde, présentera une méta-analyse des données tirées de 15 recherches quantitatives. «De façon générale, on constate que les élèves issus de l'immigration de première et de deuxième génération ont un taux de diplomation inférieur à ceux de troisième génération et plus, donne en exemple la professeure. En décortiquant ces résultats, on se rend compte que ce sont les élèves de première génération qui ont une diplomation plus faible, alors que la deuxième génération a un profil aussi favorable, sinon plus, que la troisième génération. Et la diplomation varie d'un groupe à l'autre: les individus d'Europe de l'Est et de l'Asie du Sud-Est ont un profil très positif alors que ceux qui viennent des Antilles et de l'Asie du Sud ont davantage de problèmes.»

La deuxième partie du colloque portera sur les relations entre l'école, la famille et la communauté. «Notre thème est la réussite scolaire, mais il y a aussi toute la réussite éducative qui importe et cela peut s'incarner ailleurs qu'à l'école, note Geneviève Audet. Prenons les milieux communautaires, que les chercheurs qualifient souvent de “lieux de réparation de l'expérience scolaire”. Plusieurs organismes collaborent aujourd'hui avec les écoles et ils sont devenus des zones de médiation pour l'élève qui doit satisfaire les attentes du système scolaire et celles de sa famille. Et ces dernières y trouvent aussi de l'aide.»

Les Flamands, les Suisses et les autochtones

Le colloque proposera en troisième lieu d'analyser la réussite scolaire des élèves issus de l'immigration en Flandres et en Suisse. «Le modèle d'immigration dans ces sociétés est différent du nôtre, mais nous avons des points en commun, entre autres notre dynamique sociolinguistique complexe, d'où l'intérêt d'introduire une perspective comparative dans nos discussions», explique Marie Mc Andrew.

Finalement, un dernier panel abordera la question de la réussite scolaire des jeunes autochtones, une question délicate mais essentielle aux yeux de la professeure. «On ne peut ignorer les différences fondamentales entre les autochtones et les groupes issus de l'immigration, observe-t-elle. Mais les chercheurs qui se penchent sur la réussite éducative des groupes minoritaires d'ici ou issus de l'immigration ont intérêt à accentuer leurs échanges. Ainsi on pourra explorer diverses solutions aux problèmes criants vécus par certains élèves à risque élevé d'échec scolaire.»

Marie Lambert-Chan

 

Sur le Web