La recherche est désormais incontournable en sciences infirmières

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  • Le 21 mai 2012

  • Paule Des Rivières

Mme Girard a souligné à quel point la recherche contribuait à améliorer la pratique des infirmières, présentes et futures.Le message est clair. La recherche est devenue incontournable dans  la formation des infirmières. Elle seule garantira que ces professionnelles exerceront le leadeurship qu'elles réclament. Et elle seule fera évoluer en profondeur les connaissances de la discipline.

 

«La recherche est essentielle. Mais n'oublions pas qu'il doit y avoir transfert de connaissances. Trop de travaux finissent sur les tablettes à ramasser la poussière», a prévenu la doyenne de la Faculté des sciences infirmières (FSI) de l'Université de Montréal, Francine Girard, en ajoutant que «toutes nos recherches doivent produire des résultats». Mme Girard a pris la parole au début du colloque Alice-Girard de la faculté, qui s'est tenu au campus de l'UdeM à Laval et qui a attiré plus de 300 personnes. L'activité, annuelle, revêtait une signification toute spéciale, puisqu'elle marquait aussi le 50e anniversaire de la FSI. Un cocktail a d'ailleurs souligné cet important anniversaire.

Toute la journée, différentes conférencières ont fait écho à l'importance de rendre accessibles les résultats de recherche. Une étudiante, Véronique Dubé, a même lancé l'idée d'une «courtière de connaissances» qui serait chargée de faire rayonner la recherche dans les milieux cliniques.

Hélène Lefebvre, animatrice du colloque et vice-doyenne à la recherche et au développement international à la faculté, est elle-même une pionnière de la recherche à la FSI. Elle a fait observer que depuis quelques années les infirmières sont vivement encouragées à s'interroger sur leurs pratiques et à les remettre en question, si cela s'avère pertinent, en entreprenant une recherche, souvent avec d'autres.

«Nous essayons d'inclure les infirmières qui sont au chevet des malades. Nous les aidons à définir une problématique et à discuter. La recherche fait donc partie de la formation mais aussi des milieux cliniques», a résumé Mme Lefebvre. Les thèmes privilégiés? Les infirmières s'interrogent sur les meilleures approches personnalisées auprès des jeunes familles, des personnes âgées et de patients aux prises avec des maladies chroniques.

Si l'on veut que la recherche prenne un véritable envol, il faut, selon l'étudiante Véronique Dubé, qu'elle devienne indispensable.

«Je souhaite que personne ne puisse se passer de la recherche parce qu'elle donne un sens au travail et permet de l'améliorer. Elle nous aidera à passer des hôpitaux à la communauté.»

Car de gros changements pointent à l'horizon: si, actuellement, 70 % des infirmières travaillent en milieu hospitalier, dans moins de 10 ans, ce seront 75 % d'entre elles qui travailleront dans la collectivité, par exemple à domicile.

En fait, si la profession a considérablement évolué au fil des 50 dernières années, tous s'entendent pour dire que les changements sont loin d'être terminés et que la formation continuera d'être de plus en plus exigeante. «Tout le monde comprend que le niveau de formation sera haussé, car les patients vivent des situations de plus en plus complexes», a indiqué Nathalie Pellerin, étudiante à la maitrise. Elle faisait partie d'un groupe d'étudiantes qui se sont demandé quelles seraient la pratique et la formation des infirmières au cours des 50 prochaines années. En visioconférence, des infirmières et des étudiantes suisses donnaient aussi leur vision du métier.

Des deux côtés de l'Atlantique, on s'accorde à dire que la technologie aura une influence significative sur l'accès aux soins et l'on appelle de tous ses vœux une plus grande collaboration entre les différents acteurs du système de santé.

Paule des Rivières

 

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