L'évolution des infirmières est intimement liée au mouvement féministe

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  • Le 21 mai 2012

  • Marie Lambert-Chan

(Photo: Archives des Sœurs grises de Montréal)Au 19e siècle, la pratique infirmière était considérée comme un prolongement des fonctions de la femme au foyer: soins entourant la maternité, réconfort des malades et don de soi. Mais cette définition ne satisfaisait pas les infirmières. Elles voulaient recevoir une formation spécialisée. Et elles l'ont obtenue: les infirmières ont été les premières femmes à fréquenter l'université au Québec et ailleurs dans le monde.

 

«Si l'Université de Montréal possède une faculté des sciences infirmières, c'est grâce à la détermination de nombreuses femmes», estime Jacinthe Pepin, professeure et directrice du Centre d'innovation en formation infirmière. Elle a cosigné l'ouvrage Les sciences infirmières: genèse d'une discipline avec Yolande Cohen, Esther Lamontagne et André Duquette.

Cette brèche dans le monde universitaire n'aurait pu être ouverte, ajoute-t-elle, sans les femmes avant-gardistes et les plus féministes de l'époque qu'étaient les Sœurs grises. «L'éducation supérieure et l'initiation aux sciences étaient capitales à leurs yeux», explique Mme Pepin.

Elles ont reçu une formation aux États-Unis et, dès les années 20, elles ont donné des cours universitaires en soins infirmiers à Montréal. En 1934, les Sœurs grises fondent l'Institut Marguerite-D'Youville, qui sera affilié deux ans plus tard à l'UdeM.

On trouve leurs protégées surtout en milieu hospitalier. Les religieuses prônaient alors une vision humaniste de la discipline infirmière. «L'infirmière prenait soin du corps, surveillait les symptômes physiologiques, mais veillait aussi sur l'âme du malade», mentionne la spécialiste.

En 1962 sera fondée la Faculté de nursing, qui changera de nom 15 ans plus tard pour devenir la faculté que nous connaissons aujourd'hui. C'est Alice Girard, première doyenne à l'UdeM, qui prendra la tête de la nouvelle unité. À la suite d'un important don de sa part, la faculté a créé une bourse postdoctorale qui porte son nom.

Marie Lambert-Chan

 

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Une médaille pour les Sœurs grises

Le 8 novembre prochain, à l'occasion de la collation des grades de la faculté, sœur Jacqueline St-Yves, supérieure de la congrégation des Sœurs de la charité de Montréal, mieux connue sous le nom de Sœurs grises, recevra la médaille de l'Université de Montréal au nom de la congrégation. Celle-ci a fondé en 1934 l'institut Marguerite-D'Youville, première école supérieure francophone pour infirmières, qui sera affilié à l'UdeM deux ans plus tard. La faculté souhaite ainsi reconnaitre l'importante contribution des Sœurs grises à la formation supérieure des infirmières.  Soeur St-Yves, qui a livré une communication au colloque Alice-Girard, a touché une corde sensible auprès des 300 participants en leur parlant de la détermination des générations passées à faire reconnaître leur travail. Elle a également parlé de la proximité avec le patient dont jouit l'infirmière, proximité qui permettait de saisir les besoins du patients.