L'Institut d'urbanisme célèbre son 50e anniversaire

  • Forum
  • Le 21 mai 2012

  • Daniel Baril

M. Scherrer, Francine Ruest Jutras, mairesse de Drummondville, et Guy Drouin, de la Corporation Rues principales de cette même ville, se sont entendus pour mettre sur pied des ateliers d’aménagement urbain auxquels participeront des étudiants de l’Institut cet été. (Photo: Ghislain Bergeron)Les urbanistes ne sont pas les seuls professionnels à penser le développement urbain, mais ils sont en revanche «les garants à long terme d'un développement durable du territoire», affirme Franck Scherrer, directeur de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal.

 

Cet institut de la Faculté de l'aménagement, le seul dans le monde francophone à offrir deux programmes de formation en urbanisme aux premier et deuxième cycles, célèbre cette année son 50e anniversaire de fondation. À cette occasion, ses professeurs ont été invités à présenter leur vision des enjeux et des défis de l'urbanisme pour les 15 prochaines années, réflexions regroupées dans l'ouvrage collectif Questions d'urbanisme, qui vient de paraitre aux PUM.

Si l'axe prospectif a été préféré au regard historique, ce n'était pas pour jouer aux futurologues. «L'historique de la profession avait été fait au moment du 40e anniversaire et nous voulions montrer que l'Institut est tourné vers l'avenir. Les réflexions sont prospectives mais lucides», précise Franck Scherrer.

Chaque chercheur traite donc des enjeux propres à son champ d'activité, que ce soit les changements législatifs, le vieillissement démographique, la participation citoyenne, la croissance économique, le réchauffement climatique, le transport urbain, la mobilité des citadins, le patrimoine, l'étalement urbain, la ville idéale, etc.

«Dans un monde où les décisions politiques se prennent à court terme, il faut rappeler que les choix d'aujourd'hui déterminent le long terme», souligne le directeur. Cette réalité commande ce qu'il appelle l'«éthique de l'urbaniste», soit une déontologie volontaire faisant place à la fois à l'imagination et à la responsabilisation sociale.

Rassemblement des diplômés

Franck Scherrer entend par ailleurs marquer ce moment clé qu'est le 50e de l'Institut en resserrant les liens avec les diplômés et avec le milieu professionnel. Le coup d'envoi de la création d'un rassemblement des diplômés de l'Institut d'urbanisme a été donné au cours d'une soirée de retrouvailles tenue le 4 mai.

«Nous souhaitons que ce rassemblement favorise l'établissement de relations dynamiques entre l'Institut et le secteur professionnel et soutienne la formation des étudiants en offrant, par exemple, des possibilités de stages en milieu de travail, précise le directeur. Ce regroupement pourrait aussi intervenir dans les débats publics concernant l'urbanisme. Nous comptons en outre inviter les diplômés à participer à un comité de perfectionnement des programmes.»

Relativement à ces objectifs, un sondage a été réalisé l'automne dernier auprès des diplômés du baccalauréat et de la maitrise des cinq dernières promotions afin d'avoir un tableau précis de l'insertion professionnelle de ces diplômés (voir l'encadré pour les résultats).

Urbanisme pratique à Drummondville

Selon le directeur de l'Institut, le contexte actuel est favorable à l'insertion des urbanistes dans les projets de développement municipaux. Il en veut pour preuve l'entente, d'une durée de cinq ans, convenue avec la Ville de Drummondville pour l'organisation d'ateliers d'été s'articulant autour des projets réels d'aménagement urbain entrepris par la municipalité.

Pendant trois semaines en mai et juin, une quinzaine d'étudiants de premier et de deuxième cycle prendront part au premier de ces ateliers crédités qui portera sur la requalification de deux édifices industriels patrimoniaux qui ont joué un rôle majeur dans le développement de la trame urbaine de Drummondville.

«Les responsables municipaux sont très ouverts à cette collaboration et ont une réelle vision à long terme du développement urbain, se réjouit Franck Scherrer. Les propositions de réaménagement peuvent être de tous ordres – implantation d'un musée, d'un centre d'hébergement, d'un centre culturel ou d'un bâtiment à vocation multiple –, mais elles doivent tenir compte de la valeur patrimoniale des lieux et des couts de réalisation. L'atelier se tiendra sur le site même et les étudiants seront hébergés à Drummondville.»

Un colloque figure également au programme des prochaines activités visant à souligner le 50e de l'Institut d'urbanisme. Ce colloque, prévu pour octobre prochain, réunira les diplômés et les chercheurs de l'Institut ainsi que des professionnels de l'urbanisme du Québec et d'ailleurs qui chercheront des solutions pour sortir de la dépendance d'infrastructures héritées. Un doctorat honorifique sera alors remis à l'urbaniste français Gabriel Dupuy.

Daniel Baril

Sous la direction de Gérard Beaudet, Jean-Philippe Meloche et Franck Scherrer, Questions d'urbanisme, Presses de l'Université de Montréal, 2012, 140 p. Illustrations de Michel Barcelo.

 

Sur le Web


 

Insertion professionnelle des urbanistes

L'enquête effectuée auprès des promotions de 2006 à 2010 de l'Institut d'urbanisme a montré que, parmi les 146 répondants de premier et de deuxième cycle, 107 (soit 73 %) sont en situation d'emploi. Les auteurs du rapport soulignent que, si ce chiffre peut paraitre bas, il s'explique en grande partie par le fait que plusieurs diplômés du baccalauréat poursuivaient, au moment du sondage, leurs études à la maitrise.

Le taux de diplômés de deuxième cycle qui ont un emploi atteint pour sa part 86 %, alors que 5 % de ces diplômés continuaient leurs études.

La grande majorité de ceux et celles qui travaillent ont mis moins de quatre mois à trouver un emploi. Un peu plus de la moitié (51 %) des diplômés de premier cycle qui gagnent leur vie dans le domaine le font dans les secteurs municipal et paramunicipal. Ce sont par ailleurs les firmes d'experts-conseils qui sont les principaux employeurs de diplômés de deuxième cycle (28 %), suivies par les secteurs municipal et paramunicipal (22 %). Seulement six diplômés du baccalauréat et quatre de la maitrise occupent des emplois non liés à l'urbanisme.

D.B.