Une clinique de la sècheresse oculaire ouvre ses portes

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  • Le 21 mai 2012

  • Paule Des Rivières

Mme Bitton examine un patient chez qui elle mesurera le degré de sècheresse oculaire. (Photo: Alexis Gagnon)Une clinique de la sècheresse oculaire, rattachée à l'École d'optométrie de l'Université de Montréal, permettra de mieux diagnostiquer la sècheresse de l'œil.

 

«Il était plus que temps d'avoir une telle clinique», souligne, heureuse, sa directrice, Etty Bitton, professeure à l'École d'optométrie et directrice des stages externes. Car ce trouble est de plus en plus fréquent.

L'assiduité devant l'ordinateur, qui entraine une diminution des clignements, peut causer la sècheresse oculaire, tout comme le port de lentilles cornéennes et les allergies.

Or, le premier réflexe qui consiste à se procurer des gouttes pour les yeux en vente libre ne permettra vraisemblablement pas de corriger l'inconfort, qui est réel. Les gouttes ne seront peut-être pas les bonnes. De plus, le patient n'aura pas accès aux nouveaux médicaments et aux nombreux types de larmes artificielles conçues ces dernières années et souvent plus appropriées.

La directrice de la nouvelle clinique estime qu'encore trop de gens considèrent la sècheresse oculaire comme un mal très bénin. Elle rappelle que cette affection peut engendrer des fluctuations dans la vision, dues à une altération des tissus de la cornée, une conjonctivite – une sensation de brulure ou l'impression d'avoir un corps étranger dans l'œil –, l'inflammation des paupières, et tout cela, sans parler de la déception, voire de la déprime qui peuvent apparaitre devant les difficultés grandissantes de vision (lire, conduire, être à l'ordinateur).

«La sècheresse oculaire peut progresser et créer un grand inconfort dans la vie de tous les jours», résume Mme Bitton.

Certaines maladies peuvent provoquer la sècheresse oculaire, notamment l'arthrite rhumatoïde, les problèmes liés à la glande thyroïde, le diabète et l'hypertension. Les femmes ménopausées sont également à risque.

Mme Bitton espère que la nouvelle clinique deviendra un centre de référence pour les optométristes et les ophtalmologistes de la région. Car il s'agit d'une première clinique consacrée à la sècheresse oculaire dans une école d'optométrie en Amérique du Nord.

Un nouvel appareil

Les patients de la clinique bénéficieront d'un nouvel appareil, l'osmomètre, qui permet de mesurer le degré de sècheresse oculaire. «Pour la première fois, nous aurons un chiffre indiquant la concentration du film de larmes, se réjouit Mme Bitton. Et, outre un diagnostic précis, nous aurons une meilleure communication avec le patient, qui pourra suivre son score et voir si le traitement prescrit donne les résultats escomptés, comme c'est le cas pour le cholestérol par exemple.» La clinique de la sècheresse oculaire est aussi dotée d'un appareil intégré à un microscope qui permettra de prendre des photos des tissus oculaires et de les montrer au patient.

La sècheresse oculaire provoque l'évaporation trop rapide du film de larmes, précieuses entre autres en raison des éléments nutritifs (électrolytes, protéines, enzymes) qu'elles contiennent. Le film de larmes a plusieurs couches et plusieurs glandes sont responsables de sa production. Ainsi, la couche la plus antérieure de l'œil recèle de l'huile sécrétée par des glandes se trouvant sur les bords inférieur et supérieur de la paupière. Lorsque les yeux clignent, l'huile qui est sécrétée aide à réduire l'évaporation des larmes. Des recherches récentes ont démontré qu'une dysfonction de ces glandes est une des principales causes de la sècheresse oculaire.

L'ouverture de la nouvelle clinique permettra de tirer profit de ces avancées en matière de sècheresse oculaire. Et elle sera également bénéfique pour les étudiants de l'École d'optométrie, qui auront ainsi l'occasion de se frotter à des diagnostics plus complexes.

Paule des Rivières

 

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