L'UdeM rend hommage à des enseignants exceptionnels

Douze enseignants qui se dépassent continuellement afin de faire progresser leurs étudiants ont reçu, le 25 mai, un prix d'excellence en enseignement. En soulignant ainsi leur contribution, le Vice-rectorat aux études, et tout particulièrement Raymond Lalande, vice-recteur aux études, a voulu rappeler à quel point la formation et l'encadrement des étudiants sont fondamentaux.

 

Et s'il est une chose qui unit les lauréats, issus de domaines parfois très éloignés les uns des autres, c'est une même passion de captiver l'attention des étudiants. Ces enseignants mettent aussi la barre très haut pour leurs étudiants. Et c'est pour cela qu'ils sont appréciés.

Les lauréats sont sélectionnés par un comité que préside le vice-recteur aux études et composé de professeurs et de chargés de cours. Les sommes rattachées aux prix, variant de 1000 à 4000 $, proviennent du Fonds Hydro-Québec, qui fait partie du Fonds de dotation de l'UdeM. Le comité recevra les candidatures pour les prix 2013 dès janvier prochain.

 

Valérie Amiraux
Département de sociologie

«Au moment d'entrer pour la première fois dans une salle de cours pleine à craquer, nous redevenons l'étudiant que nous avons été. Quels étaient nos bons professeurs? Comment parvenaient-ils à nous tenir en haleine?»

Valérie Amiraux semble avoir trouvé les réponses à ces questions à en juger par les évaluations dithyrambiques de ses étudiants, qui s'étonnent, à la fin de leur trimestre, d'avoir autant progressé.

Pourtant, avant son arrivée au Département de sociologie en 2007, Valérie Amiraux n'avait quasiment aucune expérience en enseignement, même si elle possédait un impressionnant bagage dans de nombreuses disciplines, notamment en culture arabe, et affichait une feuille de route enviable en recherche.

Cela ne l'a pas empêchée d'innover, entre autres dans le cours Sociologie urbaine et imaginaires sociaux, pour lequel elle a exigé une analyse critique de la série de fiction télévisée The Wire. Sur un autre plan, elle n'a pas hésité à recourir à des «médiateurs de savoir», des étudiants qui participent aux animations et qui répondent individuellement aux questions de leurs collègues. C'est que son cours de sociologie générale accueille régulièrement 200 personnes!

Les étudiants sont très nombreux à conclure que les cours de Valérie Amiraux sont exceptionnels. Quant à la principale intéressée, l'objectif, dit-elle, reste de donner aux étudiants le gout de la discipline, dans tous les sens du terme.

 

Karim Benkirane
Département de biochimie

Avec Karim Benkirane, le monde intracellulaire devient l'univers d'Alice au pays des merveilles et l'activité catalytique d'une enzyme trouve son sens à l'aide de samouraïs en route pour un long combat. On le voit, l'humour et l'imagination ont leur place dans le cours de biochimie du système digestif de Karim Benkirane. Le professeur n'en est pas moins minutieusement préparé et même ses mises en scène sont soigneusement planifiées.

«Il suffit de traiter de l'aspect pédagogique d'un projet pour rendre fébrile le Dr Benkirane, résume Roger Sanfaçon, biochimiste clinique en chef du département de biochimie de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Son enthousiasme est contagieux.» De fait, sa passion et sa réflexion sur l'enseignement lui valent un rayonnement dans le Canada tout entier.

En plus de ses cours de biochimie et de sciences biomédicales, M. Benkirane est responsable de plusieurs formations continues et stages. «J'essaie de me mettre à la place des étudiants», dit-il modestement.

Une étudiante récente n'est pas près d'oublier celui qu'elle qualifie d'«enseignant parfait». La jeune femme avait repris ses études après une interruption de quatre ans à cause d'une grave maladie­­­­. «J'ai eu 90% pour mon cours, mais au-delà de cette note, cela voulait dire qu'après huit ans de maladie j'avais conservé une partie de mes habiletés.» Or, sans l'appui de M. Benkirane, l'étudiante n'aurait pu y arriver.

 

Jacques Brisson
Département de sciences biologiques

Jacques Brisson a enseigné à plus de 2000 étudiants de premier cycle et dirigé 20 étudiants aux cycles supérieurs. Il a participé à la réforme du baccalauréat en sciences biologiques et plaidé avec succès pour la mise en place d'un cours obligatoire sur l'évolution. Il a aussi travaillé à la définition du DESS en environnement et développement durable. Il est engagé dans le projet SEUR, qui vise à donner le gout des études universitaires à des jeunes du secondaire, et il accueille des étudiants des cégeps en cours d'année.

«Je réalise avec le temps que mon plus grand legs sera d'avoir contribué à l'épanouissement et à la formation de jeunes passionnés par leur travail», dit celui qui fut longtemps chercheur au Jardin botanique de Montréal.

Son directeur de département, Marc Amyot, estime que le lauréat possède des «compétences pédagogiques exceptionnelles» et qu'il est un grand communicateur. Et si Jacques Brisson ne dédaigne pas l'enseignement magistral, il aime conduire ses groupes dans des excursions, notamment pour les stages du cours d'écologie forestière. Il a également donné ces dernières années, outre une partie du cours sur l'évolution, un cours d'écologie végétale et un autre d'écologie des milieux humides.

Les étudiants, dans les évaluations de ses cours, sont nombreux à saluer la qualité de son enseignement. Les mots «passionné» et «génial» ne sont pas rares. Ou encore «Nous allons nous ennuyer de lui!»

 

David Haziza
Département de mathématiques et de statistique

«Il est important d'amener les étudiants à se dépasser.» Voilà la pensée qui pousse David Haziza à innover constamment afin de rendre son enseignement plus motivant, plus pertinent. Et tous les professeurs le savent, le défi n'est pas gagné lorsque plus de 200 paires d'yeux vous regardent.

M. Haziza est statisticien et il donne notamment un cours relatif à l'échantillonnage. La matière peut être passablement aride. D'ailleurs, à son arrivée au département en 2006, il avait remarqué que la statistique souffrait d'être mal connue. Il a donc pris l'initiative d'organiser pendant cinq ans des conférences midi sur le marché du travail prononcées par des statisticiens. Et il suit souvent ses étudiants jusqu'à l'obtention de leur premier emploi.

Dans son enseignement, il recourt abondamment à des exemples concrets et à des thèmes d'actualité pour montrer que la statistique et l'échantillonnage sont partout ou presque. Aussi, il affectionne les notes de cours «à trous», que les étudiants sont appelés à compléter en classe, sur un mode ludique. Le lauréat a d'ailleurs déjà reçu le prix d'excellence en enseignement de la Faculté des arts et des sciences, et la directrice de son département, Véronique Hussin, souligne son importante contribution à la rédaction de matériel didactique de qualité. Il a entre autres écrit quatre recueils de notes de cours.

 

Miguel Chagnon
Département de mathématiques et de statistique

Excellent pédagogue, patient, disponible, passionné. Les étudiants ne tarissent pas d'éloges à l'égard de Miguel Chagnon, qui cumule les charges d'enseignement dans le domaine de la statistique à l'Université de Montréal depuis plusieurs années. Une discipline qui, pourtant, ne soulève guère l'enthousiasme des étudiants. M. Chagnon sait toutefois susciter leur intérêt pour les données, les variables et les probabilités. «Le cours est excellent grâce à la très bonne pédagogie du professeur. Tout le monde se plaint des cours de statistique en général, mais ce cours-là est exceptionnel», souligne d'ailleurs un étudiant.

De l'avis de Véronique Hussin, directrice du Département de mathématiques et de statistique, Miguel Chagnon tire une partie de son succès de son expérience au sein du Service de consultation statistique de l'UdeM, qui l'a embauché il y a plus de 10 ans. «C'est un atout que bien peu de nos professeurs peuvent faire valoir», estime Mme Hussin. Cet emploi lui a permis de travailler sur des projets de recherche issus de disciplines très variées et de connaitre leurs différentes cultures d'application de la statistique. Cela a nourri son approche pédagogique, qui se veut pratique et concrète autant au premier cycle qu'aux cycles supérieurs, et ce, pour le plus grand plaisir des étudiants.

 

Caroline Martel
Département de psychopédagogie et d'andragogie

Caroline Martel est chargée de cours à l'Université de Montréal depuis 2009, où elle enseigne les diverses facettes de l'éducation: interventions psychopédagogiques, environnement éducatif, adaptation de l'intervention éducative à la diversité socioéconomique, ethnique et culturelle des élèves, gestion des conflits de valeurs, communication interculturelle et partenariats école-familles.

Forte d'une connaissance intime du monde scolaire – acquise au cours des dernières années à titre d'enseignante mais aussi de conseillère pédagogique –, Caroline Martel tente de faire profiter ses étudiants de son expérience du terrain. «Ce qui fait la force et l'excellence de mon enseignement, c'est ce riche aller-retour entre le milieu universitaire et le milieu scolaire», juge-t-elle. Cela semble plaire aux étudiants, qui sont nombreux à affirmer que les cours de Mme Martel sont «les plus intéressants de leur baccalauréat».

La chargée de cours croit que les notions de plaisir et d'apprentissage vont de pair. «On peut apprendre dans le plaisir et éprouver du plaisir à apprendre, déclare-t-elle. Étant donné que mes cours s'adressent à de futurs enseignants, j'essaie de promouvoir cette philosophie en prêchant par l'exemple.»

Sa philosophie semble marquer les étudiants, puisqu'ils sont plusieurs à lui écrire bien après avoir obtenu leur diplôme. «C'est toujours une joie de les éclairer!» affirme-t-elle.

 

Jean-Michel Vidal
Département d'anthropologie

Jean-Michel Vidal enseigne l'anthropologie médicale depuis une vingtaine d'années à l'Université de Montréal. «Je me rappelle mes tout premiers cours devant des amphithéâtres bondés et du trac terrible que cette centaine de têtes et le double d'yeux me donnaient. Je me souviens aussi de l'émotion ressentie – et encore aujourd'hui d'ailleurs – lorsque, à la fin d'une session, les étudiants applaudissaient au dernier cours et pour le trimestre passé ensemble.»

Son savoir disciplinaire n'est pas facile à transmettre, car il est fait de concepts parfois ardus qui allient la médecine et la réflexion philosophique qui en est issue. Comment alors capter l'attention des étudiants? En restant simple, en illustrant abondamment la théorie et en ne craignant pas d'exposer son vécu, répond-il. «Mes exemples, je les prends le plus souvent dans ma pratique de médecin ou de chercheur, comme immigré ou comme allophone, ou tout simplement comme citoyen canadien et père de famille. Cette façon de faire me permet une honnêteté intellectuelle pédagogique que les étudiants reconnaissent à tout coup.»

Jean-Michel Vidal se fait un devoir d'enseigner comme il a aimé qu'on lui enseigne, c'est-à-dire en surprenant, en ouvrant l'esprit, en suscitant l'envie d'en savoir plus. Pas étonnant que certains étudiants se disent «inconditionnels de Jean-Michel Vidal»!


 

Silvy Lachance
Département de médecine

Il n'est pas rare que des titulaires de doctorat viennent d'Europe afin de suivre le programme d'études postdoctorales en greffe de cellules hématopoïétiques que la Dre Silvy Lachance a mis sur pied et qui lui vaut un prix du vice-rectorat aux études pour l'innovation pédagogique. La lauréate est professeure de clinique à l'UdeM depuis 2006.

Silvy Lachance travaille au service d'hémato-oncologie de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et, depuis 2008, elle est directrice médicale et administrative du Programme de greffe de cellules hématopoïétiques. Le postdoctorat constitue un ajout à l'expertise déjà mondialement connue de l'établissement hospitalier en matière de greffe de cellules souches.

«La Dre Lachance accomplit un travail extraordinaire, résume la Dre Martine Leblanc, chef du département de médecine de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Et son initiative est en fait un modèle pour la création de programmes d'études postdoctorales de surspécialisation médicale.» En fait, le programme universitaire dont la Dre Lachance est l'artisane a été le premier programme d'études spécialisées reconnu par l'Université de Montréal. Et, confirmation de sa pertinence et de son excellence, il attire des étudiants de Belgique, de France, de Suisse, d'Égypte, des États-Unis et d'ailleurs au Canada.

 

Teresa Visca et Sarah Levy
Faculté des sciences de l'éducation

Teresa Visca et Sarah Levy supervisent les stages au Centre de formation initiale des maitres. Elles ont constaté qu'au-delà des connaissances les futurs enseignants récemment arrivés au pays n'étaient pas outillés pour relever les défis que pose l'école secondaire d'aujourd'hui. Pour combler ce manque, elles ont conçu des ateliers de formation qui leur valent un prix du vice-rectorat aux études pour l'innovation pédagogique.

Ces ateliers, lancés à l'automne 2009, obligatoires mais non crédités, permettent de discuter notamment de valeurs, de croyances, de modes de vie, toutes choses qui ne correspondent à aucune définition claire des manuels. Les discussions permettent aussi d'aborder la gestion de classe et les approches pédagogiques au Québec, deux aspects qui laissent plus d'un nouvel arrivant perplexe. En fait, les deux responsables se sont inspirées des difficultés rencontrées par les enseignants formés ailleurs dans leur stage au Québec.

«Leurs ateliers pourraient servir d'exemple à titre de complément de formation pour une intégration professionnelle réussie dans d'autres domaines d'enseignement», estime Pascale Lefrançois, professeure au Département de didactique de la Faculté des sciences de l'éducation.

 

Laurence Martin
École d'orthophonie et d'audiologie

«Des professeurs comme elle, on en voudrait mille!» Ce commentaire d'un étudiant résume à lui seul l'admiration que suscite le travail de Laurence Martin, lauréate du Prix d'excellence en enseignement aux doctorants et stagiaires postdoctoraux chargés de cours.

Depuis 2009, la doctorante donne deux cours où les étudiants apprennent les fondements de la pratique clinique en audiologie. «Quotidiennement, les audiologistes en exercice font appel aux connaissances et aux habiletés qui sont acquises dans ces cours. Le fait pour l'école d'avoir confié cet enseignement à Mme Martin constitue en soi une très grande marque de reconnaissance des compétences qu'elle a démontrées durant son parcours universitaire», affirme sans détour Tony Leroux, directeur par intérim de l'École d'orthophonie et d'audiologie.

Reconnue pour sa rigueur, sa détermination et sa passion, Laurence Martin est à l'origine de nombreuses initiatives au sein de son unité, dont la conception d'une série de laboratoires précliniques. «Cette nouvelle formule a littéralement révolutionné la manière de concevoir la formation des étudiants en audiologie en contribuant à effacer les frontières, réelles ou perçues, entre les enseignements théorique, pratique et clinique. L'effet sur la qualité de la formation est spectaculaire», déclare M. Leroux, qui supervise les travaux de thèse de Laurence Martin.

 

Guillaume Poliquin
Département de mathématiques et de statistique

Guillaume Poliquin a développé une passion pour la transmission du savoir grâce à une enseignante du secondaire motivée. «Elle a su me donner les outils nécessaires à ma réussite et ranimer ma confiance en mes capacités. C'est à ce moment-là que j'ai compris l'influence énorme qu'un enseignant dévoué pouvait avoir dans la vie d'un élève», raconte celui qui se voit accorder le Prix d'excellence aux auxiliaires d'enseignement.

Une leçon qui a porté ses fruits: les étudiants qui ont bénéficié des conseils de ce démonstrateur en mathématiques sont unanimement dithyrambiques à son endroit. Il est «indispensable, parfait, excellent». Tous lui souhaitent d'obtenir un jour sa titularisation!

La professeure Marlène Frigon louange les qualités de pédagogue de Guillaume Poliquin. «Il réussit à faire en sorte que les étudiants travaillent davantage à réussir leur cours. Il les amène à participer plus activement aux séances d'exercices. C'est tout un défi.»

Pour le doctorant, l'ingrédient indispensable de son succès est la passion. «Si tous les professeurs de maths étaient comme vous, chacun chercherait à obtenir un doctorat en mathématiques», juge un ancien étudiant.

«Lorsqu'un étudiant m'aborde et me dit que ma passion est contagieuse, mon choix d'aller en enseignement des mathématiques prend tout son sens», affirme Guillaume Poliquin.

 

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