Rédiger des cadavres exquis et apprivoiser le subjonctif

Mme Blanchette, avec toute son équipe, guidera les étudiants sur le chemin riche mais semé d’embuches de la connaissance du français.Vous voulez vous régaler de quelques cadavres exquis, cette forme de poésie surréaliste qui allie la fantaisie intellectuelle et la création littéraire? Vous éprouvez des difficultés à accorder vos participes passés de forme pronominale? Peu importe la raison, le Centre de communication écrite (CCE) est à fréquenter.

 

Chargé d’appliquer la Politique de la maitrise de la langue française dans les études de l’Université de Montréal, adoptée en 2001, le CCE va beaucoup plus loin, organisant chaque année de multiples activités d’écriture et de perfectionnement.

À partir du 17 octobre, des ateliers offerts aux étudiants porteront sur les outils généraux, la rédaction ou la création. «Ces ateliers gratuits d’environ deux heures sont toujours très populaires», explique Anne Blanchette, nommée responsable du CCE à l’automne 2011 en remplacement de Lorraine Camerlain, qui le dirigeait depuis sa création, en 2001. Savoir se relire, se corriger; Ordonner ses idées selon le texte et le contexte; Décoder le parler québécois; Apprivoiser le subjonctif… tels sont les titres de quelques-uns des ateliers. Le Centre met aussi l’accent sur l’autoformation, notamment en proposant plusieurs exercices sur son site Web.

Le CCE diffusera cet automne sur son site de nouvelles capsules linguistiques grâce à une subvention obtenue du Secrétariat à la politique linguistique du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Celles-ci seront aussi publiées dans Forum.

L’année qui commence marque un nouveau départ pour le Centre, qui inaugure à cette rentrée des locaux fraichement aménagés au pavillon J.-A.-DeSève. Ça sent le neuf au quatrième étage du pavillon, qui abrite aussi, entre autres, le Service de l’admission et du recrutement, le Registrariat et le Service des activités culturelles. «C’est ici que nous tiendrons nos activités, puisque nous sommes regroupés désormais avec le Centre étudiant de soutien à la réussite des Services aux étudiants», dit Mme Blanchette.

C’est dans ces locaux que les tuteurs du Centre d’aide en français rencontrent les étudiants qui s’y inscrivent. Environ 90 étudiants profitent chaque année de ce service inspiré d’une initiative collégiale et mis sur pied par le CCE en 2002. «Chaque tuteur s’engage pour six rencontres d’une heure. Cela permet une forme très personnalisée d’apprentissage», précise Mme Blanchette. Les couts sont raisonnables: 25$ au premier cycle, 50 $ aux cycles supérieurs.

Le CCE poursuivra ses activités annuelles comme la Francofête, en mars prochain. Dictée, soirées de contes et d’improvisation, conférences, concours d’écriture et de bandes dessinées seront encore au menu. Chaque année, on profite de cette semaine du français pour découvrir des auteurs et explorer de nouvelles formes de communication écrite, la «twittérature» par exemple.

On aime le français

Avant de diriger le Centre de communication écrite, Mme Blanchette y a travaillé pendant plusieurs années auprès des étudiants dont le français n’est pas la langue maternelle. Le CCE, rappelle-t-elle, compte un volet plus administratif, soit la gestion des tests et épreuves jugés nécessaires pour évaluer la connaissance et la maitrise du français des candidats. Elle croit que cette langue est réputée difficile, mais que les gens aiment à l’apprendre. «Il me semble que la qualité du français s’améliore dans notre société, qui lit et écrit plus que jamais», indique cette diplômée du baccalauréat et de la maitrise en littérature française.

Son souhait est de voir l’ensemble des facultés exiger une connaissance supérieure de la langue. Actuellement, des seuils minimaux permettent à des gens dont la maitrise du français n’est pas optimale de pouvoir entreprendre leurs études.

M.-R.S.

 

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