Quand l'informatique tombe en panne

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  • Le 6 septembre 2012

Pierre SarrazinPierre Sarrazin n'oubliera pas de sitôt les derniers jours du mois d'aout. «Une véritable catastrophe, a résumé l'homme à la tête de la Direction générale des technologies de l'information et de la communication (DGTIC) jeudi dernier. Nous commençons à respirer.»

 

Dès l'interruption abrupte des services, pendant que la communauté de l'UdeM prenait graduellement connaissance de cette panne des systèmes informatiques, les experts de la DGTIC, et aussi ceux de ses fournisseurs, se mobilisaient et déployaient des efforts extraordinaires afin que le retour à la normale se fasse le plus vite possible. Des employés qui étaient en camping ont plié bagage dans l'urgence et sont rentrés au travail afin de participer au diagnostic puis à la remise en état des systèmes. «Les gens sont excessivement engagés envers l'Université. Et ils sont très compétents. C'est très fort», souligne M. Sarrazin.

La cause exacte de cette panne n'est pas encore déterminée. Ce que l'on sait, c'est qu'à la suite d'une alerte au feu, qui s'est révélée fausse, et des interventions qui en ont découlé, tous les circuits d'alimentation électrique de la salle des serveurs ont été coupés brusquement. Tous les systèmes sont tombés. Les systèmes d'alimentation électrique d'urgence ont également été coupés par le système de gestion des alarmes, qui a la priorité pour des raisons de sécurité.

Une fois l'étendue de la panne comprise, l'équipe de la DGTIC a établi un ordre de remise en état des différentes composantes électromécaniques et technologiques. Les priorités de remise en service des systèmes ont été rapidement confirmées avec la direction de l'Université. D'abord le courriel et le système académique DAA, puis StudiUM, le site Web principal de l'établissement, Synchro Ressources humaines, etc.

Aussi, le Bureau des communications et des relations publiques de l'Université s'est mobilisé afin d'assurer une communication d'urgence, en utilisant le site Web institutionnel de relève ainsi que les réseaux sociaux.

La panne, on le sait, est survenue à un bien mauvais moment, puisque le 27 aout était jour de rentrée pour des milliers d'étudiants. Le bureau du registraire, en collaboration avec les différentes facultés concernées, a publié le plus rapidement possible les horaires et les salles de cours sur le site Web de relève. De plus, du personnel a été posté à l'entrée de chaque pavillon afin de fournir aux étudiants l'information qui, le cas échéant, leur manquerait.

M. Sarrazin rappelle d'ailleurs que si la panne a coïncidé avec la rentrée, c'est un pur hasard. «Il y a eu des rentrées difficiles sur le plan de l'informatique dans le passé, mais depuis l'automne 2011 tout se passait très bien. J'espère donc que personne n'associera les problèmes à la gestion de la rentrée», souligne-t-il.

Par ailleurs, M. Sarrazin n'a pu s'empêcher de déplorer des propos accusateurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux et qui provenaient de membres de la communauté. «Mon équipe travaille jour et nuit, elle est dévouée et très compétente. Les gens ont été blessés par certains commentaires. C'est complètement contreproductif dans une telle situation.»

Des travaux qui ont porté leurs fruits

Lors de cette panne, l'Université a pu tirer profit de la modernisation de ses technologies, entreprise il y a deux ans et qui se poursuit actuellement. Ainsi, le réseau de télécommunication, filaire et sans fil, qui permet entre autres l'accès à Internet de même que la téléphonie a été maintenu. En outre, depuis le début de l'été, un nouveau système assurant la prise de copies de sauvegarde des données a été mis en place. «Ça a été un gros plus. L'ancien système avait ses limites, dit M. Sarrazin. La sauvegarde des copies est une priorité. L'information, c'est ce qu'il faut d'abord protéger. Les dossiers étudiants, par exemple, c'est primordial.»

Un troisième volet de la modernisation est en cours: l'installation d'une salle de relève informatique au campus de l'UdeM à Laval, qui devrait être terminée d'ici la fin de l'année et qui réduira considérablement l'impact d'une panne telle que celle qui est survenue la semaine dernière. «Même si cette salle de relève n'est pas achevée, nous avons utilisé certaines composantes technologiques qui sont déjà en place pour nous permettre de rétablir les services au plus vite.»

«C'est un projet majeur de rehaussement de notre infrastructure informatique, conclut M. Sarrazin. Il reste quelques étapes à franchir, mais je peux vous assurer que nous serons encore plus forts au terme de cet épisode.»

P.d.R.

 

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