Tomates, cerises et miel sont récoltés sur les toits de l'UdeM

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  • Le 4 septembre 2012

Plus de 70 jeunes inscrits à des camps de jour avec Les amis de la montagne sont venus s'initier à l'agriculture urbaine sur les toits du campus au cours de l'été. «Ils ont été particulièrement impressionnés par nos abeilles. Plusieurs n'avaient jamais vu de ruches, encore moins gouté à du miel directement récolté sur les rayons», explique Alexandre Beaudoin, conseiller à la biodiversité au Vice-rectorat aux affaires étudiantes et au développement durable.

 

Les huit groupes de jeunes de 8 à 12 ans reçus durant des séances de trois heures ne sont pas les seuls à avoir été invités à découvrir la PAUSE, l'acronyme de Production agricole urbaine soutenable et écologique, implantée en 2011 par quatre étudiants du diplôme d'études supérieures spécialisées en développement durable de l'Université de Montréal qui touche à l'agriculture en bacs, l'apiculture, la myciculture et la sensibilisation et l'éducation. En plus des visiteurs des 24 heures de science au mois de mai, plusieurs membres de la communauté universitaire ont pu gouter aux légumes et fruits cultivés sur les terrains vacants du campus montréalais.

Avec des dizaines de bénévoles, Alexandre Beaudoin a lancé ou relancé plusieurs projets entamés l'an dernier. Le potager, qui a doublé de superficie avec 56 bacs, s'est enrichi de nouvelles variétés (tomatilles, maïs, courges) et l'on a laissé tomber les semences qui avaient déçu, comme les légumes-racines (carottes et radis). Et, bonne nouvelle, on a ramassé les premiers champignons cultivés. «Les pleurotes en forme d'huitre sont apparus, mais c'est une nouvelle espèce, le pleurote de l'orme, qui a causé la surprise. On en a cueilli trois kilos dès cette première année», signale le jeune homme.

Le miel a aussi agréablement surpris l'apiculteur. On en a récolté jusqu'à présent 50 litres dans les 10 ruches disposées au-dessus du pavillon de la Direction des immeubles. L'an dernier, la production avait été limitée à une vingtaine de litres dans deux ruches. L'objectif pour 2012 est de 100 litres. L'équipe a entrepris la mise en pots; plus de 300 ont déjà été encapsulés.

Du côté des déceptions, une infection fongique a décimé les cucurbitacées. Le melon de Montréal, qu'on espérait revoir pousser sur les flancs du mont Royal, attendra donc une année de plus.

Mon gazon pour un jardin

Parmi les innovations, un partenariat avec l'écoquartier de Côte-des-Neiges a permis la conversion du terrain d'une résidante du quartier, Louise Pilon, en un potager urbain. Mme Pilon a vu son espace gazonné se transformer en un jardin sans avoir à payer la main-d'œuvre. Un projet pilote qui a été couronné de succès, selon Alexandre Beaudoin. Et aucune contravention n'a été donnée par la municipalité. À la différence de Drummondville, qui a fait parler d'elle durant l'été pour avoir appliqué une directive controversée sur l'interdiction de posséder un potager en façade, Outremont semble apprécier la production locale...

Le volume de légumes produits par le groupe d'agriculteurs urbains sur le campus montréalais demeure trop faible pour permettre l'approvisionnement des Services alimentaires, mais la production est de très bonne qualité même sans utilisation de pesticides ou d'engrais chimiques. «Pour pouvoir produire un volume suffisant afin de répondre aux besoins des cafés, nous devrions multiplier par quatre l'espace cultivé. Nous n'en sommes pas encore là», fait remarquer Alexandre Beaudoin.

«Nous sommes très heureux de voir se développer l'agriculture urbaine à l'Université de Montréal, signale le coordonnateur au développement durable, Stéphane Béranger. Tous les participants sont passionnés et la réussite du projet le démontre bien. Nous faisons beaucoup dans un espace restreint et avec de nombreuses contraintes, nous sommes constamment poussés à l'efficience.»

Les universités montréalaises se tournent de plus en plus vers ce créneau. Alexandre Beaudoin a participé à la création d'une association d'apiculteurs urbains, Miel Montréal, qui regroupe 14 producteurs. Le réseau échange de l'information et fait de la sensibilisation auprès du public.

Flora, Cybèle, Badabum et Cabum sont les noms des reines-abeilles nées dans les ruches de l'Université de Montréal. Ces noms ont été retenus à la suite d'un concours lancé en juin dernier. Les gagnants ont reçu un pot de miel.

M.-R.S.


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