Gestionnaire de talents

  • Forum
  • Le 24 septembre 2012

  • Daniel Baril

Sandra GagnonBien du monde lui envierait son titre, qui pourrait être celui d'un imprésario: Sandra Gagnon, en poste depuis le printemps dernier à la Direction des ressources humaines (DRH) de l'UdeM, est directrice de la gestion des talents et de la diversité.

 

Mais détrompez-vous: elle n'a pas pour fonction de faire éclore les talents artistiques de la communauté universitaire mais plutôt de recruter du personnel talentueux qui sache répondre aux exigences et attentes d'un poste précis. Un directeur ou une directrice de la gestion des talents, c'est ce qu'on appelle encore parfois un directeur de dotation ou un directeur du recrutement, termes de moins en moins utilisés dans le milieu.

«Mon poste inclut trois fonctions, explique Sandra Gagnon. Il y a d'abord le volet acquisition, qui correspond au recrutement du personnel, puis le développement organisationnel et la planification de la relève qui en découle et enfin le perfectionnement offert aux employés.»

Ce poste est le résultat de la fusion de deux fonctions qui étaient auparavant remplies par deux cadres, soit le recrutement et le développement. Le volet diversité recoupe quant à lui les tâches liées à l'accès à l'égalité, tant pour les femmes que pour les groupes ethniques.

Pénurie et virage

«Il y a actuellement une pénurie de main-d'œuvre et le recrutement ne peut plus passer par une simple annonce dans les journaux, suivie de la réception des CV, comme cela se faisait il n'y a pas si longtemps, affirme Sandra Gagnon. Dans certains secteurs comme l'informatique, le recrutement pose tout un défi. On ne peut plus faire les choses comme avant; il faut maintenant aller au-devant des employés et chaque type de poste demande une stratégie particulière.»

C'est en fait un véritable virage qui est en train de s'effectuer dans le processus de recrutement du personnel. Pour les postes de techniciens et d'employés de bureau, la gestionnaire de talents mise par exemple sur des ententes de partenariat avec les collèges afin qu'ils lui envoient des finissants qui, après avoir suivi un stage, pourront être embauchés.

Les médias sociaux sont un autre outil dont il faut savoir tirer profit, notamment LinkedIn pour les cadres et professionnels. «Et ce n'est pas tout de savoir les attirer; il faut aussi savoir les retenir», déclare la directrice.

Même si le milieu universitaire comporte sa part de complexité avec ses associations professionnelles, ses syndicats et sa culture institutionnelle, Mme Gagnon espère pouvoir contribuer à l'amélioration du service qui l'emploie et lui faire prendre le virage qui s'impose. «Il y a tellement à faire et tellement de beaux projets à livrer», déclare-t-elle.

Une vingtaine d'employés sont sous sa direction, soit des conseillers, des analystes, des techniciens, des concepteurs pédagogiques et des employés de bureau.

Être socialement utile

Diplômée en administration de l'UQAC et de l'UQAM, Sandra Gagnon a travaillé pendant 11 ans en recrutement et perfectionnement de personnel pour le compte du Casino de Montréal, qui emploie pas moins de 3500 personnes.

«J'y ai passé de belles années, mais j'avais le gout de travailler pour une organisation dont la mission sociale est vouée à la formation de la relève», mentionne-t-elle pour expliquer ce qui l'a amenée à l'Université de Montréal.

Après six mois à la DRH, elle a sans doute montré qu'elle avait le talent nécessaire pour diriger la gestion des talents.

Daniel Baril