L'Université renforce sa présence dans Parc-Extension

  • Forum
  • Le 24 septembre 2012

  • Paule Des Rivières

Au Québec, 16 % des enfants ont des difficultés d'apprentissage ou d'adaptation ou sont aux prises avec un handicap. Il n'a pas encore vu le jour, mais il suscite déjà un grand engouement. De quoi s'agit-il? Du centre de soutien en orthopédagogie que la Faculté des sciences de l'éducation (FSE) ouvrira l'an prochain dans l'arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

 

«Cet arrondissement est le plus défavorisé du Québec et possiblement du Canada. Il constitue le point d'arrivée des immigrants et 50 % de ses résidants déménagent tous les cinq ans. De nombreux enfants ont besoin d'aide et nous sommes impatients de nous mettre au travail», souligne la marraine du projet, Louise Poirier, doyenne de la FSE.

Mme Poirier, qui ne fait jamais les choses à moitié, est aussi membre du conseil d'administration du CSSS de la Montagne, qui englobe le quartier Parc-Extension ; elle représente en outre le secteur de l'éducation au sein de la Corporation de développement économique communautaire Centre-Nord.

«Ce quartier sera notre nouveau voisin quand le campus de l'UdeM à Outremont ouvrira ses portes. Je trouve naturel de vouloir connaitre ses voisins», dit-elle. D'ailleurs, l'établissement de ce centre, dont l'emplacement n'est pas encore été arrêté, viendra renforcer une présence déjà sentie dans ce secteur, notamment avec la clinique d'audiologie et d'orthophonie située au 7077, avenue du Parc, dans un bâtiment qui abrite également l'École d'orthophonie et d'audiologie.

Du côté de la FSE, les astres semblent alignés pour un engagement citoyen. Les professeurs de cette unité ont acquis une expertise en enseignement en milieu défavorisé et pluriethnique. Or, comme on le sait, la proportion d'élèves aux prises avec des difficultés d'apprentissage ou un handicap est en hausse. Elle est passée de 13 à 16 % au Québec au cours des six dernières années. Le personnel des écoles est incapable de répondre à la demande. Et dans les familles qui ne peuvent consulter un orthopédagogue en cabinet privé, l'absence de soutien peut provoquer chez l'enfant un retard scolaire et une grande démotivation.

Le nouveau centre pourra accueillir chaque année quelque 50 enfants (mais aussi des étudiants adultes) et chacun pourra bénéficier de 10 séances avec une intervenante, «toujours la même». Il constituera un lieu de recherche mais aussi de formation à la fois pour les étudiants à la maitrise en orthopédagogie et pour ceux au baccalauréat en adaptation scolaire. Qu'ils observent ou, éventuellement, interviennent, les futurs enseignants auront ainsi la chance de se confronter à la réalité dans un environnement supervisé et, ainsi, de minimiser le choc ultérieur de l'atterrissage subit dans la classe. Le nouveau centre pourrait recevoir ses premiers enfants cet hiver et ouvrir officiellement à l'automne 2013.

«Il y a un véritable besoin en matière de difficultés d'apprentissage», indique Mme Poirier, elle-même spécialiste de la didactique des mathématiques. Son expertise l'a déjà conduite dans le Grand-Nord auprès des Inuits, mais aussi au Sénégal. Elle ne délaisse toutefois pas le Québec pour autant: en juin dernier, elle a répondu présente à la demande d'un groupe d'enseignants de maternelle du quartier Parc-Extension désireux de mieux soutenir leurs élèves. Pour les mathématiques, Mme Poirier a conçu des stratégies d'apprentissage novatrices et prometteuses.

Mme Poirier est donc parfaitement familiarisée avec le langage de l'orthopédagogie. Mais elle ne néglige pas les aspects pratiques du futur centre, comme... l'argent. Normalement, une consultation auprès d'un orthopédagogue peut couter de 60 à 70 $ l'heure. Mme Poirier espère demander 35$ l'heure. Pour réussir ce tour de force, elle compte sur la philanthropie, qui pourrait lui permettre d'accueillir tous les enfants sans distinction.

Paule des Rivières

 

Sur le Web