Création d'une maitrise en épidémiologie

  • Forum
  • Le 29 octobre 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

Pour M. Chouinard, les problèmes d'adaptation scolaire sont un défi exigeant pour les enseignants.La Faculté de médecine de l'Université de Montréal offrira un programme de maitrise en épidémiologie qui formera des experts appelés à travailler dans les universités, des agences gouvernementales, des milieux d'intervention et l'industrie. Il vise des professionnels de la santé – médecins de famille, spécialistes, infirmières et autres – souhaitant parfaire leur formation par des connaissances plus étendues en épidémiologie.

 

Ainsi en ont décidé les membres de la Commission des études à leur rencontre du 16 octobre. Les responsables de cette maitrise ont fait valoir qu'aux États-Unis les principales écoles de santé publique offrent ce type de formation. Au Canada, une douzaine d'universités offrent des formations de deuxième cycle en épidémiologie, dont deux au Québec (Université McGill et Université Laval). La maitrise de l'UdeM sera la seule en français à Montréal.

L'Université compte une forte concentration de professeurs et de chercheurs regroupés dans son école de santé publique. Elle entretient également des partenariats avec la Direction de la santé publique de Montréal-Centre, les centres de santé et de services sociaux de l'île et l'Institut national de santé publique du Québec. Avec 30 professeurs sur le campus et plus de 60 professeurs de clinique, le Département de médecine sociale et préventive est un leadeur de la formation en santé publique, comme l'a rappelé Louise Potvin, la directrice intérimaire, venue présenter le projet à la Commission. «Ce programme fournit l'occasion à l'UdeM de faire valoir son excellence dans le domaine», a-t-elle dit.

Nouvelles clientèles scolaires

À la Faculté des sciences de l'éducation (FSE), on ouvrira dès l'hiver prochain les portes d'une nouvelle série de programmes d'études supérieures destinés à former les enseignants en fonction des clientèles scolaires présentant des besoins particuliers. «Près de 25 000 élèves des écoles publiques, dont la moitié sont inscrits au primaire, reçoivent des services éducatifs complémentaires relativement à des difficultés d'adaptation et à des troubles du comportement, a indiqué le vice-recteur adjoint aux études supérieures et doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales, Roch Chouinard, en reprenant le document soumis par la FSE. Les problèmes d'adaptation et les troubles du comportement à l'école représentent l'un des défis éducatifs les plus exigeants pour les enseignants et une importante problématique pour notre société. Ces élèves sont en effet beaucoup plus à risque de mettre fin à leurs études avant l'obtention d'un diplôme d'études secondaires, d'être expulsés de leur classe puis de l'école.»

Deux nouveaux microprogrammes («Élèves handicapés» et «Élèves en difficulté d'adaptation et de comportement») verront le jour pour répondre aux attentes du personnel scolaire et des étudiants qui terminent leur formation. Dans un contexte où ces élèves sont de plus en plus intégrés dans des classes ordinaires, le besoin de formation est croissant. Les finissants pourront ensuite s'inscrire aux cycles supérieurs en orthopédagogie. D'ailleurs, ce thème sera mieux intégré à la maitrise et au DESS ainsi qu'aux microprogrammes en didactique.

Criminologie et démographie

En collaboration avec l'Université de Lausanne, l'École de criminologie créera une concentration Criminalistique et information. «Cette collaboration a pour but de mettre en commun deux champs d'expertise distincts et néanmoins complémentaires, la criminalistique et la criminologie, par l'entremise de la notion d'information comme vecteur de savoir et de renseignement sur le phénomène criminel», peut-on lire dans le descriptif. Formé de cours existants et de 13 cours à élaborer, principalement en Suisse, la nouvelle concentration prévoit des échanges d'étudiants entre les deux établissements.

La différence entre la criminologie et la criminalistique est précisée: alors que la première est «l'étude des caractéristiques des délinquants et des victimes, ainsi que des diverses composantes du système pénal (police, justice et domaine carcéral)», la criminalistique (ou forensique) consiste en «l'étude des traces laissées par une activité criminelle ou litigieuse en ayant recours principalement aux sciences de la nature».

La concentration sera d'abord réservée aux étudiants titulaires d'un baccalauréat universitaire en sciences forensiques de l'Université de Lausanne et aux titulaires d'un baccalauréat en criminologie ou en sécurité et études policières de l'Université de Montréal. Elle s'adresse à des étudiants désireux de travailler dans les domaines policier et de la sécurité et à ceux qui souhaitent entrer dans un secteur de recherche qui intègre les deux disciplines en vue de poursuivre leurs travaux dans les milieux professionnels ou au doctorat. On prévoit accueillir, chaque année, de 14 à 16 étudiants.

Le Département de démographie propose de son côté une reformulation de son offre de programmes au deuxième cycle. Dès l'automne 2013, il y aura création d'une modalité avec stage à la maitrise en démographie, suivant ce qui se fait dans d'autres programmes à l'Université de Montréal et ailleurs au Canada. On pourra choisir une formule avec ou sans mémoire.

La Commission des études a adopté un DESS en démographie visant deux objectifs: élargir la clientèle étudiante aux cycles supérieurs en démographie en rendant l'offre de formation plus polyvalente et améliorer le taux de réussite des étudiants dans les programmes de deuxième cycle. Le DESS est composé essentiellement de cours existants.

Journalisme et petite enfance

Pour mettre à jour sa formation en journalisme, la Faculté de l'éducation permanente a voulu prendre en considération la «profonde mutation» de la profession survenue à la suite des changements technologiques des dernières années. Le doyen Christian Blanchette a mentionné que cette modification majeure s'est faite en consultation avec des journalistes en exercice.

Le responsable du certificat, Robert Maltais, a ajouté qu'après 10 ans une mise à jour s'imposait. Radio, télé, Web, presse écrite, réseaux sociaux, participation citoyenne sont des éléments qui ont transformé la pratique. Cinq cours ont été ajoutés dont l'un, obligatoire, porte sur la déontologie. «Il importe que les journalistes soient polyvalents. Ils doivent être artisans et techniciens. Un journaliste, c'est un étudiant permanent», a-t-il dit.

Enfin, le Certificat en petite enfance et famille: intervention précoce subira lui aussi une cure de rajeunissement. Depuis sa création en 1997, beaucoup de choses ont changé. «La modification au programme veut conférer à ce programme une structure renouvelée qui porte principalement sur l'acquisition des connaissances fondamentales et le développement des compétences professionnelles permettant d'œuvrer efficacement dans le milieu professionnel d'appartenance, tant sur les plans de l'éducation, de la prévention et de l'intervention précoce auprès des tout-petits», peut-on lire dans le document de présentation.

Accueillie favorablement, la formation proposée tient compte des exigences professionnelles du travail multidisciplinaire et prévoit le développement de la compétence transversale du transfert des connaissances dans la pratique professionnelle.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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