Un passionné d'éducation à la tête de la grande campagne de financement

  • Forum
  • Le 29 octobre 2012

  • Paule Des Rivières

Le 13 octobre dernier, juste avant le match de football de Carabins, John Parisella et deux étudiantes membres de l'équipe de cheerleading de l'Université s'apprêtaient à dérouler la bannière de la signature Campus Montréal. Les spectateurs du dernier match de football des Carabins contre le Rouge et Or de l'Université Laval ont été les premiers à découvrir l'image de marque de la grande campagne de financement que s'apprêtent à lancer ensemble HEC Montréal, Polytechnique Montréal et l'Université de Montréal. Ce jour-là en effet, les Carabins portaient un uniforme spécial aux couleurs de Campus Montréal.

 

Cette primeur a marqué le point de départ du dévoilement de la campagne Campus Montréal, dévoilement qui se fera progressivement au cours de l'automne. Pour le directeur exécutif de la campagne, John Parisella, il était tout naturel que les Carabins deviennent les premiers ambassadeurs de la campagne: «Ils sont un très bon exemple de notre force à trois.»

Au moment où les établissements se préparent à passer de la phase silencieuse à la phase publique de Campus Montréal, Forum a rencontré M. Parisella.

Au jeu de la comparaison sportive, John Parisella voit son rôle de directeur exécutif comme celui de quart-arrière de l'équipe orchestrant la campagne de financement.

«Le football, c'est le sport auquel je recours le plus souvent pour expliquer un concept ou une stratégie, que ce soit en communication, en affaires ou en politique. C'est le sport d'équipe le plus intellectuel», constate le directeur exécutif de Campus Montréal.

«Ce sera la plus ambitieuse campagne du monde francophone jamais lancée», dit-il au cours d'un entretien récent en ajoutant que «nous sommes ambitieux, certes, mais aussi patients. Car l'éducation prend du temps et c'est un investissement.» La précédente campagne avait couvert les années 1999 à 2003 et avait permis d'amasser 218 M$. En plus des dons recueillis, un important effet de levier a porté l'impact total de cette campagne sur le campus à 446 M$.

Un enthousiasme réaliste

En janvier dernier, M. Parisella quittait le poste de délégué général du Québec à New York qu'il occupait depuis 2009 pour prendre la tête de la campagne. «À ce stade de ma carrière, je voulais redonner aux jeunes», résume-t-il.

Cet expert en communication, qui a assumé plusieurs fonctions prestigieuses, nourrit avant toute chose une passion pour l'éducation.

«J'ai commencé ma vie professionnelle comme enseignant. J'ai enseigné l'histoire et l'économie au secondaire mais également le français langue seconde et la religion. Très tôt, j'ai été sensibilisé aux enjeux de la discipline, de la pauvreté, de la nécessité d'intégrer les familles et surtout à l'importance de l'éducation.»

D'ailleurs, M. Parisella, un expert en politique américaine, est lui-même actif «sur le terrain», comme il le mentionne, puisqu'il a donné un cours en science politique au printemps et qu'il a été coresponsable de l'école d'été du Centre d'études et de recherches internationales de l'UdeM sur les États-Unis. Communicateur hors pair, M. Parisella possède aussi une capacité d'analyse et de synthèse recherchée.

Dire qu'il apprécie les échanges avec les jeunes relève de l'euphémisme. «Ils sont indissociables de mon rôle dans la campagne de financement.»

C'est donc avec enthousiasme qu'il a accepté, à la demande du directeur du Département de science politique, Éric Montpetit, de livrer ses réflexions relatives aux années qu'il a passées dans les coulisses du pouvoir à Québec. Son histoire pourra éclairer les étudiants qui n'ont pas connu l'histoire récente du Québec, se réjouit-il.

«Cela me servirait à quoi de faire de la sollicitation et de parler des jeunes de façon théorique? Tout le monde ici a compris que j'avais besoin de garder le contact avec les étudiants.»

Et cela tombe pile, si l'on peut dire, car les donateurs aujourd'hui ne se contentent pas nécessairement d'envoyer leur chèque. Ils veulent savoir où va leur argent, qui sera soutenu et comment. Ils ont des exigences. Ils sont des donateurs-investisseurs.

Approfondir les liens avec les diplômés

Et dans cette optique, M. Parisella souhaite que la grande campagne marque le début d'une révolution tranquille de la philanthropie. Révolution qui commence par l'approfondissement des liens avec les donateurs éventuels, au premier chef les diplômés.

«L'État a remplacé l'Église dans le soutien à l'éducation, mais ce rôle se rétrécit et il faut que la société civile prenne sa place. Nous souhaitons que nos diplômés s'engagent davantage. De leur côté, l'UdeM, HEC Montréal et Polytechnique Montréal ne resteront pas passives: elles accentueront la communication avec leurs anciens étudiants afin de mieux les informer et ainsi d'accroitre le sentiment qu'ils appartiennent à une grande famille.»

Cette campagne mettra l'accent sur des projets ciblés et concrets dans les créneaux d'excellence de Campus Montréal.

«L'important, c'est de respecter la liberté liée au développement du savoir. Et la responsabilité des établissements, c'est de maintenir l'excellence. Les dons sont faits dans le respect de ceux qui travaillent dans le monde universitaire», rappelle le quart-arrière de l'équipe, ajoutant qu'il est guidé par ses trois instructeurs, Guy Breton, recteur de l'UdeM, Christophe Guy, directeur général de Polytechnique Montréal, et Michel Patry, directeur de HEC Montréal. Au cours des prochains mois, on verra aussi tout un groupe de personnes exceptionnelles qui appuient Campus Montréal. «Nous avons réuni une équipe étoile autour de ce projet», conclut M. Parisella.

Paule des Rivières

En choisissant d'unir leurs forces pour mener une nouvelle grande campagne de financement, HEC Montréal, Polytechnique Montréal et l'Université de Montréal ont choisi de se doter d'une signature commune. Cette signature, Campus Montréal, fédère toutes les communications qui seront faites à l'occasion de cette campagne. Elle reflète l'alliance entre les trois établissements par le monogramme «M», synthèse visuelle de «Montréal à la puissance 3». La marque désigne l'alliance entre les trois unités en un complexe universitaire fort et aussi le vaste territoire qu'elles occupent et les gens qui y travaillent et y étudient.

 

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