Un premier mur solaire est installé sur le campus

  • Forum
  • Le 5 novembre 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

De gauche à droite Robert Couvrette, Ayman Wazzan, ingénieur à la division de la gestion de projets et ingénierie, Michel Trépanier et Daniel Martinez-Sgur, gestionnaire de projetUn mur solaire de 36 mètres sur 4,5 mètres vient d'être installé sur l'un des pans du toit du 3744, rue Jean-Brillant. Cela permettra de réduire de 20% la consommation de gaz de l'immeuble qui abrite la Faculté de l'éducation permanente et l'École d'optométrie de l'Université de Montréal. «Le développement durable est une priorité pour nous et la construction de ce mur solaire en est un exemple de plus», mentionne le directeur général des immeubles, Robert Couvrette.

 

Au premier coup d'œil, c'est un mur extérieur comme n'importe quel autre; il est de la même couleur et du même matériau que celui qui couvre le reste du bâtiment à cette hauteur. Mais ce qu'on ne voit pas, c'est le réseau de conduits d'aération et les minuscules trous qui parsèment le revêtement. «Habituellement, les murs solaires sont noirs de façon à absorber le maximum de chaleur. Mais nous avons dû nous conformer aux normes de respect du patrimoine architectural en vigueur et installer un revêtement vert», explique Michel Trépanier, ingénieur à la Direction des immeubles, secteur de la gestion de projet et construction.

Le campus montréalais faisant partie de l'arrondissement historique et naturel du mont Royal, tout projet de rénovation doit obtenir des autorisations municipales. Des rencontres avec les représentants de la Ville de Montréal ont été nécessaires pour l'obtention des permis. Après un an de démarches, le système est en fonction.

De plus en plus commun dans les bâtiments chauffés à l'air, le mur solaire ne doit pas être confondu avec le panneau solaire, qui transforme l'énergie du soleil en électricité au moyen de piles photovoltaïques. Placé à l'extrémité de la prise d'air, le mur est fait d'un compartiment chauffé par le soleil. Grâce à un réseau de canalisations, l'air gagne de 5 à 10 °C avant d'être envoyé dans le système d'aération.

Adapté aux réalités contemporaines, le principe est suffisamment efficace pour être soutenu par Gaz Métro, principal distributeur gazier du Québec. L'entreprise a financé l'Université à raison de 32 000$ sur le budget de 52 000 $ du mur solaire.

Ces trous sur le mur permettent l'aspiration puis le réchauffement de l'air.Et l'hiver?

Le système fonctionne-t-il l'hiver? Bien sûr, répond Michel Trépanier, chaque degré gagné réduit d'autant le travail de la chaufferie et la facture en conséquence. Même lorsque le thermomètre descend sous le point de congélation, le soleil agit quand même, puisque le mur est aménagé du côté sud.

«La température de l'air préchauffé est augmentée de 5 °C à 10 °C supplémentaires, ce qui est donc nettement supérieur à l'air qui serait aspiré sans mur solaire durant nos froides journées d'hiver. De plus, toute la chaleur qui est habituellement perdue à travers les murs d'un édifice est aussi captée et retournée dans l'édifice», mentionne un document produit par Gaz Métro à l'intention de ses clients.

Selon un principe nommé «déstratification», l'air chaud des conduits d'aération monte vers les plafonds et l'air plus frais descend, ce qui diminue l'énergie dépensée par le système de chauffage. La réduction de combustible a également pour effet d'abaisser la quantité produite de gaz à effet de serre.

D'autres immeubles pourraient recevoir des murs solaires au cours des prochaines années: les résidences pour les étudiants par exemple, situées le long du boulevard Édouard-Montpetit. «Nous travaillons là-dessus», assure M. Couvrette.

Comme il le disait dans Forum il y a deux ans (voir l'article du 18 octobre 2010 «Des investissements de 16 M$ récupérés»), l'Université de Montréal a entrepris une importante campagne d'économie d'énergie. Plus de 22 M$ ont été consacrés à l'amélioration des systèmes de chauffage, à la modernisation des chaudières et à l'installation de puits de géothermie. «Les économies nous ont permis d'assurer à cout nul le chauffage de trois nouveaux pavillons – J.-Armand-Bombardier, Marcelle-Coutu et Jean-Coutu –, affirme-t-il. C'est la preuve que l'économie d'énergie, c'est payant.»

Sans compter, ajoute-t-il, qu'on préserve la planète.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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