Musique, émotions et cerveau au Centre des sciences

  • Forum
  • Le 12 novembre 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

L'UdeM a collaboré à l'exposition Musik, qui met en vedette sciences, arts et émotions au Centre des sciences de Montréal. Les visiteurs jouent aux compositeurs en choisissant d'abord l'émotion qu'ils veulent exprimer.La musique fait appel à tous les volets de la personnalité humaine et l'exposition Musik, au Centre des sciences de Montréal, en fait la démonstration en immergeant le visiteur dans le processus créatif. «Je crois que les non-initiés découvriront ici des éléments de compréhension de la musique, car on illustre de façon ludique les paramètres d'une œuvre musicale», indique le chef de l'Orchestre de l'Université de Montréal et professeur à la Faculté de musique, Jean-François Rivest.

 

Comme la plupart des visiteurs, M. Rivest a parcouru les salles du Centre des sciences avec le baladeur numérique prêté pour l'occasion et il a créé une œuvre à partir d'éléments préenregistrés. Après avoir choisi l'émotion qu'il voulait transmettre, il a déterminé le rythme, le tempo, la mélodie et l'harmonie. Il a décidé des instruments et de l'interprétation. Le tout s'est terminé par une séance de mixage. Bref, une expérience semblable à celle que l'artiste a connue dans le passé lorsqu'il a écrit de la musique de chambre et des pièces électroacoustiques.

Jean-François Rivest a reconnu les étapes menant à la création d'une composition musicale.Avec d'autres représentants du milieu universitaire montréalais, membres du comité scientifique de l'exposition, Jean-François Rivest collabore depuis plus de deux ans avec les muséologues à l'élaboration du concept. Caroline Traube, professeure à la Faculté de musique, a participé au volet portant sur l'acoustique et le timbre. «J'ai trouvé l'exposition extrêmement intéressante, en particulier la section qui permet d'expérimenter les sons avec des cordes et des membranes de différentes natures ainsi que la section introductive où l'on peut voir à la loupe de véritables osselets: le marteau, l'étrier et enclume. Cette chaine d'osselets constitue une composante importante de notre système auditif», mentionne la musicienne et ingénieure en télécommunications.

Mme Traube était enchantée que son idée de mettre en vedette la guitare électrique ait été retenue, l'instrument étant emblématique de la musique rock et associé aux jeunes, clientèle cible de l'exposition qui a accueilli ses premiers visiteurs la semaine dernière. Le visiteur peut manipuler une véritable guitare ainsi qu'une pédale d'effet et suivre une leçon particulière (préenregistrée) avec le guitariste du groupe montréalais Simple Plan, Jeff Stinco.

La neuropsychologue Isabelle Peretz, fondatrice et codirectrice du Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS) et spécialiste de la perception musicale, est également présente sur grand écran et en haute définition. «On nait tous musiciens, énonce-t-elle. Mais certaines personnes, environ deux pour cent de la population, n'arrivent pas à entendre la fausse note dans une mélodie. On dit qu'elles souffrent d'amusie. C'est en étudiant leur cerveau et leur famille qu'on parvient à remonter aux origines de la musique.»

Cerveau et sens

«L'exposition Musik: du son à l'émotion a pour but de faire découvrir l'importance du cerveau dans l'expérience musicale, de l'écoute à l'interprétation en passant par la composition. Elle tente aussi de répondre à la question : pourquoi la musique crée-t-elle des émotions?» dit le communiqué.

On a voulu amener le public à expérimenter par lui-même les émotions musicales en lui faisant composer une pièce, précise le chef de la recherche et du contenu scientifique au Centre des sciences de Montréal, Michel Groulx. Après des expositions sur la sexualité et les icônes de la série cinématographique Star Wars, le défi était de taille pour les muséologues montréalais. «Avec des équipes comme le BRAMS, Montréal est un centre mondial en matière de recherches en neuropsychologie de la musique. Nous voulions que ce soit évident dans cette exposition», explique-t-il.

M. Groulx souligne l'excellente collaboration des chercheurs à toutes les étapes du processus. Danick Trottier et Vincent Verfaille, chargés de cours à la Faculté de musique de l'UdeM, ont aussi siégé au comité scientifique, et Monique Desroches, directrice du Laboratoire de recherche sur les musiques du monde et du Laboratoire d'ethnomusicologie et d'organologie de l'Université, a pris part aux consultations.

Mathieu-Robert Sauvé­­


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