Un demi-siècle d'activités de recherche et de création littéraire

  • Forum
  • Le 12 novembre 2012

  • Dominique Nancy

Benoît Melançon (Photo: Alexis Gagnon)Octobre 1970. Des centaines d'arrestations ont lieu, dont celle de Gaston Miron. Le Département d'études françaises prend aussitôt position en faveur du poète et animateur culturel. «À cette époque, Miron n'était pas l'icône qu'il est devenu. Il s'agissait d'un geste symbolique fort de la part du département», relate son directeur actuel, Benoît Melançon.

 

Un numéro de la revue La Barre du jour spécialement lié à cet évènement a été publié quelques mois à peine après la crise d'Octobre, ajoute-t-il en montrant une vitrine consacrée aux livres primés des professeurs portant sur Gaston Miron et son œuvre. La même année, l'auteur reçoit le Prix de la revue Études françaises pour son recueil L'homme rapaillé, un des classiques de la littérature québécoise. «Un moment clé de l'histoire de l'édition au Québec auquel le département est étroitement associé.»

L'exposition célébrant le 50e anniversaire du Département des littératures de langue française met en lumière, à travers une centaine d'ouvrages écrits par des professeurs du département, des moments marquants comme celui-ci qui ont jalonné ce demi-siècle. «Il était important de rendre visible concrètement ce que l'on fait», a indiqué M. Melançon au vernissage de l'exposition le 24 octobre, auquel étaient présents le doyen de la Faculté des arts et des sciences, Gérard Boismenu, et de nombreux professeurs et étudiants.

L'exposition porte un regard rétrospectif sur toutes ces années d'activités de recherche et de création. Une des vitrines montre des manuscrits qui proviennent du service des archives. À travers le verre – il faut porter des gants blancs pour manipuler ces documents –, on voit des textes de Louis Hémon édités par des professeurs de l'Université. «Cette vitrine met en évidence cette dimension féconde du département qu'est l'édition de textes anciens majeurs», fait valoir le professeur Melançon.

Un peu d'histoire

D'abord installé au Pavillon principal, à l'intérieur de l'ancienne Faculté des lettres, le Département d'études françaises a été créé en 1962, à une époque où «tout était à faire», mentionne Benoît Melançon. «Imaginez l'ampleur du travail! Il n'y avait pas encore de ministère des Affaires culturelles au Québec ni de ministère de l'Éducation.»

Logeant depuis 1968 au pavillon Lionel-Groulx, le département a changé de nom en 2006 pour devenir le Département des littératures de langue française. Actuellement, 27 professeurs et plus de 20 chargés de cours enseignent les études françaises à près de 300 étudiants de premier cycle et 170 étudiants à la maitrise et au doctorat. Quelque 1200 mémoires et thèses ont été déposés à ce jour par de jeunes chercheurs.

De la Renaissance à la littérature contemporaine, de l'histoire littéraire à la poétique en passant par la sociocritique, le théâtre ou la linguistique, de la recherche et de la critique à la création, il existe peu de champs littéraires où les professeurs du département n'aient pas fait leur marque.

Festivités

L'exposition saluant les 50 ans du département n'est pas la seule activité au programme des festivités. Déjà au printemps dernier, à l'initiative des étudiants, une lecture publique, Fragments rauques, avait été organisée. Une captation vidéo de la représentation est d'ailleurs présentée au Carrefour des arts et des sciences.

L'association étudiante a également préparé un numéro spécial de sa revue, Le Pied. Le lancement a eu lieu le 24 octobre à l'inauguration de l'exposition rétrospective. Une autre exposition, celle-ci intitulée Gallimard 1911-2011: un siècle d'édition, se déroule jusqu'au 14 décembre à la Bibliothèque des lettres et sciences humaines. À cette occasion, deux tables rondes auront lieu le 15 novembre et le 6 décembre. De plus, une rencontre consacrée à l'enseignement de la littérature au collégial devrait réunir ce mois-ci les diplômés du département.

Enfin, le département décernera cette année un doctorat honoris causa à l'écrivaine Marie-Claire Blais.

Dominique Nancy