Valérie Forget, maitre de taekwondo 7e dan

  • Forum
  • Le 12 novembre 2012

  • Dominique Nancy

Après une trentaine d'années de pratique du taekwondo, Valérie Forget a obtenu sa ceinture noire 7e dan.Valérie Forget a atteint de hauts sommets en taekwondo. Après avoir brillé dans plusieurs compétitions nationales, elle s'est classée cinquième au monde dans la catégorie Routines à Athènes en 1987. Elle a également porté les couleurs du Canada aux championnats mondiaux d'Argentine en 1999. En 2011, cette athlète de 44 ans a été sélectionnée à titre d'arbitre internationale en vue des championnats du monde en Corée du Nord. La seule femme parmi les huit arbitres représentant l'Amérique du Nord.

 

La coordonnatrice des activités de taekwondo du CEPSUM et professeure des classes avancées a obtenu la ceinture noire 7e degré ou dan l'automne dernier. Elle est la première Canadienne et la deuxième femme seulement dans le monde à avoir réussi cet exploit, le passage de ce degré nécessitant une trentaine d'années d'entrainement. Depuis, Valérie Forget a mis fin, malgré elle, à sa carrière d'athlète, mais elle poursuit l'enseignement du taekwondo et veille à la formation de la relève au sein de l'équipe nationale. Forum l'a rencontrée au CEPSUM, où elle travaille depuis 1989.

 

Comment s'est déroulée la transition de la vie d'athlète à la vie normale?

V.F.: La compétition me manque un peu depuis que je l'ai quittée. Il faut dire que j'ai arrêté parce que j'ai obtenu mon 7e dan. À ce niveau, il n'est pas permis de poursuivre les compétitions. Je ne voulais pas le passer tout de suite, mais je n'ai pas pu refuser l'invitation du secrétaire général de la fédération internationale, qui avait recommandé ma candidature. C'était un grand honneur. Aujourd'hui, j'ai ralenti un peu le rythme. Mais l'intensité mise dans mon entrainement, elle, n'a pas changé. Je donne toujours mon 110 %, comme disent les joueurs de hockey! La grosse différence, c'est que, quand on fait de la compétition, on n'a pas le choix: fatiguée ou pas, je devais m'entrainer. Heureusement, j'ai toujours réussi à concilier travail et entrainement. C'est devenu un style de vie.

 

Vous êtes toujours très engagée dans le milieu sportif, n'est-ce pas?

V.F.: Oui. Je suis appelée de plus en plus à arbitrer ou à donner des séminaires de perfectionnement et des démonstrations d'autodéfense lors de manifestations sportives. Dans mon travail au CEPSUM, j'enseigne chaque semaine aux élèves avancés. C'est moi aussi qui supervise les passages de ceinture pour l'ensemble des niveaux en plus de voir à l'organisation et au bon déroulement des cours et des activités spéciales. Tout cela est fait en parallèle avec mon travail en administration, qui s'effectue à l'extérieur de l'UdeM, et mon engagement auprès de la relève.

 

Parlez-nous de cette relève, un aspect de votre travail qui vous tient à cœur...

V.F.: Je veille entre autres à la préparation des athlètes de haut niveau pour les compétitions ainsi qu'à la formation des entraineurs. À ce jour, j'ai formé cinq entraineurs internationaux ici même à l'Université de Montréal. En ce moment, je vois à l'entrainement de huit athlètes pour la prochaine sélection nationale, qui aura lieu en mars 2013 en vue des championnats du monde qui vont se dérouler en Bulgarie en juillet. L'été dernier, j'ai accompagné Patricia Nobel, une diplômée de l'Université, aux championnats du monde des vétérans et des juniors en Estonie. Elle a remporté trois médailles de bronze. Il y a de très bons athlètes au Québec. Il faut les aider et les encourager.

 

Vous avez pris une part active à l'organisation de nombreuses activités.

V.F.: J'ai participé au cours des 20 dernières années à la coordination de plusieurs compétitions prestigieuses, dont les jeux de Montréal et du Québec. J'ai fait partie du comité organisateur du 7e Championnat du monde de taekwondo, qui s'est déroulé à Montréal en 1991. Je supervisais à la fois la sécurité, les accréditations, les inscriptions et la salle de presse. J'avais sous ma responsabilité quelque 125 bénévoles! En 2002, j'ai pris part à l'organisation des championnats provinciaux ainsi que des championnats canadiens de 1999, 2006 et 2007. J'aime m'occuper de la gestion de rencontres sportives. Et cela, depuis mon enfance. On m'appelait, déjà à cette époque, «Madame Agenda», car j'organisais toutes les activités sportives familiales.

 

Le CEPSUM occupe une place importante dans votre vie...

V.F.: C'est certain. J'y ai passé presque toute ma vie! Je fréquentais les installations sportives du CEPSUM bien avant d'y travailler. Je venais notamment m'entrainer et jouer au tennis quand j'étudiais au Département d'éducation physique [devenu depuis le Département de kinésiologie]. J'ai été engagée par le CEPSUM alors que je poursuivais encore mes études de baccalauréat, terminées en 1989. À ce moment-là, je coordonnais les activités de taekwondo et je donnais tous les cours destinés aux enfants et aux adultes. Je passais tellement de temps ici! C'est tout juste si je n'y dormais pas. En 2007, j'ai fait à la Faculté de l'éducation permanente un certificat en gestion appliquée à la police et à la sécurité pour lequel j'ai reçu le Prix du doyen en raison de la qualité de mon dossier scolaire. J'en suis très fière. Mais ce qui me fait le plus plaisir, c'est de voir mes élèves relever des défis et performer dans des compétitions. La plus ancienne de mes élèves, à qui j'enseigne depuis 21 ans, est aujourd'hui mon assistante. Un autre prépare l'ouverture d'une école de taekwondo au Bénin. Au total, j'ai contribué à la formation de quelque 4000 adeptes de taekwondo au fil des ans. C'est certainement l'une de mes plus grandes fiertés.

Dominique Nancy