Une vidéo étudiante présentée au siège social de l'ONU

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  • Le 19 novembre 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

Le 20 novembre, le film Mulheres com coragem, de Charlotte Marchesseault, sera projeté au siège social de l'ONU à l'occasion des cérémonies de clôture de l'Année internationale des coopératives. «C'est un honneur pour moi; mais je suis surtout fière de pouvoir faire connaitre le travail extraordinaire de ce groupe de femmes du Brésil qui se sont associées dans un projet artisanal qui illustre bien les vertus de la coopération», dit la jeune photographe et vidéaste.

 

Version française (Durée : 19 min 17 s)

Le 20 novembre, le film Mulheres com coragem, de Charlotte Marchesseault, sera projeté au siège social de l'ONU à l'occasion des cérémonies de clôture de l'Année internationale des coopératives. «C'est un honneur pour moi; mais je suis surtout fière de pouvoir faire connaitre le travail extraordinaire de ce groupe de femmes du Brésil qui se sont associées dans un projet artisanal qui illustre bien les vertus de la coopération», dit la jeune photographe et vidéaste.

Le documentaire de 15 minutes montre le travail d'une vingtaine d'artisanes de Jericoacoara, au nord du Brésil, qui s'adonnaient au crochet. Mi-loisir, mi-tradition, ce passetemps permettait à ces femmes d'arrondir leurs fins de mois en pro-posant les tricots aux touristes. L'idée de s'unir en coopérative, en 2005, a été bénéfique, à en croire les témoignages des intervenantes dans le film. «Au cours des sept dernières années, les femmes de Jericoacoara ont transformé leur art en source de revenus qui leur a permis d'améliorer leur qualité de vie», explique la narratrice. La coopération leur a donné une visibilité sans précédent, notamment auprès des ONG locales. La mairie leur a accordé un financement et la production s'est diversifiée. On assiste dans le film à une séance de photos avec des modèles arborant la ligne coquette destinée aux baigneuses. «Les hommes s'occupent des enfants, du ménage et de la vaisselle pendant que les femmes gagnent de l'argent», lance une des villageoises avec humour.

Empreint de sensibilité, le documentaire a une facture professionnelle et met en valeur les artisanes qui s'expriment directement à la caméra, avec humilité et sincérité. Il y a aussi de magnifiques images de plages et des scènes domestiques. «Les femmes m'ont immédiatement accordé leur confiance, relate Charlotte Marchesseault. J'ai été accueillie chaleureusement par la présidente du groupe, qui m'a hébergée chez elle dès mon arrivée au village, en mai 2011. J'y suis restée un mois.»

Parcours atypique

Après un baccalauréat en études internationales, la vidéaste, actuellement engagée par le Secrétariat général de l'UdeM pour un projet d'exposition au Centre d'histoire de Montréal, a terminé en avril dernier une maitrise en gestion des affaires internationales à HEC Montréal. C'est quand elle entame ce programme d'études que ses professeurs, Marlei Pozzebon et Luciano Barin Cruz, d'origine brésilienne, lui parlent des femmes de Jericoacoara. Voyageuse dans l'âme, elle projette de se rendre sur place en dépit du fait qu'elle ne connait pas un mot de portugais.

Même si elle n'a jamais tourné de documentaire, elle veut mettre en application ce qu'elle a appris dans un atelier des Activités culturelles sur la réalisation vidéo. Le film, qu'elle souhaite présenter comme travail de fin de maitrise, sera tourné avec son appareil photo Nikon D5000, qui offre une fonction Caméra. «L'image est en haute définition, mais le son n'est pas très bon, indique-t-elle en riant. J'ai dû redoubler d'astuce pour mener mes entrevues dans des endroits le plus silencieux possible.»

Même si elle est convaincue que le document final est parsemé d'erreurs techniques, le spectateur moyen n'y verra aucune faiblesse majeure. C'est d'autant plus étonnant que la jeune femme a monté son film à l'aide d'un logiciel de montage inconnu d'elle jusque-là, le Final Cut Pro 7. «Je dois une fière chandelle à Sylvain Fortin, responsable des ateliers d'audiovisuel aux Activités culturelles. Il m'a aidée lorsque j'étais bloquée.»

Le film, qu'on peut voir intégralement sans frais sur YouTube, est la seconde version, en anglais, du document. Il est destiné au concours de l'ONU, où il s'est illustré avec six autres courts métrages. La première version a été présentée à ses professeurs. Accepté comme travail de fin d'études, même si cela constituait une première, le film a été accompagné d'un document de 70 pages sur la démarche théorique de l'étudiante.

La note finale: A.

Mathieu-Robert Sauvé