HEC Montréal est troisième en recherche au pays

  • Forum
  • Le 26 novembre 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

(Image: iStockphoto)Les chercheurs de HEC Montréal se classent troisièmes au pays en matière de productivité dans les revues les plus prestigieuses de leur domaine et pour ce qui est du montant individuel moyen des subventions. Seules les universités de Toronto et de la Colombie-Britannique la devancent. «L'excellence engendre l'excellence», résume Jean-Claude Cosset, directeur de la recherche à HEC Montréal, invité par Forum à expliquer ce classement où figurent les 17 écoles universitaires de gestion du Canada. HEC Montréal distance toutes les autres universités québécoises offrant une formation en gestion.

 

Le palmarès a été constitué par la Direction de la recherche de l'École à partir des subventions déclarées par les établissements. Quant à la productivité scientifique, on a pris en considération les articles publiés de 2008 à 2010 dans les revues les plus sélectes d'après le Journal Citation Reports (soit celles dont le facteur d'impact se situe dans les premiers 15% d'un domaine) et l'agence Thomson Reuters. Avec 85 publications de prestige, les chercheurs de HEC Montréal ont obtenu en trois ans à titre de chercheur principal 2 715 525$ de fonds de recherche du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) entre 2008 et 2010.

Ce résultat correspond à ceux obtenus par l'Université du Texas à Dallas, qui établit chaque année un classement mondial de la production en recherche à partir de 24 revues majeures en gestion (comptabilité, finance, gestion des opérations, management, ressources humaines, etc.). HEC Montréal est septième au Canada et se classe parmi les 100 premières écoles universitaires de gestion. Seule HEC Paris fait mieux au sein des universités d'expression française.

Jean-Claude Cosset

Recruter les meilleurs

 

Depuis une dizaine d'années, rappelle M. Cosset, l'école sur la montagne met beaucoup d'énergie dans le recrutement de professeurs qualifiés et reconnus pour leurs travaux de recherche. «On leur offre également les conditions de travail les plus avantageuses possible pour qu'ils puissent accroitre leurs activités et leurs équipes, ajoute-t-il. HEC Montréal compte actuellement 7 chaires de recherche du Canada, 18 chaires institutionnelles et ses chercheurs participent activement à 7 regroupements stratégiques du Fonds de recherche du Québec–Société et culture [FRQSC] et du Fonds de recherche du Québec–Nature et technologies [FRQNT]. Sans compter les groupes de recherche et les centres de transfert technologique de l'École.»

À titre d'exemple, HEC Montréal a brillé aux plus récents concours des grands organismes subventionnaires (FRQNT, FRQSC, CRSH et CRSNG), récoltant plus de 2,6 M$. Pas moins de 23 nouvelles subventions individuelles de recherche – pour lesquelles le chercheur principal vient de HEC Montréal – ont été accordées aux professeurs de l'École.

D'autres éléments expliquent la performance de l'école de gestion affiliée à l'Université de Montréal. L'existence d'un programme de doctorat commun, en association avec les universités McGill, du Québec à Montréal et Concordia. Même si ce programme n'est pas nouveau (il date de 1976!), il a permis la multiplication de projets de partenariat et tout le monde y a gagné.

HEC Montréal offre un financement de 5000 $ dans le cadre de ses concours de démarrage de projets de recherche en vue d'aider les chercheurs à présenter une demande de financement à un grand organisme subventionnaire. Ce budget peut même être alloué à la suite d'un premier refus. Dans certains cas, des candidats ont pu bonifier leur demande et obtenir gain de cause à la deuxième occasion.

L'encadrement des chercheurs passe aussi par des bourses aux étudiants, grâce notamment à un fonds de dotation bien garni. «Oui, nos jeunes chercheurs ont une pression pour publier dès leur entrée en fonction. Ils savent qu'ils n'obtiendront pas de promotion sans publication. Mais nous leur donnons tous les outils pour leur permettre de le faire», affirme le directeur de la recherche.

Finances internationales et administration

Après avoir passé la plus grande partie de sa carrière à l'Université Laval, à Québec, M. Cosset est entré à l'Université de Montréal en 2004. Il a été directeur scientifique de l'Institut de finance mathématique de Montréal de 2003 à 2006. Spécialiste de la finance internationale, le professeur Cosset a beaucoup travaillé sur les effets des fusions d'entreprises multinationales et les risques pays et politiques. Il a été élu à l'Académie des sciences sociales de la Société royale du Canada en 2006.

Originaire de Toulouse, M. Cosset est titulaire d'une maitrise et d'un doctorat en administration des affaires de l'Université Columbia. Un de ses articles sur la performance des entreprises privatisées dans les pays en voie de développement, paru dans le Journal of Finance en 1998, a connu un retentissement considérable.

Il continue de diriger des travaux de recherche à la maitrise et au doctorat en gestion financière internationale. Ses activités administratives ne l'empêchent pas de contribuer lui-même à la recherche, puisqu'il mène actuellement des travaux subventionnés par le CRSH et l'Institut de finance mathématique de Montréal.

Mathieu-Robert Sauvé