Une chaire inédite sur la santé urogynécologique des femmes âgées

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  • Le 26 novembre 2012

L'incontinence est un sujet tabou, mais elle touche des milliers de personnes.La Chaire de recherche du Canada sur la santé urogynécologique et le vieillissement vient de voir le jour. Sa titulaire est Chantal Dumoulin, chercheuse à l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) et professeure à l'École de réadaptation de l'UdeM. Les recherches de la Chaire permettront, entre autres, de mieux prévenir et traiter l'incontinence urinaire, qui affecte un million de Canadiennes.

 

«Après 60 ans, de 40 à 50 % des femmes souffriront d'incontinence urinaire», dit Mme Dumoulin. La physiothérapeute recourt à la rééducation périnéale et pelvienne, par des exercices de musculature du plancher pelvien, afin d'enrayer le relâchement de celui-ci et ainsi de prévenir ou de réduire l'incontinence.

Chantal DumoulinL'expertise de la chercheuse l'a menée, cet automne, en Australie et en Chine. Dans ce dernier pays, elle a terminé sa conférence par une séance pratique d'exercices du plancher pelvien intégrés à des mouvements de taïchi.

Mme Dumoulin est venue à son sujet d'étude un peu par hasard, après avoir été affectée, au CHU Sainte-Justine, au département d'obstétrique, où travaillaient plusieurs médecins résidents formés en France. Elle a été très surprise de constater que ces médecins prévoyaient systématiquement des séances de réadaptation du plancher pelvien pour les femmes qui venaient d'accoucher. Plus tard, quand elle eut fini ses études doctorales sur le sujet, le Dr Yves Joanette, de l'IUGM, lui a suggéré de poursuivre ses travaux sur l'incontinence chez les personnes âgées. Huit ans après, elle devenait titulaire de la seule chaire de recherche du Canada qui aborde l'incontinence.

Mme Dumoulin est aussi responsable d'un microprogramme de deuxième cycle en rééducation périnéale et pelvienne à l'École de réadaptation.

«L'incontinence est un sujet tabou, mais elle touche des milliers de personnes. Et les effets peuvent être nombreux, à commencer par la réduction des sorties, l'isolement et la sédentarité», résume Mme Dumoulin.