Campus Montréal: objectif 500 M$!

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  • Le 3 décembre 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

De gauche à droite, Christophe Guy, directeur général de Polytechnique Montréal, Guy Breton, recteur de l'Université de Montréal, et Michel Patry, directeur de HEC Montréal (Photo: Andrew Dobrowolskyj)La plus importante campagne de financement de l'histoire des universités d'expression française, menée conjointement par l'Université de Montréal, HEC Montréal et Polytechnique Montréal, vise 500 M$. «Toute la communauté doit soutenir ce projet de société», a dit le recteur, Guy Breton, au moment de rendre public cet objectif le 29 novembre.

 

Discours intégral - Durée : 37 min 54 s)

La plus importante campagne de financement de l'histoire des universités d'expression française, menée conjointement par l'Université de Montréal, HEC Montréal et Polytechnique Montréal, vise 500 M$. «Toute la communauté doit soutenir ce projet de société», a dit le recteur, Guy Breton, au moment de rendre public cet objectif le 29 novembre.

Montréal est la capitale universitaire du Canada, a-t-il rappelé devant un auditoire composé de 625 personnes réunies dans un hôtel du centre-ville de Montréal à l'invitation de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Elle accueille le plus grand nombre d'étudiants et de chercheurs au pays. Et les trois établissements regroupés sous la signature de Campus Montréal forment un pôle unique au Canada, où toutes les disciplines universitaires, y compris la médecine vétérinaire, sont représentées.

Seul complexe francophone d'Amérique à figurer parmi les 100 premières universités au monde, Campus Montréal accueille un étudiant sur quatre au Québec. «Cette aventure, c'est la nôtre et c'est aussi la vôtre», a indiqué le recteur. Se décrivant comme un fils d'enseignants, M. Breton a compris très vite qu'il fallait étudier pour aller loin. Et qu'il fallait aussi collaborer. «C'est pourquoi nous sommes devant vous aujourd'hui», a-t-il lancé aux gens d'affaires, accompagné à la tribune par les directeurs de HEC Montréal, Michel Patry, et de Polytechnique Montréal, Christophe Guy.

De gauche à droite, Christophe Guy, directeur général de Polytechnique Montréal, Guy Breton, recteur de l'Université de Montréal, et Michel Patry, directeur de HEC Montréal (Photo: Andrew Dobrowolskyj)C'était l'occasion d'annoncer le nom des personnalités qui ont accepté de prêter leur voix à la campagne présidée par l'ex-délégué général du Québec à New York, John Parisella: Thierry Vandal, président-directeur général d'Hydro-Québec, Hélène Desmarais, présidente du Centre d'entreprises et d'innovation de Montréal, Geoff Molson, homme d'affaires propriétaire du Canadien de Montréal et d'Evenko, Louise Arbour, présidente-directrice générale de l'International Crisis Group, et Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Tous ont eu un bon mot pour illustrer leur attachement à la cause: «former les grands bâtisseurs de demain» pour M. Vandal, «briller parmi les meilleurs» pour Mme Desmarais. Pour Mme Arbour, il importe d'investir dans le savoir pour le bien-être des générations futures. M. Sabia a insisté, quant à lui, sur le fait de travailler ensemble pour s'attaquer aux enjeux planétaires.

M. Patry a mentionné que l'objectif du demi-milliard était «ambitieux mais réaliste», car près de 200 M$ ont déjà été amassés.

Guy Breton a parlé de l'effet de levier que ces dons peuvent avoir, puisque chaque dollar recueilli au cours de la précédente campagne, tenue au début des années 2000, a apporté un dollar supplémentaire des gouvernements provincial et fédéral. Les 218 M$ se sont ainsi bonifiés en plus de 446 M$ et ont permis la création de l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie et la construction du pavillon J.-Armand-Bombardier notamment.

«Le 21e siècle sera universitaire»

M. Patry a signalé que pas un dollar de cette campagne n'est destiné au budget de fonctionnement des établissements. Les fonds serviront aux activités de recherche et d'enseignement (par exemple dans le cadre de bourses d'excellence destinées aux étudiants de haut niveau), à l'amélioration de la qualité de vie sur le campus et aux projets d'infrastructure. Le plus vaste d'entre eux est la construction d'un pavillon des sciences à Outremont, dont l'ouverture est prévue en 2017.

Le recteur a nommé les cinq créneaux de la grande campagne: santé et médecine personnalisée; sciences et technologies de pointe; énergie et développement durable; internationalisation et pluralisme; créativité et entrepreneuriat.

Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres des moulins à vent, a poursuivi M. Breton en citant un proverbe chinois. L'économie du savoir fait souffler ce vent et Campus Montréal est prêt à trouver de nouvelles idées. «Ce n'est pas dans mon habitude mais, aujourd'hui, je vais vous faire une prédiction: le 21e siècle sera universitaire.» La planète compte actuellement 165 millions d'étudiants universitaires, soit cinq fois la population du Canada. «Et ce nombre grimpera en flèche dans les prochaines années en raison de l'engouement des pays émergents pour l'enseignement supérieur. Dans cette ère qui s'annonce, nous avons tous les atouts pour réussir.»

Montréal est bien placée, stratégiquement, pour jouer son rôle, à condition d'en avoir les moyens. «La philanthropie, c'est la bougie d'allumage qui permet de se dépasser. C'est un gage de confiance dans l'avenir», estime le directeur exécutif de la campagne, John Parisella.

Mathieu-Robert Sauvé

 

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