Étudiants en médecine et... triathlètes

  • Forum
  • Le 3 décembre 2012

  • Mathieu-Robert Sauvé

Beau temps, mauvais temps, Anne Sophy Lainesse franchit au pas de course les sept à huit kilomètres qui séparent sa faculté de son domicile, dans le quartier Rosemont. L'étudiante de quatrième année en médecine de l'Université de Montréal n'a ni voiture ni titre de transport. Pour se déplacer, elle court. «Comme ça, mon entrainement est entamé lorsque ma journée d'études commence», dit la jeune femme originaire de Gatineau.

 

Anne Sophy LainesseBeau temps, mauvais temps, Anne Sophy Lainesse franchit au pas de course les sept à huit kilomètres qui séparent sa faculté de son domicile, dans le quartier Rosemont. L'étudiante de quatrième année en médecine de l'Université de Montréal n'a ni voiture ni titre de transport. Pour se déplacer, elle court. «Comme ça, mon entrainement est entamé lorsque ma journée d'études commence», dit la jeune femme originaire de Gatineau.

Énergique, cette future clinicienne? Ce n'est pas peu dire. En plus d'être engagée dans plusieurs projets – elle a pris part à diverses activités du Comité d'action sociale et internationale de l'UdeM et a fait un voyage de coopération au Pérou en 2011 –, elle vient d'ajouter une corde à son arc: le triathlon. Durant la dernière année, elle a pris part à 18 compétitions, dont 6 triathlons. Ses résultats lui ont valu un trophée de Triathlon Québec. Un honneur qu'elle partage avec un autre étudiant en médecine qui a aussi connu du succès dans ce sport à sa première année sur le circuit universitaire, Samuel Fréchette.

Reconnu comme l'une des plus exigeantes disciplines sportives, le triathlon est une combinaison de course à pied, de cyclisme et de natation sur des distances variables. Au sprint, on effectue 750 mètres de nage, 20 kilomètres de vélo et 5 kilomètres de course. Le triathlon olympique consiste en 1,5 kilomètre de nage, 40 kilomètres de vélo et 10 kilomètres de course. C'est dans cette dernière épreuve que les porte-couleurs de l'UdeM ont le mieux fait, arrivant respectivement premier chez les hommes et deuxième chez les femmes dans leur catégorie d'âge (20-24 ans). Le «demi-Ironman», auquel Anne Sophy Lainesse a participé l'été dernier à Magog, se classant au deuxième rang dans sa catégorie, ce sont 1,9 kilomètre à la nage, 90 kilomètres à vélo et 21,1 kilomètres à la course.

Également originaire de Gatineau, Samuel Fréchette est l'autre triathlète de la Faculté de médecine. Coureur depuis une dizaine d'années, il était en outre un bon nageur jusqu'à ce qu'il découvre le triathlon l'an passé. Il doit sa «conversion» à l'existence du Club de triathlon de l'Université de Montréal, qui a été créé au début de 2012 par le CEPSUM. Comment concilie-t-il sa vie d'étudiant avec ses activités sportives? «Très bien, répond-il. L'important, c'est de bien s'organiser.»

Une semaine normale, pour ce diplômé en sciences biomédicales qui s'est tourné vers la médecine en 2010, comprend trois séances de natation et autant de vélo. La course s'intègre à l'horaire de façon plus sporadique. Mais attention, une séance, c'est le plus souvent 90 minutes d'exercices intenses avec intervalles, selon un plan d'entrainement rigoureux établi avec son entraineur.

Pour obtenir la première place à la Coupe du Québec chez les 20-24 ans, le jeune homme a accumulé le plus de points au terme de quatre courses de triathlon olympique.

Aimer souffrir?

Est-ce qu'il faut aimer souffrir pour relever de tels défis? «Peut-être, selon Anne Sophy Lainesse. Mais ce que j'aime surtout, c'est le sentiment d'accomplissement qui nous habite au fil d'arrivée. Se donner à ce point, ça nous oblige à aller puiser au fond de nos ressources. C'est un exercice presque aussi éprouvant pour l'esprit que pour le corps», indique-t-elle.

Son rythme estival – une compétition par semaine – a quelque peu ralenti depuis la rentrée de l'automne, mais elle continue de fréquenter le CEPSUM presque tous les jours.

C'est à 12 ans que la jeune femme découvre la course à pied, alors qu'elle remporte une compétition de trois kilomètres à son école. «Je suis arrivée première à ma grande surprise!» relate l'étudiante. C'est devenu une véritable passion, ajoute-t-elle. C'est pour «essayer autre chose» qu'elle s'inscrit à un cours de natation au CEPSUM en 2010. Elle fait la rencontre, déterminante, de Charles Gaston Couturier, aujourd'hui entraineur-chef du Club de triathlon de l'Université de Montréal. «C'est lui qui m'a incitée à prendre part à un triathlon. Avant, je n'avais jamais fréquenté les piscines et le vélo, c'était un loisir du dimanche.»

Anne Sophy Lainesse n'a pas arrêté son choix de carrière. La médecine sportive l'intéresse, mais aussi la cardiologie.

Cinquième sur 41 équipes

Charles Gaston Couturier est très fier de la trentaine d'athlètes qui composent son équipe étudiante, sur laquelle se greffe une vingtaine de diplômés ou de personnes associées de près à l'UdeM. «L'équipe est arrivée en cinquième place au Québec à sa première année d'existence, c'est une performance absolument remarquable.»

À vrai dire, cet entrepreneur en informatique a dû procéder à un recomptage des points pour se convaincre que ses recrues avaient bien atteint cette position. Vérification faite, c'est une grande fierté qu'il a éprouvée. «Je suis admiratif de nos athlètes, qui ont vraiment bien performé cette année. Franchement, je suis sûr qu'on ne nous attendait pas parmi les 10 meilleures équipes du circuit.»

La communauté universitaire était mûre pour s'approprier cette discipline exigeante et M. Couturier est le premier à y avoir cru. Mais il tient à rendre hommage à ses interlocuteurs du CEPSUM, particulièrement Guillaume Callonico, le coordonnateur des clubs sportifs. «Grâce à l'intégration des séances d'entrainement à l'intérieur même du programme d'activités du CEPSUM, nous disposons aujourd'hui d'une plateforme originale et très appréciée par nos athlètes. Qu'on vise un podium ou qu'on souhaite seulement s'initier à un sport extraordinaire, il y a de la place pour tout le monde dans notre club», lance-t-il.

Mathieu-Robert Sauvé