Un concert de l'OUM avec des solistes prometteurs et de grands compositeurs

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  • Le 3 décembre 2012

L'Orchestre de l'Université de Montréal au cours d'une répétition dirigée par Jean-François Rivet.Pour lancer sa saison 2012-2013, l'Orchestre de l'Université de Montréal (OUM), sous la direction de Jean-François Rivest, présentera L'ultime Sibelius à la salle Claude-Champagne le 8 décembre à 19 h 30. Consacré aux dernières œuvres du compositeur finlandais et à des concertos de Chopin et Schumann, ce concert mettra à l'honneur deux lauréats du Concours de concerto de l'OUM: le pianiste Florian Puddu et la violoncelliste Julie Hereish.

 

Jean-François Rivest a choisi Tapiola et la Symphonie no 7 de Jean Sibelius pour rendre hommage à un créateur qu'il estime au plus haut point. «Sibelius est l'un des plus grands compositeurs, mais il n'est pas l'un des plus joués, affirme le chef. Il n'y a pas beaucoup de bonbons dans sa musique; elle est assez sérieuse et complexe. Harmoniquement, c'est très osé et très beau. Plutôt que de créer ses compositions en sections comme on le voit chez plusieurs, Sibelius est dans la transformation perpétuelle.»

Alors que l'hiver arrive à grands pas, le compositeur propose un voyage dans les paysages nordiques. «C'est vraiment une musique du Grand Nord! On devine les espaces immenses, le vent, les glaciers, des endroits où l'être humain a moins sa place», mentionne Jean-François Rivest.

Jean Sibelius n'était d'ailleurs pas le plus sociable des hommes. Il a composé la Symphonie no 7 en 1924, puis Tapiola en 1926, avant de s'emmurer dans le silence jusqu'à sa mort, en 1957. «Sibelius portait en lui je ne sais quel fardeau, quelle peine, mais il n'était pas heureux. Pendant ces 30 années, on sait qu'il a vécu seul, reclus et qu'il était alcoolique.» Jean-François Rivest reconnait que c'est tout un défi qu'il pose aux 80 musiciens de l'OUM: «Le style n'est pas facile. Je dois sculpter cette pâte musicale et ils doivent y participer.»

Chopin et Schumann... pour Florian et Julie

En plus de ces œuvres majeures de Sibelius, deux concertos permettront aux solistes Florian Puddu et Julie Hereish de briller sur scène.

Florian Puddu, étudiant à la maitrise en interprétation à la Faculté de musique de l'UdeM, se mesurera au Concerto pour piano no 2 de Frédéric Chopin. Pour Jean-François Rivest, cette œuvre est «le symbole de la sentimentalité, de la grande délicatesse de l'âme. C'est romantique, il y a beaucoup de dentelle, mais il faut y aller avec un certain dosage.»

Le jeune pianiste est le gagnant du Concours de concerto 2012 de l'OUM et de plusieurs autres à l'étranger dont la World Piano Competition de Cincinnati et le concours Teresa Llacuna de Valence.

La violoncelliste Julie HereishJulie Hereish, qui a remporté le concours de l'OUM en 2011, interprètera le Concerto pour violoncelle de Robert Schumann. «J'ai choisi ce concerto parce que je me suis présentée au concours avec cette œuvre et que je trouve qu'elle n'est pas assez jouée ici, indique la musicienne de 25 ans. C'est intéressant de la faire découvrir, d'autant plus que j'aime particulièrement son côté intime.»

«Il y a dans Schumann une es-pèce d'agitation constante qui rend mal à l'aise, mais qui agit aussi comme un moteur, explique Jean-François Rivest. C'est une œuvre difficile, d'une grande exigence, mais tout ça est camouflé dans une jolie musicalité. Ici, Julie doit créer une architecture tout en sachant, elle aussi, doser les choses.»

La violoncelliste est revenue d'Autriche cet été après avoir terminé un programme d'études de deuxième cycle d'un peu plus d'un an à l'Université de musique et des arts de la scène de Vienne. «C'est très différent d'étudier à Vienne, où il y a une tradition très forte à laquelle les gens tiennent, remarque la diplômée du programme de maitrise en interprétation de l'Université de Montréal. Ils ont des règles très strictes qui remontent à très longtemps alors qu'ici la tradition n'est pas la même.» Et Jean-François Rivest d'ajouter: «C'est toujours salutaire pour un musicien d'aller étudier ailleurs pour se donner une perspective.»

Julie Hereish, qui a commencé le violoncelle à huit ans, n'en était pas à sa première expérience à l'étranger. Elle a participé à plusieurs stages d'été, dont celui du Schleswig-Holstein Musik Festival Orchestra, en Allemagne, qui l'a menée en tournée aux États-Unis.

Sa carrière prend donc son envol. Elle effectue présentement une tournée jeune public avec les Jeunesses musicales du Canada dans la production Un conte de Noël. Elle prendra toutefois le chemin de son alma mater début décembre pour cette soirée où Schumann et Chopin rencontreront Sibelius, au grand plaisir des passionnés de musique!

Martine Letarte
Collaboration spéciale

 

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