Orion dans la mire des astrophysiciens

  • Forum
  • Le 10 décembre 2012

  • Daniel Baril

Les étoiles de la ceinture d'OrionOrion est une magnifique constellation facilement observable au-dessus de l'horizon sud en hiver. On la repère grâce à trois étoiles géantes bleues qui forment un alignement parfait et qui représentent la ceinture du tablier d'Orion, un redoutable chasseur dont le nom signifie «lumière des cieux».

 

L'étoile du coin droit de la ceinture est Mintaka. Au télescope, on découvre qu'il s'agit en fait d'un groupe de cinq étoiles. Du 17 décembre au 7 janvier, le télescope spatial Chandra, de la NASA, et le télescope spatial canadien MOST seront braqués sur une étoile double du groupe Mintaka, Delta Orionis Aa1 et Aa2, qui gravitent l'une autour de l'autre.

Ce projet d'observation en continu à l'aide de deux télescopes a été élaboré par Anthony Moffat, professeur au Département de physique de l'Université de Montréal. Avec une équipe internationale d'astrophysiciens, il a obtenu cinq jours et demi d'utilisation du télescope Chandra, ce qui est considérable étant donné le nombre de demandes pour ce télescope. L'équipe pourra ainsi observer le duo d'étoiles pendant un cycle complet de leur gravitation, qui dure 5,7 jours.

«Cette recherche vise à accroitre notre compréhension des émissions du rayonnement X dans le vent stellaire d'étoiles très massives qui projettent d'immenses nuages très chauds où les particules de matière s'entrechoquent, explique Anthony Moffat. L'une des deux étoiles éjecte moins de matière; lorsqu'elle éclipsera l'autre au cours de son orbite, nous aurons des conditions variables d'observation qui nous permettront de mieux comprendre la nature de ce rayonnement.»

C'est la première fois qu'une telle expérience est tentée. Le télescope Chandra permettra de quantifier et de calibrer les émissions du rayonnement X. Le télescope MOST fonctionne quant à lui en lumière visible et sera utilisé afin de déterminer les propriétés de l'étoile au moment de l'éclipse et d'observer les effets des éclairs de rayons X dans d'autres longueurs d'onde.

Le professeur Moffat a également invité des astronomes, tant professionnels qu'amateurs, à prendre part à ce projet et à observer simultanément la même étoile au sol à l'aide de divers spectres photométriques. Une dizaine ont répondu à l'appel.

Microtélescopes spatiaux

Les étoiles géantes de la constellation d'Orion seront également la cible d'une autre série d'observations dont la première phase débutera à la fin janvier 2013 par le lancement de deux des six nanosatellites du projet BRITE Constellation.

Ce projet, auquel collaborent le Canada, l'Autriche et la Pologne, vise à scruter les phénomènes sismologiques et les turbulences de l'atmosphère des étoiles massives. Le recours à plusieurs satellites, qui fixeront la même étoile en même temps, permet d'éviter que l'observation soit interrompue par le déplacement d'un télescope autour de la Terre.

«L'observation des phénomènes sismologiques à la surface de l'étoile nous aide à comprendre ce qui se passe sous la surface», précise Anthony Moffat.

Le chercheur vient d'obtenir une première subvention de 475 000$ de l'Agence spatiale canadienne pour former des étudiants et des stagiaires postdoctoraux qui travailleront sur le projet BRITE Constellation.

Les six nanosatellites, qui ne font que 20 centimètres de côté, seront mis en orbite au cours de trois lancements différents en 2013 et 2014, chacun étant sous la responsabilité de l'un des trois pays participants.

Daniel Baril

 

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