Création d'une école doctorale internationale en sciences humaines

  • Forum
  • Le 21 janvier 2013

  • Daniel Baril

Laurence McFallsUn nouveau programme de formation en recherche doctorale est offert par l'Université de Montréal en partenariat avec deux établissements allemands, l'Université de Trèves et l'Université de la Sarre. Cette formation est supervisée par le Groupe international de formation à la recherche (GIFR) Diversité.

 «Ce programme est constitué d'ateliers d'encadrement qui se veulent un complément à la formation déjà offerte par les universités du consortium», précise Laurence McFalls, professeur au Centre canadien d'études allemandes et européennes de l'UdeM et responsable du volet montréalais du GIFR.

L'objectif est de répondre au besoin d'encadrement des étudiants au doctorat qui ont terminé leur scolarité et qui en sont à l'étape de la recherche et de la rédaction. «Après une scolarité suivie dans un cadre formel et rigide, les étudiants se retrouvent souvent seuls et ont besoin de relations avec leurs pairs et de réseautage. C'est ce besoin que veut combler le GIFR tout en favorisant la mobilité étudiante transatlantique», ajoute le professeur.

Le programme s'adresse aux doctorants dont les thèses portent sur la diversité culturelle, le multiculturalisme ou le transnationalisme tant en Europe qu'en Amérique du Nord, mais plus particulièrement à Montréal et dans la région allemande de Saar-Lor-Lux. Les projets peuvent provenir de l'ensemble des sciences humaines, notamment de science politique, de sociologie, de philosophie, de littérature comparée ou d'anthropologie.

«La structure analytique du GIFR gravite autour des trois axes que sont la politique, la pratique et le narratif, explique Laurence McFalls. La politique va au-delà du législatif et des débats partisans et inclut les grands moments de rupture historique. La pratique englobe quant à elle les expériences intersubjectives de reproduction des différences et les modes d'appropriation de l'espace social. Le narratif renvoie pour sa part à tout ce qui concerne la transmission ou la déconstruction des repères sémantiques dans une société donnée.»

Le GIFR réunit 14 professeurs de l'Université de Montréal et autant du côté allemand. Les activités proposées, soit des ateliers, des conférences, des écoles intensives et des stages, se dérouleront en partie à Montréal et en partie en Allemagne. Il s'agit de la première coopération de cette envergure liant des universités allemandes et une université canadienne dans le domaine des sciences sociales et humaines. Le projet a reçu une subvention de 4,7 M$ de la Fondation allemande pour la recherche pour ses quatre premières années ainsi qu'une subvention de démarrage de 175 000 $ du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH). Une demande de financement à long terme présentée dans le cadre d'un nouveau programme du CRSH en partenariat international aux cycles supérieurs est par ailleurs en attente de réponse.

Bourses de formation

Le premier séminaire du GIFR se tiendra en octobre prochain à l'Académie européenne d'Otzenhausen, en Allemagne. Les étudiants désireux de suivre cette formation ont jusqu'au 31 janvier pour présenter des demandes de bourse. Dix bourses de 5000 $ sont en effet offertes aux candidats de l'UdeM cette année, bourses qui seront par la suite haussées jusqu'à 20 000 $ par an.

Les candidats doivent être «hautement qualifiés» en histoire, science politique, littérature, linguistique, communication interculturelle et études des médias, philosophie, sociologie, anthropologie culturelle, étude du genre, géographie humaine ou toute autre discipline ayant trait aux phénomènes relatifs à la diversité culturelle.

On peut obtenir toute l'information nécessaire à l'adresse www.diversity.uni-trier.de ou en envoyant une demande d'information à diversity.umontreal@gmail.com.

Daniel Baril